Gangsterdam : Critique complètement cramée

Créé : 9 mars 2017 - Simon Riaux

On avait quitté Romain Lévy avec Radiostars, excellente comédie française matinée de road trip et bourrée d’influences anglo-saxonnes savamment dosées. On était très donc très curieux de le voir tenter le coup de la comédie policière sauce 80’s avec supplément weed. Pour le coup, son Gangsterdam a beau être complètement fumé, la migraine guette plus que le fou-rire.

Affiche officielle
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HAMSTERKEV

Pourtant, le réalisateur confirme qu’il est bien cet auteur capable de marier une certaine inventivité formelle, avec des références allant de Judd Apatow à Walter Hill. Par endroit, notamment lors de ses séquences de transition, le film sait agencer l’espace, jouer de ses décors. De même, dans les rares scènes relevant purement du comique de situation, il nous rappelle combien il maîtrise le tempo comique et la mécanique de la rupture de ton (surtout quand ses personnages manient des pistolets à clous).

 

Photo Kev Adams

 

Mais hélas, c’est bien tout ce qu’il y a à sauver de ce Gangsterdam, qui souffre en premier lieu de son comédien principal. Kev Adams a beau déployer une énergie appréciable, il révèle – encore – ses limites de comédien, qui le situent quelque part entre la kermesse d’école sous Prozac et la rupture d’anévrisme. Désireux de placer un maximum de private jokes ou d’effets en forme de signature, il phagocyte complètement son personnage, grand timide appelé à se révéler à l’occasion d’un deal de drogue foireux entre Paris et Amsterdam, préférant le transformer en une énième prolongation de son alter ego scénique.

Ce qui ne serait finalement pas bien grave, si ses vannes lourdingues ne venaient pas régulièrement s’opposer au rythme comique imposé par la dynamique interne de chaque séquence. On a ainsi le sentiment malaisant de voir Adams gigoter seul dans la lumière, aussi drôle qu'une bactérie mangeuse de chair lâchée dans jardin d'enfants, tandis que ses comparses se démènent pour faire avancer une intrigue bourrée d’incohérences et de trous béants.

 

Kev Adams

 

TOUCHE PAS À MA PURGE

Mais le véritable problème de Gangsterdam ne vient pas tant de l’incompatibilité de différents modes comiques, que de déficits d’écritures qui amènent le film à faire des contresens énormes. L’ensemble se rêve poil à gratter potache,course-poursuite azimutée et provoquante, mais en ne se posant jamais la question du sens de ses gags, se transforme en pudding idéologiquement nauséabond.

Garçons manqués sexy malgré elles ou putes nymphomanes abruties, les femmes sont particulièrement maltraitées par le scénario, qui prend un malin plaisir à les rabaisser constamment. Un sort enviable en comparaison des homosexuels, véritable obsession du récit, qui les dépeint tour à tour comme des victimes, des neuneus obsessionnels et des êtres dont la faiblesse semble le seul dénominateur commun.

 

Kev Adams

 

Une bêtise qui culmine lors du dernier acte du film, ou la sexualité gay est purement et simplement décrite comme une humiliation pire que la mort, soit un point de vue qui ferait passer Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu ? pour une célébration du vivre-ensemble. C’est ainsi une continuation du rire par l’humiliation, de l’abaissement comme ressort comique, emblématique de l’ère Hanouna et d’une certaine conception de la domination sociale qui se dessine, achevant de faire d’un projet sympathique un crachat aigre et toxique.

 

Affiche officielle

 

Résumé

Malgré le talent bien réel de Romain Lévy, Gangsterdam se mue rapidement en un Kev Adams show dont le sexisme et l'homophobie sidèrent.

commentaires lecteurs votre commentaire !

la vérité 14/04/2017 à 15:29

l'impression que le cinéma français est devenue une partouze familiale, les gens font des films entre eux entre amis famille c'est plus du cinéma mais des films d'amis, faut arrêter de prendre des acteurs nul sous prétexte qu'ils sont ami famille ou autres, les films francais devienne de plus en plus nul, ce Kev Adams et tout le contraire de MIDAS tout ce qu'il touche ce transforme en merde...

Leleor 15/03/2017 à 20:24

Le film est vraiment bien on rigole du début a la fin, l'avant première était bien mais dommage qu'on ne puisse pas faire des photos dans la salle avec kev' adams et je suis vraiment déçue car kev' adams na pas mis la photo boomerang de la salle 1 a Orléans on est nombreux a l'attendre merci d'avance de remédier à cela et bravo a tous pour ce film extraodinaire #gangsterdam

arkan 13/03/2017 à 10:24

niveau realisme sir amsterdam : LOL, quand on sait que les rues sont tenu par les surinamiens, turcs, riffains, albanais........

Flash 12/03/2017 à 08:47

Mais que fait le grand Rutger Hauer dans cette daube !

Niris 11/03/2017 à 13:50

J'ai parcouru 200 km pour la première de GANGSTERDAM.
Le film m'a déçue mis à part les 3 acteurs principaux.
C'est une histoire trop irréaliste et truffée de mots crus ou grossiers qui alourdissent le scénario.
Comment éduquer nos enfants dans la politesse quand les scénaristes emploient de tels mots dans un film sensé nous faire rire.
A quand le comique pur et bien structuré d'antan ?
Ceci dit je suis une grande fan de Manon.
Réalisez des films comiques à la portée des familles du plus jeune au plus ancien.
Merci.

miaoumiaou 10/03/2017 à 12:22

Gros coup de gueule contre les comédies françaises à venir. C'est quoi cette audace de ces films qui ne tiennent pas la route. J'ai pu voir Going to brazil où on nous le présente comme une sorte de Very bad trip mélangé à du Springbreakers (déjà se comparer à ces films c'est être un peu crâneur....Le film est totalement décevant, un coup c'est dramatique, un coup ça se veut thriller, un coup comique. La bande annonce vaut mieux que le film.
Sous le même toit, film sympathique mais qui ne tient pas sur la durée pourtant 1h30. Lellouche fait du Lellouche, donc joue un beauf, raté, qui à un humour graveleux. Je pense que ce personnage qu'il joue dans presque tous ses films va lui coller à la peau jusqu'à la fin de sa vie. Louise Bourgoin tire son épingle du jeu avec les deux enfants.
Sage femme, film dramatique avec Frot et Deneuve, très beau film mais ça dure, ça dure. Trop long.
Ghost in the shell, vu les 13 minutes en 3D, juste bluffant, peut être la vraie surprise de l'année car adapter un manga comme ça, chapeau si c'est comme ça pendant tout le film.

mikegyver 10/03/2017 à 12:19

en lisant l'article, j'ai l'impression que vous decrivez un telefilm en fait, et c'est peut-etre la le probleme, y'a aucune ambition dans certains films, on s'appuie sur le bon coeur des francais en matiere de comedie et la fan base de certains acteurs pour qu'ils se deplacent dans les salles.

et dire que ce genre de truc coute minimum 10m d'euros !!

la frequentation en salles augmente chaque année, on se demande ou passe le talent et l'argent,sniff

Simon Riaux - Rédaction 10/03/2017 à 10:01

@thierry

Pour commencer, avant d'annoncer qu'il a "gaspillé" quoi que ce soit, on va regarder son film.

Et comme ce dernier est annoncé comme une comédie absurde et vu le niveau de cinéphilie du monsieur, il n'est pas interdit d'attendre la chose avec impatience.

Toto 10/03/2017 à 05:04

Dèjà que le Aladdin avec Kev adams était aussi homophobe

al 09/03/2017 à 20:55

Elle a un avenir si les producteurs arretent de faire des films pour les chaines de tv, car c'est la tv qui les tiens par les .... et puis tant qu'ils resteront à se faire des petits entre eux on gardera un cinéma congénital.

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