Game of Thrones - Saison 7 épisode 1 : Tiens voilà du dragon !

Mise à jour : 22/07/2017 10:07 - Créé : 17 juillet 2017 - Jacques-Henry Poucave
Photo Lena Headey
147 réactions

Youpie Youkaïda, Game of Thrones est de retour, pour une avant-dernière saison qui aura fort à faire pour nous convaincre qu’elle a plus à raconter qu’une ultime bataille entre Nord et Sud, Dragons et Marcheurs Blancs.

ATTENTION SPOILERS.

 

Photo

Arya est quand même un poil fatiguée

 

BACK IN THE GAME

Nous retrouvons l’instigateur des Noces Pourpres, Lord Frey, pour ce qui ressemble fort à un flash back, à moins que nous n’assistions à une nouvelle ruse d’Arya, quelques heures seulement après l’assassinat qui concluait la saison précédente. C’est bien ce qui se dessine alors que les convives de Frey, la cour qui avait assisté aux noces qui causèrent la perte de Rob, son épouse et sa mère, meurent empoisonnés.

Le temps d’une réplique iconique comme il faut, Arya nous fait comprendre que sa quête de vengeance n’en est qu’à son commencement, alors qu’elle observe, satisfaite, les dizaines de corps qui jonchent la salle du banquet.

Du côté des Marcheurs Blancs, c’est la grosse grosse teuf, entre cavaliers sépulcraux et zombies pas toujours jouasses. L’occasion de constater que HBO a toujours un portefeuille de malade, mais aussi que nos camarades morts-vivants recyclent sans pitié les troupes adverses, comme en témoignent les géants dépecés qui ont rejoint leurs rangs, jadis atouts dans les troupes de leurs adversaires.

Bran, suffisamment exceptionnel pour être noté, retrouve enfin des êtres humains, et pas n’importe lesquels, puisqu’il s’agit de la Garde de Nuit, pas insensible au débarquement imprévu d’un petit Stark inattendu.

 

Photo

On vous rassure tout de suite, on ne devrait pas voir ça avant une demi-douzaine d'épisodes

 

De son côté Jon Snow continue de s’imposer en chef de guerre. Ayant manifestement oublié de préparer sa réunion d’état-major avec sa sœur, il a droit à une petite leçon de stratégie de la part de Sansa, qui lui  rappelle gentiment que ce n’est pas en faisant des poutous aux bannerets qui l’ont trahis qu’il va imposer son autorité. Nous rappelant qu’il est toujours (avec Khaleesi) le seul bisounours de la série, il tient bon et refuse de punir dans un gros festival de tripes les descendants qui l’ont trahis. Cohérence scénaristique, ou réduction du budget intestins de HBO, seul l’avenir le dira.

Sansa n’apprécie tout cela que très modérément et laisse comprendre à son frangin qu’il va devoir muscler son jeu s’il ne veut pas se transformer en esquimau à la viande. Preuve que le personnage de Kit Harington est encore digne de survivre, il réalise qu’il serait peut-être temps d’écouter sa sœur. Soit l’occasion pour nous de voir que l’écriture du personnage s’est considérablement affinée, et n’oscille plus entre une vulnérabilité juvénile trop appuyée, ou une tendance machiavélique artificielle. Sansa est une survivante, et entend bien convaincre son frère de voir le monde à travers ses yeux.

 

Photo Sophie Turner

 

LE TRONE DES DER

Du côté des Lannister, l’ambiance n’est pas exactement à la super teuf, surtout depuis que Jaime a (bien involontairement) provoqué la mort de sa fille adorée. Avec la froideur qui la caractérise, Cerseï fait le catalogue de ses innombrables ennemis, d’autant plus redoutables que les fonds du clan viennent à manquer.

 

Photo Nikolaj Coster-Waldau, Lena Headey

Cerseï, sur le point de sortir une grosse, grosse blague

 

Jaime tente de raisonner sa sœur et maîtresse, mais rien n’y fait. Le mélange d’instinct de survie, de misanthropie et de rage qui l’ont toujours motivé paraît plus puissant que jamais. Même sans descendance ni alliés, reine d’un royaume qui se dérobe sous ses pieds, elle refuse d’envisager autre chose qu’une défense sauvage.

Afin de s’assurer un semblant de protection, elle a convié les Greyjoy à la rejoindre et à protéger Port-Réal. Une perspective qui déplait souverainement à Jaime, qui voit dans cette manœuvre un échec à venir comparable à toutes les alliances sanglantes signées par sa famille ces dernières années. Mais si les Greyjoy daignent soutenir la couronne, c’est dans le seul but de permettre à leur leader d’épouser Cerseï.

Sous les yeux médusés de Jaime, la Reine refuse l’offre, mais laisse voir qu’elle n’est pas indifférente à la proposition qui lui est faite.

 

Photo

(Insérer légende pertinente sur la voilure des jolis vaisseaux numériques)

 

PANIQUE AU SALON DU LIVRE

Quant à Sam, il découvre les joies des tâches ménagères, et réalise qu’il ne suffit pas de travailler pour une bibliothèque au rayonnement mondiale pour se défaire des aléas de la digestion. Son sort est d’autant plus rageant que renvoyé au rang de grouillot, il doit assister nombre de moines ayant accès à des ouvrages rarissimes et révérés.

À la faveur d’une autopsie, il essaie tant bien que mal de faire savoir à son Maître qu’il aurait tout intérêt à pouvoir étudier librement, afin de se renseigner sur les stratégies à adopter contre les troupes des Marcheurs Blancs. Malheureusement, son interlocuteur s’en moque comme d’une guigne, plus désireux de le mettre à l‘épreuve que de lui offrir les portes du savoir.

Pour le coup, ce que nous retiendrons, c’est que Game of Thrones en profite pour donner un rôle au texte férocement bien écrit à Jim Broadbent, brillant acteur anglais, qui trouve ici l’occasion de nous donner une petite leçon de sobriété.

Quoi qu’il en soit, Sam ne jouera pas l’affrontement frontal et profitera des ténèbres de la nuit tombée pour subtiliser un ouvrage dont il estime avoir besoin.

 

John Bradley

Sam, en mode fennec de bibliothèque

 

ALERTE ED SHEERAN

Chez les Stark, Little Fingers fait son possible pour s’attirer les faveurs de Sansa, qui après avoir été traduit plus souvent qu’une star de télé-réalité en cure de désintoxication se montre glaciale comme il faut. Brienne lui fait remarquer que le bon Monsieur Baelish a sans doute plus d’une idée derrière la tête.

Histoire de nous en mettre plein la vue, la série nous balance une grosse guest star bien dodue, en mode bim Ed Sheeran chante au coin du feu alors qu’Arya se promène dans les bois. Tout être humain normalement constitué en pleurerait des larmes de sang avant de s’arracher les tympans fissa, mais il en faut plus pour impressionner Arya, qui entre deux blagounettes annonce qu’elle va saigner la Reine.

 

Photo

 Mesdames et messieurs, ED SHEERAN

 

LE LIMIER AUX PETITS PIEDS

Toujours aussi peu désireux de mener une existence satisfaisante, Le Limier se balade à cheval dans un décor trop enneigé pour être honnête. Ses frères d’armes font leur possible pour trouver des vivres dans une bâtisse manifestement abandonnée, seulement occupée par les cadavres de ceux qui furent ses occupants. Tous ces joyeux drilles en profitent pour causer destinée, versatilité de l’univers et fragilité de l’existence.

On ne peut pas dire que cela bouleverse l’intrigue, mais on sent que nos showrunners ont envie de rappeler qu’ils sont toujours capables d’emballer des dialogues de très haute tenue, dès lors que l’action ralentit, et que les personnages peuvent s’épanouir. Conscient que les hommes avec lesquels il fait route sont porteurs de pouvoir qui le dépassent, Le Limier accepte néanmoins de dialoguer avec leur meneur, qui lui rappelle comment il l’a vu ressusciter un homme.

 

Photo

 

Il n’en faut pas plus à notre montagne de muscle défigurée pour avoir une bonne vision, bien glauque et sinistre, où il est question d’un château, de zombies et d’autres trucs qui n’inspirent pas pleinement la confiance. Manifestement, cette expérience extra-sensorielle n’a rien de bien folichon, puisqu’il préfère s’en aller creuser des tombes pour les habitants putréfiés de la cabane. Comme on dit dans la Creuse : c’est toujours ça que les asticots n’auront pas. Enfin, pas tout de suite.

 

Photo Emilia Clarke

 

BARBECUE EN VUE

Sans doute pour économiser un peu de son pharaonique budget, la série en revient aux bouquins de Sam, qui découvre des éléments plutôt très importants par rapport aux dragons. Réactif, il décide d’en tenir informé Jon et s’empare d’une plume, ce qui signifie que le sieur Snow devrait être informé de ce rebondissement d’ici une petite dizaine d’épisodes. Mais notre scepticisme est pulvérisé quand, nourrissant les souffrants, Sam tombe sur Lord Friendzone (Jorah Mormont), dont la maladie a encore empiré (mais pas la capacité de téléportation).

 

Photo

 

Signe que Game of Thrones ne veut surtout pas que vous zappiez, on termine en beauté sur la Khaleesi et ses dragons. Pour la première fois de la série, le personnage foule la terre qu’elle est persuadée de devoir régenter. Une séquence fondamentale, propre, mais qui manque clairement de souffle épique ou de la symbolique qu’appelle une séquence attendue depuis… Bientôt six ans !

C’est lors de ses ultimes secondes, alors qu’Emilia Clarke retrouve un peu d’une superbe dont le script l’avait privée depuis son arrivée à Meereen, que le souffle épique du récit nous saisit soudain. Oui, enfin, Daenerys est face à son destin, et on voit mal ce qui pourrait l’empêcher de l’accomplir, dans un déluge de flammes.

 

Photo

 

Blagounettes mises à part, cet épisode marque une véritable rupture avec la tradition de Game of Thrones. C’est bien simple, depuis l’ouverture de la saison 2, jamais le show ne nous avait proposé un épisode introductif aussi dense. Avancées scénaristiques notables, absence de répétitions embarrassantes, rythme ample, qui ne paraît jamais précipité, cette entrée en matière est tout simplement idéalement conçue pour nous replonger dans l’œuvre dérivée des écrits de George R.R. Martin.

On ignore encore si HBO sera capable de maintenir cette intensité et cette tenue technique (l’épisode est un des plus beaux de ces dernières années), mais force est de constater que la série montre les muscles, avec une maîtrise qu’on ne lui connaissait plus.

 

Photo

commentaires lecteurs votre commentaire !

Cervo 18/07/2017 à 17:40

@ComprendsPas

Oui donc.

J'ai passé deux premieres saisons remarquables. Une troisième très très inégale, mais à la conclusion très puissante.
Or, à mon sens la série a alors subi le même problème que les bouquins, à savoir l'improvisation assez évidente par endroits de Martin. Du coup, il faut un temps infini avant que l'histoire n'ait quelque chose à raconter et ce quelque chose n'est finalement qu'une énorme bataille.
ça ne veut pas dire que je n'ai pas envie d'en suivre le développement. De voir comment ça évolue, en bien, ou en mal.

Et comme je disais, une série qui est un tel phénomène, ça m'intéresse en soit.
C'est comme Westworld, pour le coup j'ai vraiment trouvé ça intégralement nul, mais vraiment dans tous les domaines (acting mis à part)

A part un épisode (le premier twist avec Bernard), c'est d'une platitude absolue, c'est régulièrement peu cohérent, c'est lourd et facilement trois fois trop long, alors que le scénar ne propose rien qui n'ait été déjà traité dix fois mieux ailleurs ces 40 dernières années.

Mais, pour beaucoup, c'est de la grande SF. Donc je veux suivre, essayer de comprendre ce qui me déplaît, et peut-être éventuellement, ce qui plaît. Pourquoi ce truc que j'estime franchement indigent est une source de plaisir mais visiblement aussi de réflexion pour des gens que je ne considère pas comme plus bêtes que moi.

C'est tout.

@ComprendsPas 18/07/2017 à 16:31

@Cervo

Alors je suis un peu idiot mais je comprends pas. Ton premier message est du genre "attendez vous avez aimé la bataille des bastards? Pffff! Bande d'inculte allez voir Zulu Dawn avant de parler! Et puis la trame narrative est pourrie depuis la saison 3". Je vois pas ce que viens faire Zulu Dawn (ou tout autres film/série), la scène en question se suffit à elle même, elle est bonne ou elle ne l'est pas. La comparaison n'est pas raison.
Le second point ("trame narrative est pourrie depuis la saison 3") signifie quand même que tu suis une histoire que tu juge mauvaise depuis 3/4 saisons. Perso je vais pas me forcer à regarder la saison 4 d'Homeland ou la saison 1 de MrRobot si je ne les trouve pas bonnes. Je trouve ça assez bizarre de regarder sur une série qu'on aime pas uniquement parce qu'elle fait un carton.

Tu as raison qu'il y a sur les réseaux sociaux des groupe de fan(atiques) qui bloquent toutes discussions/évolutions/adaptations (RIP aux 4 fantastiques). Mais il y a aussi les haineux qui ne viennent que pour dire du mal d'un truc et j'aurais tendance à mettre ton premier message dans cette catégorie.

Cervo 18/07/2017 à 14:13

@ComprendsPas

Oui c'est assez manifeste que tu ne comprends pas.
Déjà, où tu as lu que je n'aime pas GoT ? je trouve la dernière saison ratée et le show en difficulté depuis la saison 4, ça n'a rien à voir avec "ne pas aimer". Comme dit plus bas, j'ai d'ailleurs trouvé Drgonstone très bon.

Et bordel, les réseaux sociaux ont vraiment fait énormément de mal aux spectateurs, qui se sont transformés en fans décérébrés, qui suent dès que quelqu'un critique les emblèmes de leur communauté. C'est chaud.

Ensuite, c'est une des séries les plus regardées à l'heure actuelle. Donc bien sûr que ça a un intérêt de la regarder. Voir un peu ce qui intéresse et émeut un grand nombre de personnes à un moment donné, c'est intéressant non ?

@ComprendsPas 18/07/2017 à 12:01

@Cervo mais pourquoi tu regardes si tu n'aimes pas? T'as pas de vie ou c'est le plaisir malsain d'exposer une pseudo culture TV/ciné avec des arguments sans valeur qui te pousses à vomir sur GOT?

OWNED 17/07/2017 à 19:00

Oui c'est vrai, les Creusois seraient bien inspirés de prendre les armes.
Ou de rire d'une blague absurde.

Ah mais non, on est sur le net, le repaire des anonymes égotiques passifs-agressifs.

Cervo 17/07/2017 à 18:57

@Kean

Sérieux ? La Battle of Bastards ? Vous avez déjà vu... je sais pas un film. ? Zulu Dawn, au hasard ? Non parce qu'il y a du pognon hein, c'est pas le souci, m'enfin entre le scénar qui n'a aucun, mais alors aucun sens (je ne vais surtout pas dire à mon frère qu'on a des renforts, comme ça bah il va agir en l'ignorant et probablement mourir), et une géographie complètement incohérente, on a surtout une débauche de moyens, très, très, mal utilisés.

On passe sur tous les décors de Meereen, dégueu depuis 3 saisons, et les soubresauts sénaristiques pour parvenir à s'en débarrasser.

On passe aussi sur le néant narratif de la saison qui précède.

Depuis la saison 2, voire la saison 1, je n'ai pas vu d'entame aussi solide. En même temps c'est pas dur, GOT s'est totalement écroulée en cours de saison 3, et n'a pas depuis fourni autre chose que des ouverture en forme de résumés lourdingues.

Kean 17/07/2017 à 18:47

"...avec une maitrise qu'on ne lui connaissait plus"
Correction, que Poucave ne lui connaissait plus car certains ont juste halluciné sur les deux derniers episodes de la saison precedente dont la Battle of bastards..
Et il y en a d'autres.
Poucave a coté comme d'hab.

Jide31 17/07/2017 à 17:48

Les Creusois apprécieront vos commentaires moqueurs...

Dredd 17/07/2017 à 14:14

''La Montagne accepte néanmoins de dialoguer avec leur meneur''

Vous confondez beaucoup La Montagne et Le Limier... C'est pas la première fois en tout cas.

votre commentaire