The Artful Escape : l'immanquable odyssée musicale à laquelle vous devez jouer

JL Techer | 25 janvier 2022 - MAJ : 25/01/2022 12:31
JL Techer | 25 janvier 2022 - MAJ : 25/01/2022 12:31

Après un passage sur Xbox et PC, The Artful Escape, l'un des meilleurs jeux indés de 2021 arrive enfin sur PlayStation et Nintendo Switch.

Fracis Vendetti, jeune prodige de la guitare de 17 ans, vit avec sa mère dans une petite ville du Colorado. Une ville, sorte d'écho de Memphis dans le Tennessee totalement obsédée par l'ombre d'Elvis Presley, où règne le fantôme de feu l'oncle de Francis, un célèbre chanteur de folk qui a connu une immense gloire par le passé. À la veille de son premier concert public, le jeune homme ressent une terrible pression.

Pour l'occasion, il s'est fendu de quelques morceaux à la Bob Dylan, parlant de perte, et de la quête d'un père, afin de se montrer digne du legs de cet oncle disparu. Mais il y a une corde désaccordée sur la guitare des envies de Francis : il n'a que faire de la folk, son coeur brûle pour un prog-rock flamboyant. Sa détresse est entendue par un alien, il troque son costume contre une catsuit spatiale incrustée de LED façon Power Ranger et part à travers l'espace en quête d'inspiration dans une échappée belle artistique : The Artful Escape.

 

The Artful Escape : photoToute ressemblance avec des chanteurs connus est volontaire

 

The Artful escape experience

La quête de Francis pour devenir le plus grand rockeur de la galaxie prend la forme d'un jeu de plateforme assez classique. Le héros traverse des niveaux dans un side-scrolling tout ce qu'il y a de plus convenu, armé de sa guitare pour arme, et de son envie de conquérir le monde de la musique pour seul moteur.

Là où The Artful Escape frappe très fort, c'est dans sa direction artistique et dans son propos totalement en dehors des sentiers battus. Certains décors évoquent les illustrations fleuries et psychédéliques des albums de The Jimi Hendrix Experience et de Cream (impossible de ne pas penser à Disraeli Gears par moment). Le jeu propose d'explorer des terres inconnues, et tient sa promesse de découverte de bout en bout. Rarement jeu vidéo n'avait été aussi loin dans un design hallucinogène des niveaux traversés.

 

The Artful Escape : photoUne direction artistique complètement folle

 

Le jeune guitar-hero passe ainsi de panoramas enneigés à des champignons géants, lointains échos d'un Super Mario Bros. sous LSD, puis poursuit sa route vers des systèmes solaires en suspension, tout en croisant les lampadaires issus du Monde de Narnia. Le jeu développé par Beethoven & Dinosaur pour le compte d'Annapurna Interactive offre un spectacle de tous les instants, qui donne parfois envie de poser la manette pour simplement se laisser embarquer dans ces paysages hallucinés au son de sa fabuleuse bande originale.

Car plus encore qu'un action-plateforme, The Artful Escape est avant tout un jeu musical. Il n'est pas question ici de jeu de rythme à la Guitar Hero, mais bel et bien d'un titre dont la colonne vertébrale dont les corps et âme sont la musique. Et de ce point de vue, il est tout bonnement irréprochable, pour peu que l'on ait l'âme un minimum mélomane.

 

The Artful Escape : photoEpic guitar battle

 

Rock'n'rolL Baby !!!

Le titre d'Annapurna Interactive est une déclaration d'amour à la musique. Toute la bande-originale, 100% inédite, créée par Johnny Galvatron et Josh Abrahams, va de la folk la plus intimiste (la bouleversante Father) à l'hommage assumé à Prince (la très groovy Village Turntable), toujours avec une science de la composition qui force le respect. À aucun moment, on a une impression de "déjà entendu", et les morceaux ne se répètent jamais. Un exploit pour un jeu dont la durée de jeu est de cinq à six heures.

Pour compléter cet écrin audio de haute volée, le jeu peut compter sur un casting vocal quatre étoiles pour camper une galerie de personnages azimutés au possible. Jason Schwartzman (A bord du Darjeeeling Limited) joue un cerveau flottant dans un bocal, Mark Strong (Kingsman) est un producteur de musique intergalactique, l'alien-mentor du héros est incarné par un Carl Weathers en grande forme, et Lena Headly, la Cersei de Game of Thrones, campe une entité cosmique toute-puissante, à la fois terrible et fascinante. Chaque acteur donne de la voix avec une sincérité et une justesse bluffantes, touche finale à un tableau déjà grandiose.

 

 

Bien que le jeu souffre d'un gameplay assez limité, en particulier pendant les passages de joutes de guitares, d'un challenge peu relevé et d'un manque de rejouabilité, il reste une proposition qui saura réjouir les gamers avides de nouvelles expériences. Après un passage remarqué sur PC et Xbox, et une incursion sur le Game Pass, The Artful Escape arrive sur PlayStation et sur Nintendo Switch le 25 janvier 2022. Cela sera l'occasion pour lui d'aller toucher un public toujours plus grand.

L'odyssée prog-rock de Francis Vendetti est bien plus qu'un jeu d'action-plateforme. Il s'agit d'un récit initiatique dont le coeur repose sur la façon dont il faut se libérer des attentes créatives des autres afin de pouvoir pleinement exprimer son potentiel. Ce voyage musical est incroyablement touchant, et parlera à l'âme de l'adolescent de 17 ans qui subsiste encore dans le coeur des joueurs adultes d'aujourd'hui. Mais le jeu est aussi un magnifique manifeste sur la façon dont Annapurna Interactive crée ses jeux : sans regarder la concurrence, et en fonçant, avec une énergie et une envie quasi juvénile, vers des routes créatives encore inexplorées.

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