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Longlegs : la fin satanique expliquée par le réalisateur du petit phénomène horrifique

Par Geoffrey Crété
15 juillet 2024
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Le réalisateur et scénariste Oz Perkins a expliqué le choix de cette fin pour Longlegs, son thriller satanique qui cartonne déjà au box-office.

En 2023, la bonne surprise Misanthrophe (How to Catch a Killer) avait assuré l’héritage du Silence des agneaux. Dans la peau de la jeune recrue du FBI aux instincts extraordinaires, Shailene Woodley y était sur les traces d’un tueur en série visant ses victimes avec un fusil de sniper. En 2024, c’est Maika Monroe qui reprend le flambeau dans un autre hommage : Longlegs.

Le film écrit et réalisé par Oz Perkins (Gretel et Hansel, I Am the Pretty Thing That Lives in the House) recycle plusieurs éléments familiers, avec notamment une jeune détective inexpérimentée mais particulièrement douée, et un personnage de psychopathe qui entretient un lien spécial avec elle. Mais avec une petite touche pour relever le goût : le satanisme, comme l’a largement mis en avant la promo du film.

Alors que Longlegs a démarré du feu de dieu du diable au box-office domestique, marquant un record pour le distributeur Neon, le réalisateur et scénariste Oz Perkins est revenu sur la fin du film, et ses intentions.

ATTENTION SPOILERS SUR LONGLEGS

LA FIN DIABOLIQUE DE LONGLEGS

Pour rappel, Longlegs se termine plutôt mal pour l’héroïne Lee Harker, incarnée par Maika Monroe. Après avoir compris que le tueur en série Longlegs lui avait rendu visite lorsqu’elle était enfant, elle découvre qu’il a bel et bien un complice : sa mère, qui a accepté de devenir un suppôt de Satan pour la sauver.

En échange de la vie de Lee, Ruth Harker a ainsi œuvré aux côtés de Longlegs. Déguisée en nonne, elle a déposé l’étrange poupée des enfers dans différentes familles, permettant au Diable de s’immiscer chez ses victimes – en plus de proposer un remake du Conjuring-verse qui sera toujours moins pire qu’Annabelle 3.

Arrivée trop tard pour sauver son collègue et sa femme, Lee parvient à protéger leur fille. Mais pour y arriver, elle doit tuer sa mère d’une balle dans la tête.

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J’ai tué ma mère

Chez Variety, Oz Perkins explique qu’il a toujours eu cette fin en tête. Le Diable devait gagner, et détruire l’héroïne :

« Ça a toujours été la fin. La fin devait être tragique. Le Diable gagne encore. L’une des choses amusantes quand on utilise le Diable comme méchant, c’est que le Diable ne veut jamais dominer le monde. Le Diable se dit toujours : « Je vais juste faire chier cette personne, foutre en l’air cette famille, bousiller cet enfant, tourmenter ce prêtre ». C’est jamais : « Je vais bouffer tout le Vatican ». Ça ne va jamais jusque là pour moi avec le Diable. Le Diable est un peu plus joueur et amusant que ça. L’histoire de Lee Harper se termine avec la fin de ce film. La dernière balle qu’elle tire est la pire chose qui puisse lui arriver.« 

Chez Den of Geek, il continue :

« On pourrait dire que tout le film, et tous les crimes de Longlegs, du tout premier jusqu’à la famille Carter, sont là pour amener cette pauvre fille au moment où elle tire dans la tête de sa mère. C’est l’épanouissement, le : « Ouais, j’ai fait ça » du Diable.« 

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J’ai rencontré le diable

ET NICOLAS CAGE ALIAS LONGLEGS ?

Oz Perkins a également parlé du choix de tuer le fameux Longlegs avant la fin du film. En effet, le psychopathe incarné par Nicolas Cage (derrière quelques kilos de farine) se fracasse la tête sur une table devant Lee au milieu de l’histoire, en criant « Gloire à Satan !« . Un moment inattendu, voire décevant, pour celles et ceux qui pensaient que Longlegs serait dans le top 5 des performances de Nicolas Cage, aux côtés de Embrasse-moi vampire, Ghost Rider 2, Volte-Face et Deadfall.

Interrogé sur une autre version du scénario où Longlegs aurait potentiellement été là plus longtemps, Oz Perkins a répondu (ou presque) à Variety :

« On était très conscients de nos références et on voulait créer une pièce de pop art. Chaque fois qu’on pouvait copier ou voler quelque chose d’un grand film de tueur en série, on voulait le faire. C’est juste Seven. Je pense que Kevin Spacey a trois ou quatre scènes, non ? […] Il est toujours présent, ce qu’on a avec Nicolas Cage aussi, comme si on avait la présence de quelque chose. Mais une fois qu’il a été arrêté, c’est presque anticlimatique et décevant. Bien sûr, il est central dans le climax de Seven, mais j’adore le fait que John Doe se rende de lui-même à la police. On voulait en quelque sorte… « voler » n’est pas le bon mot… « emprunter » est plus proche de ce qu’on faisait. »

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My body is a cage

Dans tous les cas, c’est une victoire pour Oz Perkins et le distributeur du film, Neon. Avec un budget de 10 millions, Longlegs a déjà encaissé plus de 22 millions pour son démarrage au box-office domestique. À titre de comparaison, Immaculée (le récent film de Neon) a fini sa carrière avec 27 millions au box-office mondial, et It Follows (avec Maika Monroe), avec seulement 21 millions.

Le distributeur a fêté ça avec un tweet à la gloire de Satan, en disant que Longlegs était le film numéro 1 aux États-Unis (derrière Moi, moche et méchant 4).

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Nemo Marc

LONGLEGS un polar grotesque qui ne rivalise pas avec les films comme Le Silence des Agneaux réalisé par Jonathan Demme et ZODIAC réalisé par David Fincher

☆ pour Maika Monroe

sylvinception

Nicolas Cage avec son maquillage fait plus rire qu’autre chose…
Alicia Witt grosse erreur de casting, je la connaissais de par la série Mon Oncle Charlie, c’est dire si je la trouve crédible dans ce rôle.

A trop vouloir jouer au malin (lol désolé) et sur trop de tableaux (thriller + occulte + horreur), Perkins s’est paumé en route.

AlainMic

Merci d’avoir dévoilé une bonne partie de l’intrigue dans votre critique ! « Ça se termine mal pour l’héroïne, le tueur lui a rendu visite lorsqu’elle était enfant, il a  un complice : sa mère, qui a accepté de devenir un suppôt de Satan pour la sauver ». Non mais, ça va pas !