Effets secondaires : Critique

Laurent Pécha | 3 avril 2013
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Alors que la retraite approche à grands pas (un film après celui-là, même si on a du mal à croire l'animal), Steven Soderbergh continue sur son rythme effréné d'au moins un film par an. En 2012, il y a eu Piégée et Magic Mike, soit le versant haut de la carrière du cinéaste. En 2013, c'est Effets secondaires, l'autre versant. S'il se montre nettement moins inspiré, Soderbergh évite pour autant de descendre au niveau de médiocrité d'un Contagion et parvient, avec sa roublardise et son saisissant savoir-faire technique, à livrer un thriller efficace. Qu'importe si les effets secondaires rendent la pérennité artistique de l'œuvre plus que chancelante, l'instant présent suffit à notre petit plaisir. Il faut dire qu'à l'instar d'un autre adepte du thriller à tiroirs revenu récemment à notre bon souvenir (Brian de Palma et son Passion), Soderbergh se montre bien habile pour brouiller les cartes et jouer du twist avec la gourmandise du petit malin qui veut épater la galerie.

 

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Se faisant, le cinéaste pervertit avec une évidente délectation le thriller médical qu'il semblait promettre à son public. Grâce à des rebondissements des plus théâtraux, le récit s'évertue à amener le spectateur dans des directions bien plus pernicieuses, là où les apparences sont forcement bien trompeuses. Avec le personnage complexe et surprenant interprété par une fascinante Rooney Mara, qui prouve une nouvelle fois que l'ambivalence lui sied à merveille, Effets secondaires prend des allures de film noir et Soderbergh de s'amuser comme un petit fou à en livrer une relecture moderne. Qu'importe si, au final, tout ceci semble bien vain et tiré par les cheveux puisque le temps d'une dernière récréation, l'artiste aura su nous divertir par le truchement de son art. Sacré garnement !

 

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