Robert Knepper (Prison Break)

Zorg | 1 novembre 2007
Zorg | 1 novembre 2007

Inconnu du grand public il y a encore deux ans, Robert Knepper a explosé à la face du monde grâce à son interprétation exceptionnelle du tueur psychopathe Theodore "T-Bag" Bagwell dans la série Prison Break. D'un rôle initialement secondaire et destiné à l'oubli, il a accouché d'un personnage désormais central et indispensable à la survie du show. Un des méchants télévisuels les plus fascinants de ces dix dernières années, tout simplement. Entretien fleuve avec un comédien passionnant (et très bavard).

 

Attention aux spoilers : Cet entretien aborde différents éléments d’intrigue de la saison 2.

 

Propos et autoportrait (en fin d’article) recueillis au cours du 47ème Festival de Télévision de Monte-Carlo (juin 2007).

 

 

Quand vous étiez jeune, on vous a souvent collé l'étiquette du rebelle de service. Quels souvenirs gardez-vous de cette époque ?

C'est amusant car, quand je suis arrivé à Los Angeles, j'avais vingt-cinq ans et les cheveux longs ; j'étais beau gosse, il n'y a pas de doute là-dessus, et je me rappelle avoir tourné dans un film un peu farfelu qui s'appelait Wild Thing (inédit en France, NDR). A cette occasion, j'ai donné une interview pour la télévision, et le journaliste m'a demandé quelle impression ça me faisait d'être le nouveau membre du « Brat Pack » (en référence au célèbre « Rat Pack » de Frank Sinatra et consorts, le « Brat Pack », littéralement « la bande des morveux », désignait, dans les années 80, la jeune génération d'acteurs et actrices rendus célèbres dans les films de John Hughes, avec des gens comme Emilio Estevez, Rob Lowe, Molly Ringwald... NDR). J'ai alors répondu que je n'en faisais pas partie, car je ne connaissais pas ces gens, même si j'ai fini par en rencontrer certains par la suite. C'est donc très curieux cette manie qu'ont les gens de tout de suite vouloir vous ranger dans un tiroir, de vous confier les mêmes types de rôles.

 

Quelle différence cela fait-il avec aujourd'hui ?

A l'époque, je ne voulais pas jouer les beaux gosses. Je voulais jouer le héros, le mec intelligent, bref tout ce qu'on n'a pas en soi. Ensuite, on m'a souvent dit : « Oh, vous nous rappelez James Woods ! ». Moi, je me disais : « Mais il est super moche ce type ! Il a plein de marques sur le visage ! » Je ne parle pas de ses talents de comédien (rires). Je ne voulais pas jouer ce genre de personnages souvent limites dont il est spécialiste. Donc pendant de nombreuses années, j'ai décliné beaucoup de rôles. Et ce qui est finalement bien dans l'industrie cinématographique, c'est qu'après toutes ces années à jouer des personnages différents, vous arrivez à vous faire un nom et vous bénéficiez enfin d'une plus grande liberté de choix. Aujourd'hui, j'ai un certain poids grâce à mon nom, et je n'ai plus à jouer systématiquement le beau gosse de service. Je peux être soit le héros, soit celui qui fait rire. J'aimerais d'ailleurs bien remonter un peu le temps et faire plus de comédies. J'ai pu en faire pas mal sur les planches, mais nettement moins à l'écran. Fort heureusement, T-Bag a un côté légèrement comique, donc je peux y trouver quelque chose qui me plaît.

 

On dit souvent que pour faire un bon film ou une bonne série, il faut déjà que le méchant le soit.

Oui, en effet, il existe ce vieux dicton qui dit que vous n'aurez jamais un bon spectacle sans un bon méchant, mais je pense qu'il faut avant tout que la narration soit solide. Vous n'aurez pas un héros crédible s'il ne trouve pas un obstacle à chaque étape de son parcours. C'est particulièrement le cas dans la première saison de Prison Break, où T-Bag est toujours en travers de la route de Michael Scofield. Sans oublier les gardiens, le directeur de la prison ou encore la Compagnie. Les deux vont donc de pair. On ne peut pas avoir l'un sans l'autre.

 

Est-ce vraiment mieux de jouer les méchants ?

C'est tellement plus drôle. Déjà parce qu'on n'a pas toujours à avoir bonne mine. On peut faire une nuit blanche la veille et se pointer sur le tournage le lendemain ; il n'y aura aucun problème. Ensuite, on peut dire ce qui nous passe par la tête. Même si avec un peu de chance, les scénaristes nous donnent des dialogues au poil. Ça se passe plutôt bien dans l'ensemble. Je ne suis jamais allé leur dire ce que T-Bag devait faire, parce qu'il est imprévisible. Je peux jouer dès lors de n'importe quelle manière. Aux Etats-Unis, nous avions un comique du nom de Don Rickles qui avait l'habitude de s'en prendre à n'importe qui. C'est un peu ce que fait T-Bag.

 

Avez-vous eu des réactions venant de prisons ?

Je n'ai reçu qu'une seule lettre d'un détenu. C'était très formel, pas obscène du tout ; il ne m'a pas envoyé de sous-vêtements affriolants ou quelque chose de ce genre. Ça disait : « J'aime beaucoup ce que vous faites. Vous avez mis le doigt dessus, en plein dans le mille. Félicitations. » Je n'ai su sa condition de détenu que grâce à son adresse sur l'enveloppe.

 

Ça ne vous a pas un peu surpris d'avoir aussi peu de courrier provenant de prisons ?

Et comment ! Je pensais avoir fait du bon boulot !

 

Pensez-vous que T-Bag aurait pu survivre dans la prison d'Emerald City dans Oz ?

Oui, je pense qu'il aurait trouvé sa place, qu'il aurait survécu à cet endroit.

 

 

Qu'est-ce qui fait, selon vous, que la série attire un public varié ?

Je pense que les gens avaient vraiment envie d'un show relativement classique ; ils en ont eu marre des émissions de téléréalité. Prison Break peut toucher un large éventail de personnes, quel que soit leur âge, leur origine ethnique, leur milieu ou leur religion. C'est fantastique, tout comme ça l'est de voir des gamins me dire qu'ils adorent T-Bag - même si je m'inquiète alors de savoir où sont leurs parents et ce qu'ils font.

 

Pourquoi la série attire-t-elle les jeunes ?

Pour les gamins, je pense que c'est le rythme. Les personnages bougent énormément. En fait, on essaye de suivre le héros, et on sait qu'il va lui arriver un tas d'ennuis. C'est donc comme de vouloir sortir d'un cauchemar, sans vraiment y arriver pour autant, parce qu'on veut savoir ce qu'il se passera à l'épisode suivant. La série puise largement dans des archétypes classiques, et au bout du compte, c'est toujours une variation sur les mêmes thèmes : le bien contre le mal ou un combat pour la rédemption. On sait pertinemment comment cela va finir, c'est juste les moyens pour y arriver qui sont intéressants.

 

Quelle est votre opinion à propos de la saison 2 ? Ne pensez-vous pas que les scénaristes sont allés trop loin ?

Beaucoup de gens trouvent que l'attention était divisée et trop éloignée des personnages principaux. C'est notamment dur vis-à-vis de T-Bag, car les gens aiment ce personnage et apprécient de le voir prendre telle ou telle direction. C'est aussi vrai d'un point de vue purement académique, car vous ne suivez pas le fil principal de l'histoire. On pourrait alors juger que ce n'est pas bien écrit. C'est aussi difficile à gérer vis-à-vis des fans, qui aiment tous les personnages. Dans la saison 3, les auteurs ont pris ça en compte ; ils nous ont réunis.

 

Pensez-vous que le traitement accordé à T-Bag dans la deuxième saison a contribué à le rendre plus sympathique ?

C'est amusant, car dans cette saison, il y a ce très bel épisode où il ramène Susan Hollander (K.K. Dodds) dans la maison de son enfance pour lui montrer qu'il a changé, pour lui donner une idée des horreurs qui lui ont été infligées. A la fin, il se retrouve au téléphone, en larmes, à pleurer sur un amour qu'il n'aura pas, sur la famille qu'il n'a jamais eue. Quand on a tourné cet épisode, le réalisateur avait déjà tourné l'épisode en flash-back de la première saison au cours duquel T-Bag rencontrait justement Mrs. Hollander. Après la scène, je me suis donc tourné vers lui, et je lui ai demandé s'il voulait refaire une autre prise, car je craignais d'en avoir trop fait, d'avoir trop pleuré, façon chutes du Niagara. Il m'a répondu par la négative en ajoutant : « Je sais que tu discutes avec les scénaristes, donc tu dois savoir qu'après cet épisode, personne ne regardera plus Teddy de la même manière. » Effectivement, cela rend, d'une certaine manière, le personnage plus sympathique.

 

Le personnage ne risque-t-il pas de s'affadir par la suite ?

Non, je ne pense pas. Si les scénaristes avaient écrit ce que j'avais imaginé après cet épisode, on aurait vu T-Bag se lamenter seul sur une plage, à s'apitoyer sur son sort ou à chercher la rédemption dans une église. En réalité, dans l'épisode suivant, il rencontre le psychiatre qui lui ressemble, et il le tue. J'ai de nouveau interrogé les scénaristes pour savoir s'ils étaient sûrs de vouloir emprunter cette voie. Je pensais que l'empathie était à l'ordre du jour pour T-Bag, alors que là, il se remet à tuer aussi sec. Ils m'ont expliqué leur choix de la manière suivante : « Tu pensais avoir vu Teddy en colère avant. Tu pensais l'avoir vu perdre les pédales. Eh bien dis-toi que tu n'as rien vu ! Il est tellement en rogne d'avoir perdu la famille qu'il pensait avoir trouvé que maintenant, il va se lâcher. » Le spectateur attend de lui un certain comportement, mais on comprend désormais son attitude car on sait d'où vient sa souffrance. Avant, on ne le voyait pas. Quand il tuait quelqu'un, on le pensait simplement fou, on l'imaginait en train d'assurer sa propre survie. Il se bat toujours pour survivre et le monstre sommeille en lui.

 

Vous pensez qu'il a toujours cette rage en lui ?

Il veut bien faire, mais je ne le crois pas fou. C'est un psychopathe, à cause de son enfance et des sévices infligés par son père. Il s'est donc réfugié dans la violence, il ne peut pas s'en empêcher, et il est parfaitement conscient de chaque crime qu'il commet. Est-ce qu'il s'en excuse ? Non, particulièrement dans la deuxième saison où il risquait d'être dénoncé à tout instant. C'est notamment le cas dans la scène où une employée des Postes voit sa photo sur une affiche. Il lui dit : « J'aurais vraiment préféré que vous ne voyiez pas ça. » Il ne voulait pas la tuer, mais il l'a quand même fait. On me demande souvent pourquoi les gens aiment tant ce personnage, mais est-ce vraiment le cas ? Ce n'est pas tant que les gens l'apprécient, il est juste très différent du commun des mortels. On n'a pas tous les jours l'occasion de voir évoluer des tueurs en série. Les scénaristes ont d'ailleurs dû changer un peu la donne en ce qui concerne les douze enfants qu'il a violés et tués par le passé. Ils ont adouci l'histoire, c'était trop lourd à gérer. Je suis père de famille voyez-vous, et mettez-vous à ma place : comment ressentir quoi que ce soit envers un tueur d'enfants ? Les scénaristes ne sont pas revenus en arrière, ils ont simplement décidé de ne pas en parler. Désormais, si T-Bag doit tuer quelqu'un, il le fait parce que c'est une volonté consciente. Comme pour le gardien de prison Bob au début de la première saison : il le tue car autrement, Bob aurait dénoncé les prisonniers et le plan d'évasion serait tombé à l'eau. De tous les personnages, c'est le seul capable de tuer et les autres le savent pertinemment. Ils ne peuvent se résoudre à éliminer le gardien, pourtant ils doivent en passer par là, sinon, ils ne pourront pas s'évader. Et adieu la saison 2 ! (rires)

 

 

Est-ce que les acteurs ont le droit d'apporter leurs propres idées ?

Bien sûr. Cependant, il y a un phénomène désagréable très répandu aux Etats-Unis, où, après la première saison, les acteurs commencent à penser qu'ils vont pouvoir écrire le show. Dans une série bien écrite, ça fait doucement rigoler les scénaristes. Ils admettent que nous connaissons bien les personnages, et ils le respectent, mais ça s'arrête là ; chacun son métier. J'ai créé quelque chose avec T-Bag auquel ils n'avaient peut-être pas pensé à l'origine, mais je me soumets entièrement à leur appréciation, et je suis le dernier à les contacter pour leur dire : « Vous n'allez pas dans la bonne direction avec mon personnage » ou « Vous devriez me faire faire ci ou ça ». Je suis acteur, pas scénariste. C'est un piège de penser que nous, acteurs, pouvons leur imposer nos idées.

 

Comment et pourquoi avez-vous décidé de donner à T-Bag le tic qui consiste à se passer la langue sur les lèvres ?

J'aimerais avoir une histoire passionnante à vous raconter à ce sujet, mais je n'en ai pas. Lors du casting, j'avais vraiment besoin d'un boulot, le script me plaisait beaucoup. Avant ma première audition, je me suis dit qu'ils n'allaient jamais me prendre, car je n'ai aucun tatouage ; même si je peux jouer les mauvais garçons, je n'en suis pas un et j'avais peur de ne pas avoir l'air assez dur pour le rôle. Cinq jours avant le rendez-vous, je me suis donc laissé pousser le bouc mais j'en ai coupé l'essentiel au dernier moment. Je n'ai gardé que la partie inférieure afin de lui donner un aspect plus étrange. Il m'a fallu un peu de temps pour m'habituer à la sensation et j'ai joué avec machinalement, en passant ma langue par-dessus. A l'inverse, la poche de pantalon était une idée des scénaristes. Mais aujourd'hui, il leur arrive de mettre dans les scripts : « ... et T-Bag fait ce truc avec sa langue. » Il m'a aussi fallu trouver une expression qui montre le désir violent que T-Bag peut éprouver envers un autre homme. Pour cela, je regarde mes partenaires comme un bon steak, ce qui me permet de saliver et de passer ma langue sur mes lèvres. Un critique américain a même décrit T-Bag comme un type « qui regarde tout le monde comme des homards sur un buffet à volonté ». C'est un très beau compliment.

 

Comment avez-vous géré le problème de la main coupée en fin de première saison ?

Curieusement, les scénaristes m'ont demandé ce qu'il fallait faire. Devait-on la recoudre ? La laisser s'atrophier malgré les risques de gangrène ? Ou encore la couper définitivement ? Je leur ai alors répondu que même en cachant ma main dans ma manche, les gens allaient voir que le bras aurait dû être plus court. J'ai tenté de replier mes doigts au maximum, de manière à ce qu'on ne voie qu'un semblant de moignon, mais les phalanges auraient été visibles. C'est en voyant un blessé dans un hôpital militaire que les scénaristes ont alors eu l'idée de la prothèse. La production a fait appel à une société de Dallas, où la saison 2 a été tournée, qui fabrique des mains artificielles pour des vétérans. Pour obtenir quelque chose qui ait une belle allure, les prothésistes ont fait un moulage de ma main. Mais comme ils n'ont pas l'habitude de travailler pour le cinéma, ils n'ont pas réalisé - ou ils ont oublié - qu'ils devaient faire un modèle légèrement plus grand que ma main. Leur prothèse est une réplique exacte et cela pose un double problème. Premièrement, s'il fait chaud - et il fait une chaleur du diable à Dallas - ma main gonfle mais le PVC de la prothèse non, donc je ne peux la porter plus de dix minutes d'affilée. Et quand j'enlève la prothèse, j'ai le bout des doigts insensibilisé, comme si quelqu'un me pressait la main très fort. Deuxièmement, s'il fait froid dehors, j'ai la main qui gèle et le PVC de la prothèse se contracte. Si au milieu de la saison 2, vous avez l'impression que je suis en train de souffrir, ce n'est pas de la simulation. Au lieu d'aller voir des accessoiristes de cinéma et de régler ça en une seule fois, la production est retournée voir la société cinq ou six fois et a dépensé une fortune. Avec un peu de chance, pour la saison trois, j'y retournerai une dernière fois et les prothésiste feront un moule adapté que je pourrais mettre plus de dix minutes.

 

De quelle manière le show a-t-il changé votre vie ?

Je perçois ma carrière comme l'ensemble des choses que j'ai accomplies avant Prison Break et de toutes celles que je ferai ensuite, si d'aventure j'ai la chance de pouvoir continuer. Quand j'ai débarqué à L.A., si j'étais le meilleur gars pour jouer le premier rôle, je l'avais. Vingt ans plus tard, même si je suis le meilleur pour le rôle, je ne l'aurais pas forcément, y compris dans le cinéma indépendant. Parce que la distribution est internationale, ils ont besoin d'un nom plus connu que le mien, avec un pouvoir d'attraction élevé. Aujourd'hui, mon nom a désormais une signification grâce à la série - et c'est valable pour la plupart d'entre nous. Je suis en train de tourner le film Hitman en Bulgarie pour la Fox, un gros budget coproduit par Luc Besson. Je possède un contrat pour trois films avec ce studio et je sais pertinemment que je n'aurais jamais joué dans Hitman sans la notoriété offerte par Prison Break. Des opportunités se présenteront d'ici quelques temps. Si Hitman marche bien, on fera une suite quand nous aurons fini de tourner la saison 3 et si les autres studios me surveillent, j'aurai du travail plus tard. Quand je sortais dans la rue à Chicago, au tout début de la première saison, les gens n'étaient pas tout à fait sûr de savoir qui j'étais. Ils me voyaient à la télévision, mais ils ne connaissaient pas encore mon nom. Aujourd'hui, je me sens observé comme un animal au zoo ; j'ai peur à l'avenir de ne plus pouvoir étudier le comportement d'autrui, base de mon travail de comédien. Je sais désormais pourquoi les acteurs portent des lunettes noires dans la rue ; même si les gens continuent de me reconnaître, je peux quand même continuer à les observer.

 

Vous saviez bien qu'un jour viendrait où vous seriez célèbre.

Non, pas du tout. Vous démarrez dans le métier en pensant que cela arrivera. C'est le cas pour bon nombre de personnes, mais pour d'autres, ça prend vingt ans, et j'en fais partie. J'ai connu de belles aventures professionnelles, travaillé avec plein de gens intéressants, et pu interpréter de bons rôles. Aujourd'hui, je vais être en mesure de réclamer le premier rôle dans un film ou de jouer avec quelqu'un que j'apprécie. Je vais aller vers les studios avec un projet de film ou vers les grandes chaînes avec une idée de série.

 

 

Vous avez signé pour combien d'années ?

J'ai signé pour sept ans en tant que membre régulier : c'est la norme. Mais la chaîne peut nous virer n'importe quand.

 

Quel genre de rôles recherchez-vous ?

Mes héros, quand j'étais enfant, étaient des acteurs anglais ; Laurence Olivier était l'acteur parfait à mes yeux. Je me souviens l'avoir entendu dire dans une interview qu'il voulait jouer des rôles qui aient un sens. Je suis dans cet état d'esprit. Je me fiche de jouer le bon ou le méchant, mais je ne veux pas être le troisième larron sur la gauche. J'ai toujours réussi à faire quelque chose de chaque rôle que j'ai interprété. Si vous creusez ma filmographie, vous verrez que j'ai joué dans un épisode de Star Trek : Voyager. J'ai vaguement réussi à en tirer un peu de substance, car je voulais faire quelque chose de spécifique avec. Mais ce genre de rôles, c'est fini. J'espère continuer à jouer des personnages dotés d'une vraie épaisseur, et non des stéréotypes. Juste avant de faire Prison Break, j'ai participé à des projets excitants, comme Carnivale ou le film de George Clooney, Good night, and good luck, mais ça ne payait pas. Si aujourd'hui je peux rencontrer Robert Duvall et déjeuner avec lui, je sais que c'est grâce à Prison Break (Robert Duvall était présent au même moment au festival de Monte-Carlo, NDR). Je ne sais pas si j'aurais pu faire quelque chose comme ça il y a cinq ans. A l'inverse, des personnes viennent en tant que guest-stars dans la série et sont nerveuses à l'idée de tourner avec moi. Je suis très flatté, mais j'ai avant tout besoin d'elles pour jouer.

 

Est-ce que la prison dans laquelle vous avez tourné la saison 1 vous manquait lors du tournage de la saison 2 ?

Si nous avions continué à tourner la série dans la région de Chicago, j'aurais peut-être ressenti un manque. Mais comme nous avons changé d'endroit et que nous sommes allés à Dallas, ça ne s'est pas produit. Je ne connaissais pas la ville. J'essayais de m'orienter quand on a commencé à tourner dans la région et j'ai utilisé cela pour interpréter T-Bag. Dans la prison, il était à l'abri et connaissait l'endroit par cœur. A présent, il se retrouve perdu, il risque de se faire arrêter et il ne sait pas où aller. Donc j'ai aimé ce manque. Je ne voulais pas rester statique, je voulais bouger.

 

Quand avez-vous réalisé le potentiel du personnage ?

Je ne l'ai toujours pas réalisé. Je continue simplement à faire mon travail. Je vais tourner la saison 3 et y tenter quelque chose de nouveau. T-Bag va peut-être perdre sa langue, se faire ratiboiser les cheveux ou perdre son accent du Sud pour un accent du Nord des Etats-Unis. Je ne sais pas comment ça va se passer, mais je dois rester innovant.

 

Durant le tournage de la première saison, vous avez beaucoup écouté Johnny Cash. Quels genres musicaux appréciez-vous et qu'allez vous écouter pour la saison trois ?

J'écoute de tout, mais particulièrement de la guitare, et même de la guitare espagnole classique. Des morceaux très mélancoliques, qui rappellent la balalaïka russe, m'émeuvent beaucoup et je m'en sers pour nourrir mon personnage. J'ai aussi utilisé Kid Rock durant la saison 1. En ce qui concerne la saison 3, je ne sais pas encore ; tout dépendra des scripts.

 

Pouvez-vous nous dire ce qu'il y aura dans la troisième saison ?

Non, parce que je ne demande jamais aux scénaristes de quoi sera fait l'épisode suivant. L'an dernier, j'avais une vague idée de l'histoire globale de la saison 2, mais ce n'est pas le cas aujourd'hui car je suis en train de tourner un film en Bulgarie. Selon moi, il se retrouvera dans un endroit qui fera passer les prisons américaines pour des établissements luxueux et où il devrait retourner à l'état sauvage. Il n'y aura plus personne pour tenir sa poche de pantalon.

 

 

 

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