13 Reasons Why : pourquoi la saison 2 de la série dramatique Netflix rate le coche

Alexandre Janowiak | 5 juin 2018 - MAJ : 12/06/2018 10:49
Alexandre Janowiak | 5 juin 2018 - MAJ : 12/06/2018 10:49

Après une saison 1 peu enthousiasmante, 13 Reasons Why est revenue avec une deuxième saison sur Netflix mi-mai. On fait le point.

ATTENTION SPOILERS !

 

 

UNE MISE EN SCÈNE PAUVRE

Avec des réalisateurs et réalisatrices expérimentés à la barre comme Karen Moncrieff (Six Feet Under), Jessica Yu (À la Maison-Blanche), Gregg Araki (KaboomMysterious Skin) ou encore Michael Morris (KingdomBloodlinePreacher), la saison 2 de 13 Reasons Why pouvait nous offrir une mise en scène alléchante, puissante et prenante. Malheureusement à l'exception de deux-trois passages bien orchestrés, d'une scène en dessin animé dans l'épisode 7 ou du très bon plan-séquence d'ouverture de l'épisode 8 (tous deux signés Michael Morris), la mise en scène de la série est terriblement fade.

Bien évidemment, cette réalisation sobre et la photographie grisâtre et glaciale proposées tout au long des 13 épisodes se veulent le miroir des sujets graves abordés. Cependant, les thématiques fortes n'ont jamais empêché les grandes séries d'offrir des mises en scènes plus percutantes et chiadées. On ne peut donc qu'être déçu par ce manque d'audace technique.

 

PhotoA l'exception du plan-séquence et de cette scène animée, rien de bien fou

 

UNE NARRATION POUSSIVE

Si la réalisation de cette saison 2 est décevante (à l'image de la première saison qui n'offrait pas grand chose non plus techniquement), c'est sans doute aussi parce qu'elle n'est pas aidée par la narration poussive. L'idée du procès comme fil rouge de la saison pour revenir en profondeur sur les souvenirs des adolescents interrogés, et d'en apprendre plus sur le passé d'Hannah, n'était pourtant pas une mauvaise idée sur le papier.

Sauf qu'au final, il y a une profonde sensation de déjà vu tout au long de la saison. Après s'être farci les 12 (puis 13) cassettes de l'adolescente dans la saison 1, voici que l'on revient une nouvelle fois sur les interactions des personnages avec la jeune fille grâce à leurs témoignages. Ainsi, l'ensemble de la narration repose sur de nouveaux flashbacks qui n'apportent pas grand chose au récit (exception faite de quelques révélations bien peu attrayantes). Plus que la narration finalement c'est l'intérêt de la saison 2 qui est remis en cause au fil des heures de visionnages.

 

Photo Dylan Minnette"Ouverture du procès de 13 Reasons why : pourquoi l'idée du procès était une mauvaise idée" 

 

LE MANQUE DE PROFONDEUR

Lors de la saison 1, la série dénonçait les agressions sexuelles et le harcèlement scolaire. Dans cette nouvelle saison, Brian Yorkey continue à développer ces deux thématiques fortes, d'autant plus à l'heure de #MeToo et Time's Up depuis l'affaire Weinstein. Malheureusement, une nouvelle fois, les sujets brassés par la série manquent de profondeur et sont tous abordés de manière épaisses (encore plus que la saison 1, c'est dire).

Au lieu d'entamer une réflexion puissante sur le viol, le port d'arme, la drogue également... 13 Reasons Why survole l'ensemble de ces sujets et n'arrive jamais à les traiter avec solidité. Pire, même si lors d'une scène fantasmagorique où des femmes, des mères, des filles, dénoncent une agression sexuelle vécue, il y a dans cette séquence la sensation d'un opportunisme scénaristique plus qu'une envie durable de dénonciation. Dommage.

 

Photo Justin Prentice, Anne WintersJustin Prentice (Bryce Walker) et Anne Winters (Chloé)

 

LE FANTÔME D'HANNAH BAKER

La deuxième saison, comme on l'expliquait plus haut, subit sa narration peu inspirée et plus ou moins calquée sur la saison 1. Cependant, les apparitions du personnage d'Hannah Baker (Katherine Langford) aux côtés d'un Clay Jensen (Dylan Minnette) totalement perdu, sont particulièrement gênantes.

En soi, c'était un moyen judicieux (bien qu'aussi déjà utilisé maintes et maintes fois par le cinéma et les séries) de montrer le trouble qui emplit Clay depuis la mort d'Hannah. Malheureusement, cet outil narratif est sur-exploité. Au fil des épisodes, les apparitions d'Hannah deviennent légion et ne présentent plus forcément de cohérence vis-à-vis du ressenti de Clay. Elles virent à l'excès et se transforment en gadgets balourds particulièrement agaçants.

 

Photo Katherine Langford, Dylan MinnetteEt vas-y que j'apparais un peu quand ça arrange tout le monde



UN FINAL RACOLEUR

Au-delà des quatre points cités précédemment, 13 Reasons Why manque de peu le carton rouge lors de son dernier épisode. Le procès étant plié depuis la fin de l'épisode précédent, cet épisode se déroule un mois plus tard et sert logiquement d'épilogue pour la saison (et aurait pu servir d'épilogue pour la série).

Sauf que dans sa manie irrationnelle d'étirer son concept jusqu'à la moelle, Netflix et le créateur du show Brian Yorkey choisissent de lancer d'ores et déjà la future saison 3 dans cet épisode 13. Ainsi, le personnage d'Hannah Baker est enterré à jamais (Katherine Langford ne fera plus partie de la série comme elle l'a confirmé sur Instagram) mais surtout il s'attaque à un autre problème majeur aux Etats-Unis : le port d'arme à feu.

 

PhotoTyler et son ami Cyrus en pleine séance de tir

 

Le sujet a été abordé tout au long de la saison à travers le personnage de Tyler Down (Devin Druid) de façon peu profonde et assez nonchalante.  Ici, le comportement du jeune homme devient le coeur du récit - puisqu'après avoir été tabassé et violé par des lycéens - il s'apprête à commettre un massacre lors du bal du lycée. Non seulement, le sujet est mal amené dans ce final et surtout l'épisode se termine sur un cliffhanger des plus aguicheurs (dans le mauvais sens du terme).

De plus, même si des avertissements apparaissent souvent au début de chaque épisode, il est difficilement compréhensible qu'une scène aussi graphique et violente que celle du viol subit par Tyler n'ait pas été objet à des avertissements plus explicites. S'il est important de montrer que ce genre de scène existe, la série va malheureusement plus choquer et heurter son jeune public à travers cette séquence macabre, là où elle aurait sans doute pu marquer profondément leurs esprits avec une scène moins visuelle mais plus impactante moralement.

 

Photo Devin DruidTyler avant que tout bascule...



BONUS : IL Y A QUAND MÊME DU POSITIF

Avec ses défauts majeurs, 13 Reasons Why ne fait pas partie des grandes séries de la plateforme de streaming Netflix. Cela dit, malgré tout, elle présente quelques très belles choses. Le traitement thématique manque de profondeur mais mettre en avant ces sujets sociaux actuels à la portée d'un public jeune et concerné est une chose importante. Même si ce n'est pas forcément bien fait, la série a au moins le mérite de les pointer du doigt.

Au-delà de ça, la série jouit d'un joli casting qui donne le meilleur de lui-même : Katherine Langford et Dylan Minnette en tête de gondole évidemment. Enfin, malgré son manque d'audace technique, la série livre de jolis moments d'adolescence dont une première fois hésitante d'une délicatesse salvatrice.

 

Affiche

commentaires

Vize
23/08/2018 à 18:55

Pas mieux, excellent article. Tout est mal amené et mal joué, ça sonne faux

Andarioch
20/06/2018 à 14:01

Un peu chiant d'ailleurs les mises en garde au début des épisodes. "Attention, scène de viol et de consommation de drogue""...
Dans le genre spoiler, c'est épais.

Tousen
12/06/2018 à 10:33

Un peu d'accord avec cette critique (non mais lol, l'identité de celui qui balance les polaroid à Clay) . Mais par contre , le final est bien pensé et oui, netflix prévient à chaque fois le téléspectateur pour les scènes dégradantes; Depuis le début de la série, en sachant que Tyler avait un arsenal, on était obligé de parler du port d'arme .

trashyboy
06/06/2018 à 10:42

Avec un peu de chance la 3ème saison commencera par nous dire que l'intervention de Clay n'était qu'un rêve, et que le massacre a bel et bien eu lieu.

MystereK
05/06/2018 à 15:01

Bien sur Charlie, vos goût sont le reflet de la qualité de ces séries et parce que vous vous n'aimez pas, non seulement les séries sont nulle, mais ceux qui les regardent sont des débiles... Sachant qu'il n'y a pas deux personnes pareilles au monde, vous devez pas avoir beaucoup d'amis.

Roukesh
05/06/2018 à 14:58

La saison 1 se suffisait à elle même, rien à dire de plus. Ils n'arrivent pas à dépasser le concept, à la fin de la saison, rien n'a changer, les sujets n'ont pas vraiment évolués. Et cette scène de viol à la fin, tout le monde sait qu'un viol n'est pas une belle chose, pourquoi le montrer de manière aussi frontale, ça ne sert pas le propos...

REA
05/06/2018 à 14:35

J'ai lâché au bout du 2ème épisode. La vie est trop courte.

Hannah le fantôme, chiant au possible.
La sensation de revoir la 1ère saison avec plus d'éléments. La 1ère était une bonne surprise, mais la 2nde surfe le capitalisme du succès. D'ailleurs il y aura une saison 3. Pourquoi ? Triste époque.

Jojo
05/06/2018 à 12:16

Saison intéressante sur les conséquences de la mort d'Hannah Baker mais une saison trop longue et poussive !

Charlie
05/06/2018 à 12:11

@charlie tu compare Netflix a de la tele réalité pour dire des bêtises pareils faut être vraiment atteint et Mindhunter est un bijoux faut arreter de taper et sur Fincher et sur Netflix

Charlie
05/06/2018 à 11:57

Une série nulle a chier un peu comme Mindhunter de Fincher que des serie de bas étages pour cerveau éligible à la tele realite Netflix est bien une plateforme a déchets s

votre commentaire