Si Beale Street pouvait parler : critique qui peut écrire

Simon Riaux | 30 janvier 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 30 janvier 2019 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après avoir été oscarisé dès son premier long-métrage, le passionnant MoonlightBarry Jenkins faisait face à la difficile tâche d’embrayer après avoir connu un succès et une reconnaissance retentissante. Et en choisissant d’adapter un des textes emblématiques d’un auteur américain de premier plan, Si Beale Street pouvait parler, il ne s’est pas facilité la tâche.

SPOTLIGHT

Récemment mis en avant dans le brillant I am not your negroJames Baldwin fut un des grands auteurs et essayistes à aborder en profondeur la question du racisme au sein de la société américaine. Si Beale Street pouvait parler constitue, avec La Prochaine Fois, le Feu, un de ses travaux les plus reconnus, qui mêle pure invitation au romanesque et puissante réflexion sur la question des droits civiques.

 

photo, Regina KingUn travail sur la photographie magnifique

 

Dans un premier temps, on se prend à rêver que Jenkins parvienne à tout à fait embrasser l’œuvre qu’il adapte. La photographie de son film sidère de précision, vibrante de beauté et de douceur grâce au travail somptueux du chef opérateur James Laxton. Cette lumière unique fait écho aux mouvements d’appareils, pensés comme autant de ponctuations dont les plans seraient les phrases. À bien des égards, la maîtrise sensible du cinéaste semble avoir encore progressé depuis Moonlight.

Le même constat vaut pour les comédiensKiKi Layne et Stephan James, comme en apesanteur. Ils jouent une partition qui répond parfaitement à la bande-originale de Nicholas Britell, qui s’attache également à traiter le film à la manière d’un orfèvre. Malheureusement, ces nombreuses réussites se heurtent progressivement à l’ADN même du métrage.

 

photo, Regina King Regina King

 

RIGOR LIBRIS

Le cœur de Moonlight battait au diapason de celui de son auteur. Mais ici, Barry Jenkins lance toutes ses forces dans la bataille de la fidélité envers les écrits de James Baldwin. Le réalisateur va jusqu’à reprendre parfois au mot près les dialogues de Si Beale Street pouvait parler, quitte à sous-traiter le découpage de la mise en scène aux mots de l’écrivain.

D’où un sentiment paradoxal de rigidité, Si Beale Street pouvait parler ne parvenant jamais à s’affranchir de son statut d’illustration. Peut-être cette frustration sera-t-elle moins forte pour les spectateurs ne connaissant pas les travaux de Baldwin (encore que, le formidable cœur du film paraît, ici et là, frappé d’arythmie). Mais pour les amateurs de l’auteur, il y a quelque chose de terriblement frustrant à voir ainsi Jenkins soigner cet écrin littéraire, jusqu’à l’enfermer dans un grand écart impossible, entre révérence littéraire et proposition de cinéma.

 

affiche

Résumé

Adaptation incroyablement soignée, mais terriblement cadenassée du brillant texte de James Baldwin.

Autre avis Alexandre Janowiak
Avec la vulnérabilité de ce couple, la beauté de son amour et l'injustice qui le scinde, Si Beale Street Pouvait Parler offre une romance délicate, spirituelle et engagée. Il y a parfois un faux rythme mais il permet de déployer de sublimes personnages bercés par une bande originale enivrante.
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Lecteurs

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commentaires
Margoton
10/02/2019 à 22:03

On devrait avoir honte d être blanc et ensuite américain....on reconnaît les électeurs de trump!!!

Sharko
30/01/2019 à 13:27

Les films de Barry Jenkins sont comme les derners films de Terrance Malick, beaux mais chiants. @ Walter White: Vous devez confondre avec la famille Foldingue.

Kreuk
30/01/2019 à 13:07

Nique tes mort @walterwhite. Sale raciste de merde virtuel !

Walter white
30/01/2019 à 12:07

Encore une purge pour les black

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