The Greatest Showman : Critique Freak, mais pas chic

Mise à jour : 20/02/2018 23:15 - Créé : 17 janvier 2018 - Simon Riaux

Phinéas Taylor Barnum est toujours considéré comme un visionnaire, un « prince des charlatans » qui aura su parmi les premiers tirer profit du voyeurisme et de l’appétence du public pour l’outrance et le bizarre. Rien d’étonnant donc à ce que Hollywood offre à cette figure un biopic en forme de comédie musicale, après que son œuvre ait infusé dans nombre de films (Dumbo, Sous le plus grand chapiteau du monde, ou encore Gangs of New York).

 

Affiche
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SHOW MUST GO ON

Et qui d’autre pour incarner ce Greatest Showman, roi du divertissement, qu’un de ses empereurs contemporains, à savoir Hugh Jackman, performer populaire et incroyablement polyvalent, dont le goût pour le musical est bien connu ? Sans doute personne, tant il semble imprégné du rôle dès que sa silhouette élancée apparaît à l’image. Entrepreneur idéaliste, papa gâteau, Monsieur Loyal survitaminé, chanteur, danseur, arriviste libidineux : Jackman revêt chaque facette de Barnum avec une évidente avidité.

 

Photo Hugh Jackman

Hugh Jackman et sa troupe

 

Et si le scénario a la bonne idée de le laisser souvent de côté – son arc dramatique étant finalement aussi pauvre que tristement conformiste – sa figure cannibalise littéralement le film, grâce au talent impressionnant de son inoxydable interprète, ainsi que l’énergie spectaculaire qu’il déploie. Son enthousiasme est instantanément communicatif, tandis que son aisance physique dope régulièrement les numéros musicaux (on pense à l’excellente séquence qui l’oppose à Zac Efron). Pour tous les fans de l’acteur, le métrage constitue un cadeau appréciable.

 

Photo Hugh Jackman, Michelle Williams

 Avec Michelle Williams

 

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Et The Greatest Showman peut se féliciter de l’engagement total de Hugh Jackman, car il est bien la seule raison de garder les yeux et les oreilles ouverts durant la séance. Peu importe finalement que le réalisateur Michael Gracey ait décidé de faire de Barnum un philanthrope égalitaire, c’est surtout le choix de singer l’esthétique établie par Baz Luhrmann qui pose un problème évident. Costumes flashy, effets numériques en pagaille, mouvements de caméras alambiqués et soupe pop à peine réchauffée : le film vise le public le plus jeune avec un opportunisme et une paresse qu’il ne prend même pas la peine de maquiller.

 

Photo Zac Efron, Hugh Jackman

La meilleure scène du film

 

Le dispositif est d’autant plus déplaisant que la partie musicale, curieusement chiche, est à la peine. Les danseurs évoquent plus des doublures de la Star Academy recrutée sur le parking d’un abattoir vendéen que de flamboyants saltimbanques. Même constat du côté des chorégraphies, toutes instantanément oubliables, exception faite de la joute euphorisante entre Efron et Jackman. Les séquences chantées étant régulièrement mutilées par des effets numériques atroces, elles n’en deviennent que plus frustrantes.

Enfin, malgré l’électricité qu’il dégage, le casting (notamment porté par Michelle Williams, Rebecca Ferguson et Zendaya) est trop souvent écrasé par des maquillages ratés, des costumes grotesques, voire des choix incompréhensibles (le traitement esthétique de Tom Pouce). Par conséquent la tendresse revendiquée de The Greatest Showman pour les freaks se révèle cruellement fausse, le récit préférant se focaliser sur ses personnages bankables et consensuels. Reste, pour les plus affamés de spectacle musical, la cinégénie imparable de Hugh Jackman et le rythme trépidant de l’ensemble.

 

Affiche

 

Résumé

Hugh Jackman impressionne dans cette comédie musicale trop pauvre, et techniquement très limitée.

commentaires

Broadway 05/02/2018 à 14:00

C'est du music hall et moi j'ai adoré la chorégraphie et les chansons. Chansons qu'on a plaisir a écouter après avoir vu le film. Il y a certes un rappel de Moulin Rouge sans le côté mélo, c'est peut-être cela qui manque sinon l'ensemble est tout de même très réussi, digne de Broadway !

Hastings 19/01/2018 à 18:25

@artiste

Alors je vais prendre autant de temps à te prendre au sérieux et te juger, logique implacable.

Sinon, bienvenue dans un monde où penser différemment de toi et avoir un avis différent du tien est possible. C'est même possible de respecter ça sans mépriser l'Autre avec une espèce d'arrogance plus ridicule que violente d'ailleurs.

Si t'aimes ce film que je trouve parfaitement médiocre, scénaristiquement paresseux et visuellement laid, je vais pas te dire que t'as un problème, que tu l'as mal regardé ou mal pensé, parce que moi j'ai raison. Sinon c'est le degré zéro de l'échange et de la cinéphilie brave "artiste".

Artiste 19/01/2018 à 18:18

Cinglant et basé sur un fondement purement subjectif. Baz est un visionnaire du kitsch ! il a sus donner un coté pop au vieux ! je fais référence a Moulin Rouge mais aussi Australia ! Je ne parle pas de Gastby qui a mon sens reste un peu trop fabriqué.
Pauvre en technique ? durement choisis comme terme ! Je suis monteur en image photo et la technique la dedans reste le temps et la patience ! Il faut voir au de la de la forme. Oui il y'a un rappel évident a ce cher Australien de Baz notamment avec la lune mais le but était non pas de se faire critiquer salement par des termes bien littéraire mais surtout de rendre vrais les décors que nous voyons et rêvons a Broadway et dans les cirques.
Ecranlarge ? Je dirais plutôt bien restreint !
Mille excuses des fautes, je prend autant de temps a écrire que vous en avez pris a observer.

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