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The Night Comes For Us : critique qui rote ses dents

Par Simon Riaux
22 octobre 2018
MAJ : 4 mai 2021
13 commentaires

Pour qui cherche de la série B relativement variée et passablement agressive, Netflix a des airs d’El Dorado. Une impression qui se confirme encore avec l’arrivée sur la plateforme de The Night Comes For Us de Timo Tjahjanto. Sorte de turbine à viande martiale, plutôt énervée.

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AMPUTÉ EN CROÛTE

Ito (Joe Taslim) travaille pour les triades. Malheureusement, ça ne va pas super fort, les gens sont un peu sur les nerfs et le cours de la machette les encourage à s’ouvrir joyeusement le bide et se faire des guirlandes de tripes. Il ne faudra pas en attendre beaucoup plus en matière de narration, tant The Night Comes For Us ne s’embarrasse jamais de ce qu’il pourrait bien raconter.

 

photoLe billard, un jeu qui fout les boules

 

On assistera donc ici à une série de vignettes mettant en scène les improbables bastons d’un homme aux airs de char d’assaut indestructible, dont les penchants pour le démembrement et l’émasculation sont l’essentiel des ressorts narratifs. C’est là une des différences majeures de The Night Comes For Us avec les deux métrages auxquels il sera fatalement comparé, à savoir The Raid et The Raid 2 : Berandal.

Gareth Evans y faisait montre parfois d’emphase ou de longueurs, mais privilégiait un récit très fonctionnel, aux enjeux toujours clairs, qui prenait soin de justifier comment et pourquoi les personnages se métamorphosaient progressivement en rondelles de salami. Timo Tjahjanto s’en cogne gentiment et préfère s’appesantir avec délectation sur la violence extrême qui émaille son film.

 

photoAllumer le feu…

 

PAS CHAIR PAYÉ

Et il faut dire que de ce côté-là, les amateurs de pelloches sur-vénères et jusqu’au-boutistes seront servis. Le récit enchaîne les confrontations, les massacres et les sévices jusqu’à plus soif, le tout servi par une mise en scène nerveuse, qui ne recule devant aucun borborygme ni bris d’os gouleyant. On appréciera la vélocité de la caméra, le plaisir communicatif transmis par ce découpage faussement dingo, toujours gourmand de désaxer l’image pour mieux accompagner les mouvements qui rythment les innombrables affrontements.

Toutefois, préférant enregistrer avec l’angle le plus complaisant possible les mutilations qui s’enchaînent, plutôt que de capturer l’action avec inventivité, Timo Tjahjanto prend le risque de lasser, voire de provoquer l’ écœurement. En effet, pour divertissant et intense qu’il soit, le film oublie parfois que l’action martiale est plus affaire de mouvement, de chanson de geste, que de gorasserie perpétuelle.

 

photoOn ne se bat pas la bouche pleine

Rédacteurs :
Résumé

Le récit est trop artificiel pour convaincre, la violence trop complaisante pour ne pas écoeurer, mais The Night Comes For Us demeure une série B intense et sympathique.

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Bowl

Quelle violence ! C’est quand même moins nerveux qu’un The Raid je trouve, un poil plus plat. Mais alors bien dégueux ya pas à dire.

snake88

Totalement d’accord ! J’ajouterai aussi le côté comic-book et totalement Z de l’ensemble (entre autres : les persos sortis de Mortal Kombat, des acteurs en roue libre, un dialogue en Français gratuit qui m’a fait beaucoup rire…). Quant à cette histoire d’écœurement, je comprends mais perso l’ultra-violence outrancière du machin m’a plus fait marrer qu’autre chose : on à l’impression de voir un mix improbable entre The Raid et un film des Monty Python

Hank Hulé

Soulignons cependant la qualité de la réalisation lors des combats et du montage. C’est ultra lisible et pas haché comme dans un Bay/Berg.
Pour le reste, on se croirait dans un porno où les scène de cul sont remplacées par des scènes de fight ultra gore. A petites doses, quoi…

Akitrash

Les Mo Brothers sont connu pour leur productions inégales… Je trouve l’analyse de’EL juste… Car après un Killers assez décevant (faisant déshonneur au manga dont il s’inspire…) et un Headshot assez excitant mais brouillon, ce dernier film reste juste une bonne série B… Scènes d’actions bourrines, scenar qui se tient, gore à souhait… Mais ça tire en longueur… Iko Uwais joue les plantes vertes… Plans de coupe trop visibiles…Surjeux… N’en reste un petit film d’action trash sympatoche, et qui fait la part belle aux combats féminins…

paris

si seulement un film d’action français pouvait ne serait-ce arriver à un dixième de ce résultat,vous l’encenceriez,mais la critique lourde sur les films étrangers un peu basané et bridés et la complaisance sur nos navets révèle juste l’absurdité et la bêtise de ces courtisans gratte-papier,la critique certe,le deni d’une oeuvre non