Lovecraft Country saison 1 épisode 3 : Seth à la maison

Simon Riaux | 31 août 2020 - MAJ : 24/09/2020 11:21
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Affiche US

Le clan Freeman a fait en partie la lumière sur son mystérieux héritage, retrouvé un de ses membres et perdu un de ses aînés. De retour à Chicago, ils vont devoir composer avec leurs vieux démons, mais aussi quelques nouveaux. 

ATTENTION SPOILERS !

 

 

BRICOLAGE À TOUS LES ÉTAGES   

Quelques semaines se sont écoulées depuis les évènements monstrueux et tragiques qui ont mené au retour de Montrose (Michael Kenneth Williams) et au violent décès de l’Oncle George (Courtney B. Vance). Leti (Jurnee Smollett-Bell) a ouvert une pension dans un quartier blanc, non sans soulever la franche hostilité du voisinage. Et si elle se croit de taille face aux quelques hommes peu enclins à laisser des femmes noires empiéter sur leur territoire, elle ignore que les sous-sols de la bâtisse accueillent une présence pour le moins agressive. 

Ce qui frappe d’entrée de jeu dans ce chapitre où nous retrouvons le décor initial du pilote, c’est le grand flou narratif qui préside à sa première moitié. Combien de temps s’est écoulé ? Quelles sont désormais les relations entre les personnages ? La confusion règne, et ne paraît jamais le fruit d’un choix ou du désir de nourrir un quelconque mystère. 

 

photo, Jurnee Smollett-Bell"Venez, on sera 7 à la maison !"

 

Cette indécision a plusieurs conséquences fâcheuses durant la première moitié de l’épisode. Non seulement on s’étonne de peu sentir l’impact des nombreux chocs subis par les personnages au cours des deux précédents segments, mais on se demande franchement ce que va bien pouvoir narrer Lovecraft Country, dont la mythologie, initialement foisonnante, risque de manquer de liant, ou tout simplement de vision d’ensemble.

Sans doute faut-il voir là la conséquence des deux épisodes initiaux, qui ont amené énormément d'ingrédients sur la table, sans les enraciner dans ce qui devrait constituer le décor principal de cette saison inaugurale. Et le scénario de lutter pour ramener littéralement tout ce beau monde à la maison, dans le désordre et à toute berzingue.

 

photoUn emménagement loin d'être de tout repos

 

SOUS LES PAVÉS, LA RAGE 

Mais la seconde moitié de l’épisode rassure grandement, alors qu’elle parvient, un peu miraculeusement et à force de twists bienvenus, à relier les wagons. Le retour de Christina Braithwite fait des merveilles, donnant au passage à l’excellente Abbey Lee l’occasion d’affirmer son personnage comme un antagoniste véritablement charismatique, plus qu’une illustration glacée et glaçante d’un certain Sud confit dans ses fantasmes raciaux. 

Son intervention permet d’entrevoir avec délice le chaos à venir, alors qu’elle entre frontalement en collision avec Leti et interconnecte le fil rouge narratif avec “le monstre de la semaine”. Et si ce dernier a trop pris son temps pour se dévoiler, tant thématiquement qu’esthétiquement, il fait des ravages. Pièce montée fantomatique et gore, il nous offre une bonne dose de frissons classiques, d’horreur à l’ancienne, et de sous-texte (fin comme du gros sel) connecté aux problématiques de la série en général. 

 

photoCarpaccio de boeuf

 

Plastiquement, Lovecraft Country témoigne toujours de la volonté de HBO d’offrir à l’oeuvre un écrin flatteur pour l’œil. Plusieurs séquences marquent instantanément la rétine, à commencer les confrontations entre Leti et son voisinage, notamment leur opposition la plus “enflammée”. Le constat est similaire sitôt que le récit s’oriente vers le pur fantastique, nous offrant des passages délicieusement sanglants, mais aussi une série d’apparitions entre grotesque et grand-guignol qui réactivent à la perfection l’héritage originel du cinéma gore, preuve que J.J. Abrams et Jordan Peele ont eu envie d’injecter leurs petits bréviaires des classiques cauchemardesques dans la série. 

Enfin, et c’est un signal qui promet beaucoup, plusieurs séquences plus “discrètes”, ou moins évidemment spectaculaires, bénéficient d’un immense soin quant à leur mise en scène. Il en va ainsi de l’étreinte entre Atticus et Leti, dont l’intensité n’a d’égale que la sobriété, qui confère à cette union attendue, et néanmoins conflictuelle, une force cinégénique évidente. Le même constat s’applique à la dernière séquence de l’épisode, qui oppose Atticus (Jonathan Majors) et Christina, amenant chacun à abattre à son jeu à l’occasion d’un duel mental à la scénographie aussi modeste qu’élégamment découpée. 

Encore un peu trop inégale pour nous laisser bouche bée, Lovecraft Country fait preuve néanmoins d’un indéniable talent pour marier et combiner ambitions et influences.

Un nouvel épisode de Lovecraft Country est disponible chaque lundi sur OCS en France depuis le 17 août.

 

photo"Il ne peut plus rien nous arriver d'affreux maintenant"

commentaires lecteurs votre commentaire !

naholyr
08/09/2020 à 10:07

Dans ces 3 premiers épisodes j'ai vraiment retrouvé l'ambiance de mes parties de jeux de rôle Cthulhu ^^

En revanche, malgré ces moments de gloire, je trouve l'épisode 2 assez mal rythmé, et l'épisode 3 complètement foiré… D'une part j'ai vraiment cru qu'en fait c'était une série d'anthologie façon black mirror, donc niveau immersion bof et l'intrigue assez grossièrement amené, on sent vraiment qu'ils ont pas du tout su quoi faire pour pousser les héros à la recherche de ce livre. Tout comme le fait que le héros se dise d'un coup tout seul qu'il devrait faire ses propres sorts YOLO. Tout ça est un peu brouillon… On verra comment ça évolue.

Grift
01/09/2020 à 16:50

La production est vraiment soignée et les acteurs donnent vraiment envie qu'on les accompagne dans leurs avantures.
Néanmoins je suis assez de l'avis d'Olric : J'étais bien plus à fond après la vision du pilote. Le deuxième et le troisième m'ont laissé plus de marbre dans leur façon d'aborder leur intrigue.

bennn
01/09/2020 à 11:52

Vraiment pas terrible. J'ai galéré à finir l'épisode. Heureusement qu'on peut jouer de la guitare en le regardant. Même scénariste que Helix, même niveau catastrophique.

Alfred
01/09/2020 à 11:25

Pas la série du millénaire c'est certain.
Mais toujours un gros plaisir devant cette série délirante et sérieuse, savante et grotesque. Et c'est pas si courant.

Olric
01/09/2020 à 10:10

Franchement, ça ne volait pas très haut, intrigue de maison hantée vue et revue des centaines de fois, et des effets spéciaux à la limite du grotesque. J'étais plus conquis par le premier épisode, mais déjà un peu déçu par le deuxième. Bref ça ne va pas en s'arrangeant.

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