American Horror Story : une saison 7 avec des clowns et un air d'American Nightmare

Geoffrey Crété | 6 septembre 2017 - MAJ : 09/03/2021 15:58
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Affiche

American Horror Story saison 7 démarre avec de premières notes sanglantes et politiques.

Ryan Murphy avait bien essayé de modérer l'idée que la saison 7 d'American Horror Story, articulée autour des élections présidentielles, viserait Donald Trump et Hillary Clinton. La première image du premier épisode est pourtant celle du président des Etats-Unis et de sa rivale démocrate, qui annoncent officiellement leur candidature. 

Une minute d'images plus tard, la campagne a été résumée et la série commence sur la grande soirée des résultats, avec les yeux des personnages rivés sur les écrans. D'un côté, l'étrange et détraqué Kai (Evan Peters), surexcité par la victoire de Trump. De l'autre, la névrosée Ally (Sarah Paulson), qui s'écroule face à l'annonce. L'Amérique est déchirée entre ces deux visages dans cette septième saison intitulée Cult qui emprunte beaucoup à la franchise American Nightmare.

 

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MAKE AMERICAN SCARY AGAIN

L'aspect le plus réussi de ce début de septième saison est sans nul doute la peinture d'une Amérique déchirée. L'élection de Donald Trump réveille les esprits et rappelle la réalité à certains : le gouffre entre les citoyens n'est pas créé mais rouvert, nourri par les convictions, la colère et la violence. C'est la fin du monde pour les uns, et le début tant attendu d'une nouvelle ère pour les autres. La tension est évidente, et le terrain, propice à un jeu de massacre qui s'annonce sans surprise.

Une simple scène de supermarché, où l'héroïne échange avec un caissier avec une assurance malheureuse de démocrate, suffit à installer un climat anxiogène. C'est l'un des moments les plus simples de l'épisode, loin des effusions de sang et des effets sonores spectaculaires, mais néanmoins l'un des plus significatifs.

 

Photo Sarah Paulson

Sarah Paulson, muse de Ryan Murphy à nouveau au cœur de la saison 7

 

Même sans piocher dans l'attirail classique du film de genre, American Horror Story met ainsi en place un malaise trop familier pour ne pas fonctionner. La rencontre entre Kai, Ally et sa femme Ivy dans la rue, suffit à annoncer un effet de bombe à retardement dans la saison.

Et c'est probablement la petite surprise de cette saison 7 : malgré le retour du clown Twisty et une promo qui donnaient l'impression que l'anthologie allait surfer sur l'engouement autour du film Ça, en salles ce mois-ci, American Horror Story ressemble bien plus à American Nightmare. Avec ces inconnus masqués et armés, ce climat de presque guerre civile, cette électricité sociale et le motif des élections, difficile de ne pas penser à la franchise horrifique-dystopique, et notamment à American Nightmare 3 : Election.

 

American Nightmare 3 : Election, Poster

 American Horror Copy ?

 

BLOOD SIMPLE

Cette septième saison s'annonce donc plus intéressante et riche que les précédentes d'un point de vue thématique, et c'est la moindre des choses vu le manque d'inventivité ailleurs. Côté hémoglobine, rien à signaler : quelques scènes de mise à mort classiques, de jets de sang banals, et d'apparitions ordinaires. American Horror Story a su par le passé s'amuser avec les maquillages, la mythologie et les décors, jonglant entre les genres et les limites du réalisme, mais cette septième saison s'ouvre plus pâlement.

La longue hallucination d'Ally au supermarché illustre bien les limites et tendances paresseuses de la série, avec sa provocation de bas étage, ses frissons inoffensifs et sa capacité à traiter un motif très simple avec une naïveté parfois embarassante. Si les monteurs semblent s'être un peu calmés, économisant les effets qui ont par le passé pollué l'image, ce premier épisode n'offre rien de bien amusant et excitant.

 

Photo Evan Peters

Evan Peters, abonné aux rôles de déglingué

 

Cette sobriété se retrouve également dans la narration. Après une escalade baroque qui a culminé lors d'une saison 5 plus que bancale, alourdie par une somme d'intrigues absurde, American Horror Story avait repris des chemins plus classiques lors de sa sixième saison - très ratée à nos yeux. Cette septième saison continue dans la même direction, avec une histoire centrée autour de seulement quelques personnages : Ally et sa femme Ivy (interprétée par l'excellente Alison Pill), Kai et sa sœur Winter (Billie Lourd, récupérée de Scream Queens, une autre série de Ryan Murphy ). Le cercle va bien évidemment s'élargir dans les prochains épisodes, mais la base dramatique est simple, a priori solide, et surtout elle ne donne pas l'impression d'un cafouillis comme de trop nombreuses saisons de l'anthologie.

L'écriture reste un peu grossière, notamment avec le personnage de Winter et de nombreux dialogues lourdingues, mais rien de bien étonnant : le fan d'American Horror Story est habitué, et a intégré cette formule. Bonne surprise néanmoins : la volonté de ne pas foncer tête la première dans l'anti-Trumpisme primaire en tapant aussi sur les démocrates et en jouant des clichés des deux côtés (la très névrosée Ally qui explique ne même pas avoir voté pour Hillary Clinton).

 

Photo Billie Lourd

Winter (Billie Lourd) : le personnage le plus étrange et intrigant de ce début de saison 

 

CULT(E)

Encore bien des mystères restent à découvrir : l'omniprésence des abeilles dans la promo relative à l'une des phobies d'Ally, les véritables motivations de l'étrange Winter, la nature de ce culte qui donne son titre à la saison, l'aspect fantastique qui semble pour le moment incertain, ou même la présence de Lena Dunham au casting alors que l'un des personnages la cite directement.

La fin de l'épisode, cliffhanger classique mais efficace, donne certainement envie de regarder la suite pour savoir où Cult compte aller, et ce que cette saison va raconter. Car l'espoir d'une nouvelle ration de frissons et de folie déglinguée à la hauteur d'une bonne saison, comme la deuxième, perdure.

 

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