Robin des Bois : critique qui bande son arc un peu mou

Mise à jour : 29/11/2018 12:34 - Créé : 28 novembre 2018 - Simon Riaux

Mine de rien, transposer les aventures de Robin des Bois sur grand écran est une gageure à plus d’un titre. Héros médiéval et populaire devenu une incarnation rétroactive de la lutte des classes, il appelle à la fois le grand divertissement populaire et la réflexion politique, deux domaines où Hollywood est depuis quelques années notoirement déficient. Otto Bathurst va-t-il changer la donne avec Taron Egerton, Jamie FoxxBen Mendelsohn et Eve Hewson ?

Affiche
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DES CAPES ET AUSSI DES ÉPÉES

Dès ses bandes-annonces, il semblait entendu que le Robin des Bois d’Otto Bathurst s’engageait mal. Une direction artistique absurde côtoyait des idées sorties de l’imagination d’une otarie trépanée, tandis qu’un casting hétéroclite pataugeait dans la semoule du malaise éternel. Pour autant, tout ne semblait pas perdu et le potentiel Z laissait espérer que le métrage, dénué de l’esprit de sérieux qui présidait au Roi Arthur de Guy Ritchie, saurait atteindre les cimes de l’élégance nanarde.

 

photo, Taron EgertonLe flash-back des Croisades est à deux doigt de devenir un genre en soi

 

Peine perdue, s’il faut reconnaître à la crétinerie des scènes d’action un certain panache, leur incapacité à voir plus loin qu’un mauvais mélange de jeux vidéo et de Matrix essouffle le spectateur en appétit de n’importe quoi. D’autant plus que si les chorégraphies invraisemblables se multiplient à l’envi, elles sont tristement répétitives.

Au moins ces scènes dilatées à l’extrême donnent-elles l’occasion d’admirer les costumes, tous plus ridicules les uns que les autres. L’impression de voir des comédiens plus ou moins talentueux rejouer une kermesse d’école sous LSD pourrait être amusante, si eux-mêmes nous transmettaient autre chose qu’un sentiment de gène.

 

photo, Eve HewsonMarianne (Eve Hewson), cette prom-queen gothique qui s'ignore

 

GILET VERT

Ce qui empêche finalement ce Robin des Bois d’atteindre une quelconque forme de divertissement, et ce malgré son rythme tendu, ainsi qu’une durée d’1h56, c’est son incapacité à penser son matériau principal. On se souvient que Guy Ritchie commettait déjà l’erreur avec son Roi Arthur de secouer un mythe dont il ne saisissait pas les lignes de force, mais le constat est ici bien pire encore.

 

photoPersonnage du film, ou spectateur révolté par le bousin ?

 

Notre héros est un mélange incohérent de Batman, Zorro, Assassin's Creed, MatrixKingsman et quantité d’autres items de pop culture, mais jamais il ne questionne son propre héritage. Or, il ne suffit pas de transformer un Jamie Dornan au charisme d’huitre pétomane en leader de black-blocks de misère pour s’acheter un propos. Comment croire aux prétentions "sociales" du film, quand celui-ci nous écorche les rétines à coup de lissage numérique grossier ? Comment craindre un Ben Mendelsohn qui semble sorti d'un défilé de mode du début des années 90 après un peeling à l'acide ?

Incapable de trancher entre ses innombrables modèles, ce Robin des Bois change ainsi de tonalité toutes les deux scènes, et s’interdit de trouver son identité. N’espérez pas pour autant que le budget du film lui assure une certaine tenue visuelle, tant on est plus proche d’un docu-fiction au rabais de la BBC (mon dieu, ces incrustations) que d’un projet en mesure d’assurer certaines ambitions plastiques.

 

Affiche française

Résumé

Gros Z constipé, incapable d'atteindre les sommets de ridicule que sa direction artistique lui promettait, Robin des Bois rate jusqu'à ses outrances nanardes.

commentaires

Pierre 09/12/2018 à 14:19

C'est bien le prince des voleurs, surtout en considérant le prix de la place à la sortie de la salle.

Layo 01/12/2018 à 18:52

Quand on met 100 millions de budget dans un film, on pourrait trouver normal de mettre mieux qu'un stagiaire pour écrire le scénario.
J'ai été "obligé de le voir" .... une torture ^^

pulpy 01/12/2018 à 13:55

quand j'ai vu la bande annonce, je me suis dit : ça a l'air aussi moche qu'un guy ritchie.
Et apparemment c'est aussi nul sans être drôle ^^

Tousen 30/11/2018 à 22:06

Vous vous rappelez de l’info d’une trilogie? Ben en fait , on sent que le film était déjà en prod avant de remarquer que c’était une mauvaise idee. Le film est sympa mais le manque de cohérence dans les costumes de l’époque non je peux pas. Ou des personnages rasés de près loool

DJ Fest 29/11/2018 à 12:31

"à l'envi" sans "e".

Bisous.

Simon Riaux - Rédaction 29/11/2018 à 10:11

@Ulukai

Je suis bien d'accord... En l'état, ce n'est pas tant l'abondance de bouses (comparable avec les autres années), mais plutôt la mollesse du film en lui-même, que je trouve très peu inspirant.

Ulukai 28/11/2018 à 22:38

Huître pétomane, otarie trépanée...le problème avec la multiplication des merdes en 2018 c’est qu’elles vont avoir raison de votre répertoire de métaphores décalées. On est sur le fond de tiroir la, je vous ai connu plus inspiré.

Rpdm86 28/11/2018 à 19:43

rôôhh
vous êtes dur les gars, le film va cartonner en chine et vous verrez Robin des Bois 2 sera meilleur XD

AltJJJ 28/11/2018 à 18:24

AHAHAH merci beaucoup ! Je le vois ce soir et je suis sur de bien me marrer ( quand un mauvais film ce prend au sérieux c'est juste hilarant, prenez les animaux fantastiques 2 par exemple, a se pisser dessus)
A quand la critique qui tache de Jamie Foxx ? Là aussi y a matière a se marrer !

Chris 28/11/2018 à 17:27

Le Roi Arthur de Guy Ritchie est excellent!!

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