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Le paquet : critique jouissivement bite sur Netflix

Par Alexandre Janowiak
11 août 2018
MAJ : 12 janvier 2023
7 commentaires

La fin de l’année 2018 s’annonce totalement dingue sur Netflix entre ses séries originales (ManiacOzarkBoJack Horseman) et ses nombreux films de grands réalisateurs attendus dont Roma d’Alfonso Cuarón. En attendant, cet été, la plateforme nous offre Le paquet. Une comédie déjantée à base de phallus coupé, réalisé par Jake Szymanski et qui n’est pas sans rappeller aux premiers abords American Pie et les films bornés de Seth Rogen.

Photo

AMERICAN BITE

A la lecture du pitch du Paquet, impossible de ne pas être intrigué. Impossible de ne pas se questionner sur les brainstormings dans les bureaux de Netflix. Impossible de ne pas se demander comment l’histoire d’un groupe d’ados prêt à tout pour sauver le pénis de l’un d’eux quand celui-ci se le coupe malencontreusement lors de leur virée en forêt, a réussi à passer les contrôles.

D’autant plus interloquant que l’oeuvre est signée par Jake Szymanski, réalisateur du peu glorieux Hors contrôle et du satirique Tour De Pharmacy, et surtout le fruit de Matt Mider et Kevin Burrows dont c’est le premier scénario. A son habitude, la plateforme de streaming a donc laissé une liberté absolue à un duo de scénaristes quasi inconnu et à un cinéaste au CV peu prestigieux. Et aussi fou que cela puisse paraître, Le paquet, sans réussir à créer l’hilarité, remplit sa mission de comédie sans gêne et totalement délurée de l’été.

 

photo, Eduardo FrancoJeremy (Eduardo Franco), la victime

 

Une première phrase de dialogue qui évoque une ceinture, un film pornographique affiché intentionnellement sous les yeux d’un jeune bambin, une blague de stade anal et une mère qui tranche sèchement une belle aubergine avec une lame bien aiguisée lorsque le titre imposant (The Package en version originale) apparaît à l’écran.

Dès son générique d’ouverture, Le paquet donne le ton et fait doucement sourire. Les scénaristes n’ont aucune intention d’être sérieux et d’offrir aux spectateurs une pseudo morale lourdingue en fin de métrage sur l’amitié. Au contraire, leur seul but est de nous livrer une comédie délurée, farfelue et bien consciente de sa débilité.

Lucides sur l’attente des spectateurs, les deux scénaristes amènent donc très rapidement le moment fatal de coupage du pénis. Et se sachant sur un terrain totalement libre, ils n’hésitent pas à tout montrer du sexe volant au clair de Lune à la fontaine de sang qui en découlera. S’en suivra alors pendant plus d’une heure, une compilation de blagues et situations sous la ceinture où il sera question de toucher ce fameux pénis, de le sucer, le prendre en bouche, le laver, le conserver… et de ne pas le perdre évidemment.

 

photo, Daniel Doheny, Geraldine Viswanathan, Sadie Calvano, Luke Spencer RobertsUne bite en détresse, une…

 

COUCOU, TU VEUX VOIR MA BÊTE ?

Alors certes, le film répond à une intrigue au déroulé plutôt classique (dont on ne spoilera rien de plus en détails) et ne révolutionne jamais rien. A l’exception de quelques scènes stylisées (un décrassage de la verge en gros plan, une course ralentie sur le Oops I did it again de Britney Spears), la mise en scène de Jake Szymanski n’apporte pas grand-chose.

Cependant, le film s’amuse à parodier les codes du drame avec une certaine malice (des surjeux dont les personnages sont conscients), à faire des petits clins d’oeil comiques à la pop-culture (la malette de Pulp Fiction, un petit coucou à HBO, une certaine Kendall Jenner)… Et au-delà, les mésaventures des adolescents s’avèrent souvent drôles.

 

photo, Daniel Doheny, Geraldine Viswanathan, Sadie Calvano« Oui bonjour, c’est bien SOS Pénis en détresse ? »

 

Ce qui fait la grande force du film est d’ailleurs, sans aucun doute, la toute nouvelle génération de comédiens qui compose le long-métrage. Mené par Daniel Doheny (Alex Strangelove), le groupe d’acteurs est très complémentaire, très complice et confère une vraie dynamique à l’oeuvre.

Les interactions entre Daniel Doheny, Sadie Calvano, Luke Spencer Roberts, Geraldine Viswanathan (Contrôle Parental) ou encore Eduardo Franco (présent de loin) fonctionnent à merveille et rendent les personnages très attachants. Et si le jeu de cette petite troupe n’est pas encore optimal (loin de là), cela suffit amplement à donner au Paquet un peu plus d’intérêt que ses simples gags sexuels.

Le paquet est disponible sur Netflix depuis le 10 août 2018 en France

 

Affiche officielle

Rédacteurs :
Résumé

Loin d'être hilarant, Le paquet n'est pas la comédie de l'année. En revanche, il est pleinement conscient de sa débilité. En résulte ainsi, un film souvent drôle, déluré, trash, rocambolesque, qui s'amuse à parodier certains codes et jouit surtout d'une belle dynamique de groupe.

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Stivostine

ouep me suis marre 2/3 fois ca change dun certain politiquement correct

Satan LaTeube

Même pas eu envie de le télécharger tellement ça a l’air pourri de chez pourri.

Reallu

Netflix qui ne savent vraiment pas faire de film… leur catalogue est vide et remplis d’ancien film que j’avais vu il y a 5-10 ans avant, la moitié des series sont mauvais aussi . Il y a quelque bonne serie original cest tout et on peut tous les voir sans netflix aussi…

Karlito

Bah, ce que Netflix a apporté? Plus de chaînes de télé avec des tunnels de pubs. C’est devenu insupportable à regarder.

mikegyver

ca serait moins hypocrite de mettre un logo « article sponsorisé », car si vous prenez vos lecteurs pour des gogos, c’est pas le cas.

vous vous faites payer par netflix, donc plus aucune objectivité, donc on l’ecrit en gros point barre.