Robin des Bois : critique qui bande son arc un peu mou

Simon Riaux | 3 janvier 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 3 janvier 2021 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Robin des Bois, ce soir sur France 2 à 21h

Mine de rien, transposer les aventures de Robin des Bois sur grand écran est une gageure à plus d’un titre. Héros médiéval et populaire devenu une incarnation rétroactive de la lutte des classes, il appelle à la fois le grand divertissement populaire et la réflexion politique, deux domaines où Hollywood est depuis quelques années notoirement déficient. Otto Bathurst va-t-il changer la donne avec Taron Egerton, Jamie FoxxBen Mendelsohn et Eve Hewson ?

DES CAPES ET AUSSI DES ÉPÉES

Dès ses bandes-annonces, il semblait entendu que le Robin des Bois d’Otto Bathurst s’engageait mal. Une direction artistique absurde côtoyait des idées sorties de l’imagination d’une otarie trépanée, tandis qu’un casting hétéroclite pataugeait dans la semoule du malaise éternel. Pour autant, tout ne semblait pas perdu et le potentiel Z laissait espérer que le métrage, dénué de l’esprit de sérieux qui présidait au Roi Arthur de Guy Ritchie, saurait atteindre les cimes de l’élégance nanarde.

 

photo, Taron EgertonLe flash-back des Croisades est à deux doigt de devenir un genre en soi

 

Peine perdue, s’il faut reconnaître à la crétinerie des scènes d’action un certain panache, leur incapacité à voir plus loin qu’un mauvais mélange de jeux vidéo et de Matrix essouffle le spectateur en appétit de n’importe quoi. D’autant plus que si les chorégraphies invraisemblables se multiplient à l’envi, elles sont tristement répétitives.

Au moins ces scènes dilatées à l’extrême donnent-elles l’occasion d’admirer les costumes, tous plus ridicules les uns que les autres. L’impression de voir des comédiens plus ou moins talentueux rejouer une kermesse d’école sous LSD pourrait être amusante, si eux-mêmes nous transmettaient autre chose qu’un sentiment de gène.

 

photo, Eve HewsonMarianne (Eve Hewson), cette prom-queen gothique qui s'ignore

 

GILET VERT

Ce qui empêche finalement ce Robin des Bois d’atteindre une quelconque forme de divertissement, et ce malgré son rythme tendu, ainsi qu’une durée d’1h56, c’est son incapacité à penser son matériau principal. On se souvient que Guy Ritchie commettait déjà l’erreur avec son Roi Arthur de secouer un mythe dont il ne saisissait pas les lignes de force, mais le constat est ici bien pire encore.

 

photo, Taron EgertonPersonnage du film, ou spectateur révolté par le bousin ?

 

Notre héros est un mélange incohérent de Batman, Zorro, Assassin's Creed, MatrixKingsman et quantité d’autres items de pop culture, mais jamais il ne questionne son propre héritage. Or, il ne suffit pas de transformer un Jamie Dornan au charisme d’huitre pétomane en leader de black-blocks de misère pour s’acheter un propos. Comment croire aux prétentions "sociales" du film, quand celui-ci nous écorche les rétines à coup de lissage numérique grossier ? Comment craindre un Ben Mendelsohn qui semble sorti d'un défilé de mode du début des années 90 après un peeling à l'acide ?

Incapable de trancher entre ses innombrables modèles, ce Robin des Bois change ainsi de tonalité toutes les deux scènes, et s’interdit de trouver son identité. N’espérez pas pour autant que le budget du film lui assure une certaine tenue visuelle, tant on est plus proche d’un docu-fiction au rabais de la BBC (mon dieu, ces incrustations) que d’un projet en mesure d’assurer certaines ambitions plastiques.

 

Affiche française

Résumé

Gros Z constipé, incapable d'atteindre les sommets de ridicule que sa direction artistique lui promettait, Robin des Bois (énorme bide de 2018) rate jusqu'à ses outrances nanardes.

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.

Lecteurs

(2.7)

Votre note ?

commentaires
Miami81
04/01/2021 à 18:44

En tout cas, il m'a bien fait rire. Les professeurs d'histoire probablement moins, ils ont dû s'arracher les yeux entre l' attaque de Gi's à coup d'arc et de flèches contre des bazzooka de lances, manque que le blackhawk et les coiffures et les tenues d'une incroyable justesse historique à coup de costards ou de veste en cuir. Sinon, côté bon point, la réalisation est efficace.
Et puis il reste toujours meilleur que le robin des bois de Max Boublil. Et c'est déjà pas si mal hein?

rv
03/01/2021 à 20:23

il y a eu plein de version .. si on connait celle d errol flynn c est parce que c etait le crois le premier film en couleur et en cinemascope..et mine de rien l image aujourd hui elle ne pique pas.. y a eu aussi la version russel crowe qu est pas mauvaise.. on en recense plein des versions.. celle là.. bof , j avais l impression de vois assassin's creed au pays de robin des bois..mais la meilleure d entre toute ?? " sacre robin des bois " de mel brooks !! 8v)

Keedz
03/01/2021 à 18:29

"Attrapez la dodue "

Free Spirit
25/04/2020 à 18:40

très bonne Anayse de WHITE IS OK ; pour moi la meilleure version reste celle avec EROLL FLYNN...

Aragorn59
25/04/2020 à 10:54

@pseudo1
Complètement d accord avec vous concernant la première version ( j ai 35 ans et je chantonne encore du bryan adams) j avous regarder la plupart des films en vf par habitude sauf tous les films asiatiques ( je vous une grande passion pour le cinéma coréen) , en vf ça colle pas du tout et c est presque ridicule
Bien à vous et vive la trentaine !

Pseudo1
25/04/2020 à 09:46

@Aragorn59
Je pense qu'il parle plutôt des moins de 25-30 ans (j'en ai 33 et ai grandi avec Robin des Bois Prince des Voleurs que j'adorais et adore encore, mais en parlant à des plus jeunes, je me rends compte que très peu connaissent effectivement ce film).
En passant, le film a beaucoup souffert de son second doublage qui lui fait perdre enormément de cachet (oui, à l'époque, on avait pas la VOST, du coup on porte un certain amour à la VF, d'ailleurs très bonne. Même l'ancienne voix de Morgan Freeman lui va carrément mieux pour ce personnage).

Sinon, pour cette nouvelle version, dieu sait que j'aime beaucoup ce que fait Taron Egerton (il prend des risques autant physiquement - il fait ses propres cascades au maximum - qu'en choix de film - Eddie The Eagle et Rocketman auraient été des risques pour n'importe quel acteur tenant à une image bien lisse), mais sérieux, ce film est clairement une purge, à faire passer le Roi Arthur de Ritchie pour une réussite. C'est dommage car avec un autre scénario et un autre réal, Egerton aurait pu faire un très bon Robin des Bois.

Aragorn59
25/04/2020 à 05:44

@white is ok
Les moins de 40 ans ne connaissent pas Kevin Costner ?? Mdr
Premier grand rôle de morgan freeman ?? Mdr
La fin de votre commentaire ?? EVERY COLOUR IS OK

Faurefrc
25/04/2020 à 01:23

@White is Ok
Brillante analyse... non je déconne.
Il suffit de lire ton pseudo pour ne pas avoir envie d’en savoir. Heil facho !

Arnaud (Le vrai)
25/04/2020 à 01:21

J'ai tenu un peu plus que Gral94 mais pas beaucoup
Je suis bon public mais quand on se fout trop de ma gueule ...

MickeymousE
24/04/2020 à 22:16

La question qu'on se pose, c'est un énième Robin des Bois mais pourquoi?

La version Kevin Costner a des défaut mais fait sans doute le job pour que normalement on ait plus à subir une énième version. Il n'y plus rien à raconter sur le sujet.

Plus
votre commentaire