How to Talk to Girls at Parties : critique no futur

Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 25 juin 2018 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Présenté il y a plus d’un an sur la Croisette,  How to Talk to Girls at Parties de John Cameron Mitchell avec Nicole Kidman et Elle Fanning est une curiosité science-fictionnelle, sexuelle et surréaliste qui débarque enfin sur les écrans.

NEVER MIND THE BOLLOCKS

Entre la partouzerie jubilatoire de Shortbus et le mélo presque stoïcien de Rabbit Hole, on pouvait se demander où se situait désormais le cinéma de John Cameron Mitchell. Manifestement pas du côté des drames indé compassés, semble indiquer How to Talk to Girls at Parties, où un jeune punk entame une romance révolutionnaire avec une extra-terrestre.

Brixton, 1977, Enn et ses deux meilleurs amis peinent à prendre le train vociférant du punk alors en pleine accélération. A l’issue d’une nuit d’errance et de biture, ils atterrissent dans une curieuse demeure, habitée par des aliens amateurs d’expérimentation sexuelle, d’ingénierie sociale et de latex multicolore. Parmi eux se trouve Zan (Elle Fanning) plus curieuse et empathique que ses semblables, bien décidée à s’allier à ce trio de gamins remuants.

 

Photo Alex Sharp, Elle FanningIncandescente Elle Fanning

 

D’où un parallèle évident entre l’explosion punk de la fin des seventies, la réaction ambivalente et toxique d’un certain establishment qui aura cherché simultanément à décrédibiliser le mouvement idéologiquement tout en le digérant esthétiquement. La métaphore de How to Talk to Girls at Parties n’est pas bien fine, mais elle permet néanmoins au cinéaste de laisser libre cours à un discours égalitariste et libertaire au sein duquel il est particulièrement à l’aise.

 

SEX PISTOLS

Ce bordel cosmique se paie ainsi quelques bouillonnements plastiques réjouissants, que John Cameron Mitchell dirige un concert vivifiant, orchestre l’initiation sexuelle d’une bande de punks pas au bout de leur surprise, ou chronique l’amour naissant entre deux post-ados, il parvient régulièrement à insuffler à ce curieux attelage un dynamisme ravageur.

 

Photo Nicole KidmanNicole Kidman mène la contre-contre-révolution

 

Et le terrain de jeu qu’il s’est façonné réussit particulièrement bien à ses comédiens. Elle Fanning n’a jamais été meilleure, trouvant ici un support parfait pour son aura magnétique, sans jamais s’enferrer dans la tendance poseuse qui limitait son jeu jusqu’à présent. Même constat du côté de Nicole Kidman, hilarante en prêtresse/ogresse de la scène underground, qui étonne à chaque réplique.

Si son énergie, ses incursions sensuelles tantôt tendres, tantôt gentiment provocatrices et trouvailles plastiques amusent souvent, John Cameron Mitchell a néanmoins le plus grand mal à structurer son récit azimuté, et surtout à le conclure. Et si l’épilogue enchaîne les images fortes et les pulsations cinématographiques emballantes, que de circonvolutions, de répétitions et de bégaiements pour en arriver là. Une lourdeur narrative qui réserve le film aux seuls amateurs de curiosités ou aux fans du réalisateur.

 

Affiche française

Résumé

Si sa narration est trop incertaine et le montage trop lâche pour permettre à son film de conserver toute son électricité, John Cameron Mitchell propose néanmoins une belle fable de science-fiction libertaire.

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