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L’arme Fatale Saison 1 – Episode 1 : Critique alarmée

Par Christophe Foltzer
25 septembre 2016
MAJ : 21 mai 2024
12 commentaires
L'Arme fatale

S’il fallait bien que cela arrive un jour, on ne s’attendait pas forcément que cela prenne ce visage-là. A l’heure ou Hollywood refait tout ce qui a été déjà fait, ce n’était qu’une question de temps pour que L’Arme Fatale connaisse le même sort. Alors, ça vaut quoi ?

Martin Riggs, policier émérite, ancien des Navy Seals et époux comblé qui attend son premier enfant, s’installe à Los Angeles 6 mois après avoir perdu sa femme dans un accident de la route alors qu’elle allait à l’hôpital pour accoucher. Anéanti, il devient suicidaire et ne doit son maintien dans les forces de l’ordre qu’à un contact haut placé. Roger Murtaugh atteint la cinquantaine et ce n’était pas gagné puisqu’il a fait un infarctus lors de l’accouchement de sa femme. Opéré à coeur ouvert, il reprend le travail et doit surveiller son rythme cardiaque et éviter toute forme de stress. Les deux hommes deviennent partenaires pour le meilleur et pour le pire et leur première enquête les amènent sur un étrange suicide d’un agent de séurité au port de L.A. qui pourrait bien dissimuler un trafic de drogue.

 

Photo Damon Wayans

 

ALARME FATALE

On ne pourra décemment pas  critiquer cet épisode sans faire de ponts inconscients avec la franchise de Richard Donner. Et c’est bien là tout le problème de la série qui n’arrive pas, dans son pilote du moins, à s’affranchir de son lourd héritage. La première chose qui saute aux yeux, est que le personnage de Riggs a été pas mal édulcoré. Bien sûr, il pète un câble régulièrement, bien sûr il se lance dans l’action alors qu’il ne semble avoir aucune chance de s’en sortir, mais le fond du personnage, son trauma et donc l’utilisation de ce dernier, a pris un sacré coup dans l’aile. Il faut pourtant reconnaitre que Clayne Crawford multiplie les efforts pour composer un Riggs original et nous faire oublier Mel Gibson, et il s’en sort plutôt bien d’ailleurs. Mais rien n’y fait, on pense à chaque seconde au policier historique des films. De son côté, Damon Wayans se montre étonnamment sobre pour qui connait sa filmographie. Son Murtaugh est plus jeune, plus léger et plus dynamique que celui de Danny Glover et la plupart du temps , nous avons l’impression de voir son personnage de Ma famille d’abord avec un badge de flic. Pourtant, les petits changements opérés ici et là s’avèrent fort sympathiques. Le fait de donner aussi un bébé à la famille Murtaugh lie encore plus symboliquement les deux partenaires.

L’intrigue de ce pilote n’est pas des plus folles mais à la limite, ce n’est pas le plus important puisque ce qui comptait était avant tout d’installer cette nouvelle version du duo.

 

Photo Clayne Crawford

 

BOUDIN MOVIE

Et nous sommes donc très partagés sur le résultat final. Si tout semble un peu trop forcé, les deux policiers se montrent rapidement très sympathiques l’un envers l’autre, un peu trop peut-être, puisqu’en 45 minutes, c’est quasiment tout l’arc du premier film qui est plié. Un rapport donc fortement concentré qui nuit à sa crédibilité puisque, sans que l’on sache vraiment pourquoi, Riggs et Murtaugh deviennent potes, le dépressif est immédiatement accepté par la famille de son partenaire et il est évident qu’ils constitueront le meilleur duo de policiers de L.A. (bien qu’ils répètent qu’ils sont le pire).

On n’appréciera pas vraiment le prologue qui nous explique en long, en large et en travers le passé de Riggs, alors que justement, tout le sel du personnage était d’apprendre progressivement pourquoi il était devenu ainsi. De ce fait, Riggs est automatiquement un gentil gars, sympa et tout, mais marqué par un drame terrible. Ce qui nous enlève pas mal de sa dangerosité et nous prive d’une partie de la tension originale, à savoir s’il va péter les plombs, et méchamment, à chaque situation de danger. Comme la barrière morale contre le suicide est érigée dès ce pilote (en gros, il ne peut pas se tuer parce que sinon sa femme morte ne serait pas contente), nous perdons une bonne part de son fonctionnement psychologique en chemin.

 

Photo Clayne Crawford

 

Pour le reste, l’épisode se suit sans déplaisir. Il ne révolutionne rien, fait beaucoup de clins d’oeil aux films dans certaines séquences et dans quelques décors, mais demeure malheureusement assez plat dans son ensemble. Pourtant, nous ne sommes pas en présence de la catastrophe crainte depuis l’annonce de sa création mais il parait évident que la dynamique des héros menace de s’épuiser dans les épisodes à venir.

En l’état, L’Arme Fatale est une série policière basique, efficace sans être passionnante, qui ne fait évidemment pas le poids face aux films dont il s’inspire mais n’a pas non plus à en avoir honte. Bref, une série idéale pour les dimanche après-midi, après un bon repas et juste avant une petite sieste.

 

L'Arme fatale

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Albert

Agree. . Clayne Crawford s en sort quand mm pas mal.. il ajuste les mimics de Gibson à la lettre mais bon comme vous le dites ils n arriveront jamais à la hauteur de leurs aînés. . Effectivement c est très bien pour la sieste

Mouai

Il en manque pour sentir l’ambiance LW. Notamment dans la musique, ça coûtait rien de reprendre les doli de saxo caricaturaux qui faisaient le son de la saga. Déception aussi dans le fait que Riggs semble être un casse cou dés le début (avant son trauma). Et que la subtilité de ce traumatisme n’existe pas.
Pour les intrigue les enquêtes ça m’a l’air correcte, pour le rapport entre les deux il va falloir patienter voir comment ils construisent ça.

Rahan les tape

Est-ce que c’est mieux que Walker Texas Ranger?

Grift

En gros… contre toute attente.. c’est pas si mal que ça apparement.

bibop

on peut la regarder où cette série?