Tokyo Revengers : retour vers le furieux furyo du futur

Flavien Appavou | 3 août 2021
Flavien Appavou | 3 août 2021

Tokyo Revengers, est un animé qui parle de baston et de retour dans le temps, mais pas que ! La première partie de la saison 1 vient de se terminer sur CrunchyRoll. L’occasion pour nous de revenir sur cette merveilleuse série, fort appréciée par l'auteur de ces lignes.

Tokyo Revengers est à la base un manga de Ken Wakui publié chez Glénat dont la publication continue encore avec 13 tomes en France et 22 au Japon. C’est donc loin d’être fini en manga et donc en animé. La première partie de l’animé diffusé sur CrunchyRoll comporte 12 épisodes et reprend les quatre premiers tomes de la série. Et elle est juste excellente. 

 

Screenshot 11La chute fatale du commencement

 

Retour vers la revanche

Pour ceux qui n’ont pas lu le manga ni regardé cet excellent animé, voici le pitch : Takemichi Hanagaki, jeune loser, est employé dans un magasin de location de vidéo (oui, ça existe toujours au Japon). Il apprend la mort de son amour de jeunesse Hinata Tachibana tuée par un camion dans un règlement de compte entre les membres du Tokyo Manjikai, l’un des plus gros gangs de Tokyo. Toujours tourmenté par la mort de cette jeune femme, Takemichi remet en perspective sa vie tandis qu’il attend le métro.

Il a à peine le temps de sentir qu'on le pousse sans ménagement qu'il se retrouve sur les voies du métro alors que celui-ci arrive à toute vitesse. Sa dernière pensée est pour Hinata. Fin de l’histoire. Enfin presque, il se retrouve projeté 12 ans en arrière lorsqu’il était au collège, qu’il se prenait pour une racaille et qu’il appartenait lui aussi au Tokyo Manjikai. Ne comprenant pas trop ce qui lui arrive, il se remémore et subit le court du temps qui passe. En sauvant d’une brimade Naoto Tachibana, le frère d’Hinata, qui lui aussi décèdera avec sa sœur 12 ans plus tard, il comprend qu’il peut changer le passé et donc possiblement le futur.

Par effet ricochet, Takemichi active un pouvoir en sommeil chez Naoto : lorsque les deux garçons se serrent les mains, Takemichi peut voyager dans le passé toujours 12 ans en arrière. Une compréhension de ce pouvoir qui permettra potentiellement à Naoto et Takemichi de sauver Hinata et de comprendre la raison de cette querelle au sein du Tokyo Manjikai.  Une histoire mélangeante guerre de gang, enquête, retour dans le temps et vengeance. Ça a de quoi intriguer. 

 

Screenshot 3Hinata vivante

 

Le furieux furyo 

Comme dit plus haut, l’animé reprend les quatre premiers tomes du manga. On assiste donc à la première partie de l’histoire qui pose les bases, présente les personnages emblématiques, détermine le destin du personnage principal et son enjeu. Cette longue exposition n’est pas dénuée d’intérêt, au contraire. Tokyo Revengers est avant tout un Furyo et comme dans tout bon Furyo, tout repose sur les personnages. 

Pour définir ce qu'est un Furyo, c’est avant tout des histoires de voyou des années 70 jusqu’au début des années 90, au Japon. Les images avec les grosses bananes aux cheveux décolorés, les motos, les gangs et la baston pour dégrossir facilement le sujet. En personnage Furyo, on aurait Onizuka de GTO, ou bien Sakuragi de Slam Dunk ou Yusuke de Yu Yu Hakusho. En histoire emblématique dans ce genre, on a Racailles Blues, Young GTO ou encore Bakuen Retto, pour ne citer qu'eux.

 

Screenshot 4Qui dit Furyo, dit baston et banane

 

Dans ces types d’histoires, on va chercher la sensibilité de ces jeunes qui veulent changer leur monde pour en établir un nouveau tout en se bagarrant et en adhérant à des principes moraux qui leur sont propres. On y retrouve souvent de grosses bagarres bien emblématiques, mais surtout des discours touchants et émouvants. 

Ici dans Tokyo Revengers, tous ces ingrédients propres au Furyo se voient rassemblés : les bagarres, les conspirations, les moments de doutes, les moments de victoire et d’emphase, mais surtout des personnages hauts en couleur comme le leader charismatique Mikey, ou encore le bras droit sensible et brut, Draken, et le raisonnable Takemichi. Ce dernier assume ses faiblesses pour rendre son entourage plus humain et ça, c'est totalement Furyo. Car parfois, il n’y a pas besoin de frapper et de se prendre des coups pour être un homme, être sensible et laisser affleurer ses émotions sans avoir peur, sont aussi des piliers de la masculinité telle que le genre l'appréhende.

Avec une histoire qui se concentre sur la perte d’un être cher, l’animé touche profondément le cœur de son public. Le côté fantastique dynamise encore plus le récit via les effets papillon des changements temporels et accentue la dramaturgie. Le final du 12ᵉ épisode est émouvant au possible. C’est tellement beau et Furyo. 

 

Screenshot 9Mikey le charisme à l'état pur

 

Furieuse animation 

Côté animation, c’est le studio Liden Films, connu pour les Chroniques d’Arslan - excellent animé et manga - ou dernièrement pour l’original Imagine, un cambrousard du dernier donjon dans la ville de départ !, qui s’attèle à la tâche. Et on peut dire que c’est une belle réussite ! 

Pourquoi ? Parce que la série, réalisée par Koichi Hatsumi avec les scripts de Yasuyuki Muto, reprend à merveille l’ambiance du manga tout en le sublimant. L’animation est fluide sans temps mort, surtout dans les phases de combat qui sont particulièrement bien animées. L’utilisation de la 3D est parfaitement maitrisée, quand on voit les plans sur les motos par exemple. Et le montage est agencé de manière intelligente, et laisse non seulement les combats mais aussi les séquences émotionnelles, gagner en ampleur progressivement..

Rien n’est fait à la va-vite. Car c’est une série qui prend le temps d’être regardée et appréciée pour la justesse d’interprétation de ces personnages et de ses dialogues. Mention encore spéciale au seiyu dans la VO et aussi au comédien français pour la VF, c’est totalement sincère et ça prend aux tripes. 

 

Screenshot 1Takemichi le cœur dans la main 

 

Une furieuse fin d'arc

La série a donc terminé un premier arc sur CrunchyRoll en VF et VOSTFR avec une fin de malade qui a retourné le cœur de tous les spectateurs et qui promet encore plus de baston, d’émotion et de retournement de situation. La série continue sur la plateforme pour suivre la vie trépidante de Takemichi et de sa revanche sur la vie. 

Tokyo Revengers, c’est plus qu’un animé ou qu’un manga, c’est une histoire qui se vit. Les épisodes défilent et on se prend d’affection pour ces personnages qui veulent vivre leur vie avec la fougue de la jeunesse et leur idéal respectif. Les retours dans le temps renforcent encore plus cet aspect-là. Sans être moralisateur. Ils montrent les passages entre vie d’adultes et jeunesse, et surtout les choix qui nous sont imposés, aussi bien par la société que par l’entourage. Avec les ambitions trop débordantes, les personnes malsaines, les egos blessés, Tokyo Revengers met sublimement en lumière le mal-être et prend sa revanche lumineuse dans ce monde ténébreux. 

Une histoire qu’on a envie de prendre à bras le corps, tant elle est touchante et forte en même temps. Tokyo Revengers est une série à voir sur CrunchyRoll avec la furieuse envie d'en découdre, tout en ayant des mouchoirs pour éponger les larmes à côté

Ceci est un article publié dans le cadre d'un partenariat. Mais c'est quoi un partenariat Ecran Large ?

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commentaires
Flavien Appavou - Rédaction
10/08/2021 à 17:35

Peut-être que je me suis mal exprimé, je voulais dire que Le mouvement Furyo c'est typique des années 70-90 au Japon. Ce qui a continué d’inspirer bons nombres d'histoires et de mangas jusqu'à maintenant !

Baballe
05/08/2021 à 12:32

A bon après le début des années 90 il n'y a plus de manga furyo ?
Et la saga worst/crow qui a donné plusieurs films ?
Il ya des centaine de titres furyo chaque année.

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