Kadaver : critique si trouille d'Halloween sur Netflix

Simon Riaux | 22 octobre 2020 - MAJ : 22/10/2020 18:31
Simon Riaux | 22 octobre 2020 - MAJ : 22/10/2020 18:31

Netflix s'aventure au nord avec l'acquisition d'un premier film tchéco-norvégien, Kadaver, où le public d'un spectacle bien particulier va découvrir qu'il ne suffit pas toujours d'être masqué pour échapper aux plus vicieux des prédateurs. La plateforme va-t-elle nous régaler pour Halloween avec son film d'horreur entre Eyes Wide Shut et Hannibal ?

AU THÉÂTRE CE SOIR

Au lendemain d’un désastre nucléaire, une famille affamée participe à un gala de charité sous le signe du théâtre, mais rapidement, ils comprennent que la représentation va mal finir. Décors labyrinthiques, tableaux énigmatiques et masques à gogos, Kadaver, le premier long-métrage réalisé par Jarand Breian Herdal nous parvient chargé de tout un héritage horrifique. 

En effet, salles de cinéma et théâtres ont de longue date été des lieux de projections fantasmagoriques ou mises en abîme, du côté de la série B déviante comme du cinéma d’exploitation bourrin. Quand démarre cette rêverie qui tend inexorablement vers le cauchemar, les spectres de Bloody Bird comme du Démons de Bava ne sont pas loin. Et ils confèrent d’ailleurs un certain charme à l’entreprise, tant on sent que le réalisateur a envie de nous immerger dans une atmosphère trouble, aux frontières de l’hallucination, entre métaphore et hypnose viandarde. 

 

photo"Mais oui, ça va bien se passer"

 

Et durant la première partie du récit, qui se plaît aussi à détourner l’imagerie inquiétante de la mythique pièce interactive new-yorkaise Sleep no More, on suit le tout sans déplaisir. Bien sûr, les cordes sont épaisses comme des cuisses de bûcherons, l’issue, forcément fatale, laisse peu de place au doute, mais les personnages sont suffisamment caractérisés, la narration dénuée de fioritures, pour que le spectateur se glisse dans les alcôves de cet inquiétant spectacle. 

 

photoUn masque très rassurant

 

VIENS CHOIR LES COMÉDIENS

Malheureusement, Kadaver s’avère tristement timoré. En dépit d’une poignée de pièges, d’idées un peu retorses ou cruelles, le jeune réalisateur a le plus grand mal à ordonner ses bonnes idées en pics de tension. Qu’il s’agisse d’un envers du décor peu reluisant, des mécanismes de l’illusion déployée durant la première partie ou de dernières révélations, jamais la mise en scène ou le scénario ne parviennent à rendre le dispositif authentiquement trouble, inquiétant. 

Un problème qui devient incontournable dès lors que le récit choisit de se clore sur une confrontation extrêmement théorique (quand l’atmosphère globale appelait plutôt une conclusion organique). Théorique et assez artificielle dans sa volonté d’imposer un happy end symbolique, qui tranche avec le propos sur l’humanité, son rapport à la survie et ses appétits, le film donne le sentiment de ne pas vraiment assumer le sujet profond du récit. Dès lors, impossible de franchement se passionner pour cette tentative frustrante et petit bras.

 

photoC'est tordu dis donc

Résumé

Malgré quelques bonnes idées et un univers accrocheur, ce Kadaver est un peu putride, à force de timidité et d'idées assumées à moitié.

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06/11/2020 à 01:29

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