The Greatest Showman : Critique Freak, mais pas chic

Simon Riaux | 15 septembre 2020 - MAJ : 16/09/2020 12:14
Simon Riaux | 15 septembre 2020 - MAJ : 16/09/2020 12:14

Phinéas Taylor Barnum est toujours considéré comme un visionnaire, un « prince des charlatans » qui aura su parmi les premiers tirer profit du voyeurisme et de l’appétence du public pour l’outrance et le bizarre. Rien d’étonnant donc à ce que Hollywood offre à cette figure un biopic en forme de comédie musicale, après que son œuvre ait infusé dans nombre de films (Dumbo, Sous le plus grand chapiteau du monde, ou encore Gangs of New York).

SHOW MUST GO ON

Et qui d’autre pour incarner ce Greatest Showman, roi du divertissement, qu’un de ses empereurs contemporains, à savoir Hugh Jackman, performer populaire et incroyablement polyvalent, dont le goût pour le musical est bien connu ? Sans doute personne, tant il semble imprégné du rôle dès que sa silhouette élancée apparaît à l’image. Entrepreneur idéaliste, papa gâteau, Monsieur Loyal survitaminé, chanteur, danseur, arriviste libidineux : Jackman revêt chaque facette de Barnum avec une évidente avidité.

 

Photo Hugh Jackman

Hugh Jackman et sa troupe

 

Et si le scénario a la bonne idée de le laisser souvent de côté – son arc dramatique étant finalement aussi pauvre que tristement conformiste – sa figure cannibalise littéralement le film, grâce au talent impressionnant de son inoxydable interprète, ainsi que l’énergie spectaculaire qu’il déploie. Son enthousiasme est instantanément communicatif, tandis que son aisance physique dope régulièrement les numéros musicaux (on pense à l’excellente séquence qui l’oppose à Zac Efron). Pour tous les fans de l’acteur, le métrage constitue un cadeau appréciable.

 

Photo Hugh Jackman, Michelle Williams

 Avec Michelle Williams

 

ON ne RASE pas GRATIS

Et The Greatest Showman peut se féliciter de l’engagement total de Hugh Jackman, car il est bien la seule raison de garder les yeux et les oreilles ouverts durant la séance. Peu importe finalement que le réalisateur Michael Gracey ait décidé de faire de Barnum un philanthrope égalitaire, c’est surtout le choix de singer l’esthétique établie par Baz Luhrmann qui pose un problème évident. Costumes flashy, effets numériques en pagaille, mouvements de caméras alambiqués et soupe pop à peine réchauffée : le film vise le public le plus jeune avec un opportunisme et une paresse qu’il ne prend même pas la peine de maquiller.

 

Photo Zac Efron, Hugh Jackman

La meilleure scène du film

 

Le dispositif est d’autant plus déplaisant que la partie musicale, curieusement chiche, est à la peine. Les danseurs évoquent plus des doublures de la Star Academy recrutée sur le parking d’un abattoir vendéen que de flamboyants saltimbanques. Même constat du côté des chorégraphies, toutes instantanément oubliables, exception faite de la joute euphorisante entre Efron et Jackman. Les séquences chantées étant régulièrement mutilées par des effets numériques atroces, elles n’en deviennent que plus frustrantes.

Enfin, malgré l’électricité qu’il dégage, le casting (notamment porté par Michelle Williams, Rebecca Ferguson et Zendaya) est trop souvent écrasé par des maquillages ratés, des costumes grotesques, voire des choix incompréhensibles (le traitement esthétique de Tom Pouce). Par conséquent la tendresse revendiquée de The Greatest Showman pour les freaks se révèle cruellement fausse, le récit préférant se focaliser sur ses personnages bankables et consensuels. Reste, pour les plus affamés de spectacle musical, la cinégénie imparable de Hugh Jackman et le rythme trépidant de l’ensemble.

 

Affiche

 

Résumé

Hugh Jackman impressionne dans cette comédie musicale trop pauvre, et techniquement très limitée.

Lecteurs

(3.9)

Votre note ?

commentaires

Simon Riaux - Rédaction
17/09/2020 à 11:20

@Mark09

On veut bien vos innombrables sources camarade.

Pixi
17/09/2020 à 11:19

@Mark09

Bien curieux que tu donnes un exemple, plutôt que de vagues souvenirs comme ça. Parce que les seules injures que je croise régulièrement, c'est celle des trolls amusants qui aiment venir sur ce site, ou des énervés visiblement de passage qui refusent qu'on aime un film qu'ils détestent, ou vice-versa.

Mark09
17/09/2020 à 07:48

Etant donné l'agressivité de vos écrits (et parfois réponses: vous avez à maintes reprises insulté gratuitement des lecteurs pour avoir donné leur avis sur un film ou message contenu dedans ou sur une polemique ou façon de faire ub film, quotats et consorts), il ne faut pas s'etonner d'avoir des retours de bâton et que le "lecteur" s'adapte :p

Et encore c'est peu cher payé vu les quelque injures reçus par d'autres lecteurs que j'ai pu lire ici et là de votre part :)


Sans rancunes l'ami :)

C'etait un ptit tacle somme tout bien innoffensif :)

Bonne journée à vous

Simon Riaux - Rédaction
16/09/2020 à 14:35

@Mark09

La bienveillance des lecteurs est toujours là pour nous rappeler l'essentiel ;)

Mark09
16/09/2020 à 14:32

Vu la "pâte" (jeu de mots bien lourds), vaut mieux ne rien avoir ;)

Sous couvert d'ironie je suis sûr que vous devez y croire malgré tout ptdr

Simon Riaux - Rédaction
16/09/2020 à 10:30

@Mark09

Une patte reconnaissable au premier coup d'oeil.

la marque des grands.

Mark09
16/09/2020 à 10:29

Vu le jeu de mot bidon du titre je me doutais que c'etait riaux

Kyle Reese
16/09/2020 à 00:54

Toujours pas vu, j’ hésite encore, mais l’enthousiasme affiché par Hugh Jackman sur l’affiche est communicatif. Il finira bien par me faire regarder le film le bougre.

BruceWayne
15/09/2020 à 22:03

Pour ceux qui n'ont pas le courage de voir le film, très bien, mais faites l'effort d'en écouter les musiques ! Elles sont sublimes !

Abibak
15/09/2020 à 20:50

Pour ceux qui ne connaissent pas ecoute l'album greatest show reimagined. Les chansons sont reprises par différents groupes connus. Excellent.

Plus

votre commentaire