Fear the Walking Dead Saison 1 épisode 1 : un pilote mort-vivant

Jacques-Henry Poucave | 24 août 2015
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Précédé par une série au succès planétaire, fort d’un concept aguicheur et porté par un casting prometteur, Fear the Walking Dead paraît destiné à un immense succès. Robert Kirkman va-t-il renouveler le miracle accompli en comics et une première fois sur le petit écran ?

 

Malgré son sujet en or et l’attente des spectateurs, cette entrée en matière aura bien du mal à convaincre. A vrai dire, il paraît même difficile d’en comprendre l’orientation, ou de voir quelle est logique qui a bien pu mener AMC à valider un pilote qui passe à ce point à côté de son sujet. Pour un peu on jurerait que la chaîne américaine tente uniquement d'attirer encore plus de public vers sa marque repère, sans même essayer de nous proposer un show de qualité.

 

Une Famille Formidable

Fear the Walking Dead peut remercier Kim Dickens et Cliff Curtis, ses deux comédiens principaux. Ils sont la seule et unique raison de ne pas sombrer dans le coma en cours de visionnage. Charismatiques, professionnels, ils tiennent cette entrée en matière sur leurs épaules, malgré le manque d’intérêt flagrant de leurs personnages.

Ils forment ainsi une famille recomposée telle que cinéma et séries nous en ont déjà offert des kilotonnes, nourries aux clichés les plus rances. Fiston rebelle et camé jusqu’aux yeux, bambins regrettant le bon temps d’avant, tous les clichés de la smala qui n’attend que la tragédie pour s’unir nous sont servis, bien tièdes comme il faut. Plus embêtant, on ne peut pas dire que pour le moment, aucun des enfants du couple ne fasse preuve du charisme ou du talent qui donne envie de le suivre.

 

Subtilité quand tu nous tiens

Certes, Walking Dead n’a jamais été réputé pour la psychologie de ses personnages, ni pour sa finesse. On pouvait néanmoins espérer que, libéré du poids de l’adaptation et conforté par le succès de son aîné, Fear the Walking Dead nous offre une entrée en matière digne de ce nom. Hélas, 1h04 de pilote ne sont visiblement pas suffisants ni pour faire embrayer véritablement le récit, ni pour le délester de ses stéréotypes.

Voir Cliff Curtis donner ses cours de littérature et insister lourdement sur « l’instinct de survie », citant Jack London, s’avère d’un ridicule achevé. Les quelques points avant-coureurs de l’épidémie à venir sont également amenés avec une grossièreté embarrassante, comme si la série avait été conçue au pas de course, avec pour seule ambition de rameuter encore un peu plus de public, sans jamais essayer de le surprendre ou de le malmener.

 

Pas de zombies, pas de chocolat

Mais le problème le plus grave de Fear the Walking Dead, c’est essentiellement sa tendance à nous prendre pour des abrutis. Après avoir balancé son premier mort-vivant au bout de trois minutes, dans une séquence qui rappelle un peu trop 28 Jours plus tard, quasiment plus aucun signe des infectés. Difficile à avaler. Bien sûr, on n’attend pas l’apocalypse dès l’ouverture du show, mais nous faire croire qu’il y a déjà des zomblards qui se baladent, et que la chose passe quasiment inaperçue est dure à avaler.

Voilà qui nous amène au problème central du show, déjà présent (mais moins sensible) dans Walking Dead. Le scénario prend place dans notre réalité et à notre époque. Sauf que curieusement, personne n’a la moindre idée de ce qu’est un zombie. Le mot n’existe d’ailleurs même pas. On pouvait l’accepter dans Walking Dead, qui se déroulait après l’apocalypse et pouvait donc faire l’économie des références à la pop culture contemporaine, mais dans ce contexte, cette volonté d’ignorer bravement son héritage apparaît comme ridicule, risible et particulièrement agaçant.

Voir ainsi ces personnages, auxquels nous devons nous identifier, s’interroger sur ce curieux phénomène qui pousse des cadavres à se relever et manger d’honnêtes citoyens, quand le spectateur, lui, a envie de leur hurler : « ce sont des ZOMBIES ! » nuit considérablement au show.

 

Le pilote de Fear the Walking Dead est globalement un échec. Enchaînement de poncifs, écriture lourdingue, enfilade de mauvaises idées, la série démarre très mal. Mais heureusement, ce qui nous intéresse principalement, à savoir le moment où l’épidémie va s’emballer, reste encore à traiter. On espère que l’arrivée massive des morts-vivants permettra à Robert Kirkman de retrouver ses marques et surtout d’éliminer quelques personnages d’ores et déjà très agaçants. On croise les doigts.

commentaires lecteurs votre commentaire !

REA
26/08/2015 à 18:01

Je savais qu'EL allait détester.

J'ai trouvé le personnage de Nick super. L'acteur est excellent. Tout part de lui.
Sa soeur, en plus d'être physiquement intelligente n'est pas en reste. Ne congratuler que Kim et Cliff, je trouve ça petit.

Les zombies sont déjà là, et ailleurs. Celui qui se fait prendre son couteau par le personnage de Kim est déjà au courant de la menace. Ce virus, ou la grippe comme ce terme revient souvent. Quelque chose ne va pas, mais aucune info de la part des autorités. La menace est ignorée, légère, puis palpable.

Je ne me suis pas ennuyé. C'était bien rythmé. Bien écrit. Kirkman a appris de son brouillon TWD. Du moins pour l'instant.

Simon Riaux - Rédaction
26/08/2015 à 13:05

@2flicsamiami

C'est effectivement Jean-Baptiste Thoret qui parlait de cette problématique de la critique de série. Du coup, on essaie, on expérimente.

2flicsamiami
26/08/2015 à 12:22

Je crois que c'est Jean Baptiste Thoret, excellent critique de cinéma, qui avait souligné le fait que le format "série" n'avait pas encore trouvé sa critique. Car, en effet, doit on juger une série épisode par épisode, saison par saison, ou bien attendre qu'elle soit arrivé à son terme pour enfin émettre un avis définitif ?
De mon point de vue, la démarche éditoriale adoptée par Ecran Large concernant les séries n'est pas mauvaise dans le sens où le critique juge les épisodes un à un et émet ensuite un avis global sur la saison au terme de sa diffusion.
Après, on est d'accord ou non avec les arguments avancés par le critique, et il est, selon moi, tout à fait normal que l'on attende beaucoup d'un pilote, qui plus est quand celui-ci est un spin-off d'une série qui en est déjà à sa sixième saison.

Poulpi
25/08/2015 à 11:59

Ahahhahaha le gros menteur qui espère que personne ne va checker.
IndieWire, Hollywood Reporter, Variety et Etertainment Weekly et Vulture expliquent que c'est bien mauvais.

Mais à part ça la presse américaine a aimé hein :)

bof
25/08/2015 à 10:49

@Virgile: la presse US a aimé, donc EL doit aimer?

Virgile
25/08/2015 à 10:36

Lol, je viens de passer une bonne heure à lire la presse US sur la série... Et leur analyse est totalement l'inverse d'écranLarge ?! Sans parler du public...
EcranLarge a t-il prit la peine de faire une vrai analyse objectif ou à supposé que seul son avis comptait?!
En tout cas bien joué, dans les moteurs de recherche l'article cartonne ! :-) Good Rank !

Clem
25/08/2015 à 00:34

Je trouve la critique d'écran large un peu dure.
Le pilote met en place la série. Personnages, ville, situation,... Ça vient doucement et tant mieux.
Le seul point où je suis d'accord, c'est sur le fait que les zombies (ceux du début par exemple) disparaissent.

Le fils, drogué, est pour moi le meilleur acteur de ce 1er épisode.

Zorro MDR
25/08/2015 à 00:07

Sérieux a chaque fois qu'il y a un commentaire sur un article du site c'est pour dire que la Rédaction fait de la merde mais sérieux les gars changer de site tout simplement la vous perdez du temps a lire un article que vous trouverez mauvais, qui ne vous intéresse pas et en plus sur un site que vous n'aimez pas ! sérieusement soit vous êtes de mauvaise fois soit vous n'avez vraiment rien d'autre a faire ?! Si la rédaction a envie de dire "c'est de la merde" qu'ils le disent, on appel ça une opinion !!! Vos commentaires ne sont plus de l'opinion mais du harcèlement sérieusement !

JackieBoy
24/08/2015 à 22:26

Regardez plutôt Z Nation! Plus gore et plus drôle!

Karlito
24/08/2015 à 20:36

Lisez plutôt la bédé d'origine. Les personnages ont plus de consistance, l'histoire est plus violente, désespérée et ne fait du drame familial à la zébulon, de plus le récit expose un univers plus large au fur et à mesure que l'on suit le groupe, et on accroche aux persos, contrairement à sa version télé... Même la série ne peut tout montrer. Plus haut, j'ai dit avoir arrêté à la seconde saison, car je trouvais la bédé beaucoup plus prenante... Ceci dit j'ai arrêté de la lire aussi, trop noir sur la durée.

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