Que vaut Justice League Dark, le nouveau film animé de DC Comics ?

Christophe Foltzer | 7 février 2017
Christophe Foltzer | 7 février 2017

Si la division cinéma de DC Comics multiplie les difficultés et se vautre dans la formule Marvel pour essayer de remporter la bataille, la partie animation elle, se porte plutôt bien et n'hésite pas à verser dans le ténébreux. Une preuve supplémentaire avec Justice League Dark.

Parce que voyez-vous, par une cruelle ironie, le fan du DC sombre et adulte est obligé de se tourner vers les dessins animés pour trouver sa pitance. Ce qui est quand même sacrément rigolo quand on y réfléchit deux secondes. Un média supposément destiné aux enfants et qui plonge dans ce que l'univers DC a de plus hardcore à offrir. Et, il faut bien avouer que Justice League Dark n'est pas pour les jeunes gamins.

Il se passe des drôles de trucs dans le monde et la Justice League est un peu dépassé. Plusieurs incidents apparemment sans liens impliquent des visions de démons qui poussent d'honnêtes citoyens à commettre les pires outrages. Après que Wonder Woman ait arrêté une femme qui venait de cartonner des passants en voiture, le constat est terrible : la Justice League est impuissante face à ce type de menace, qui relève plus de la magie et des arts occultes. Ce qui énerve profondément Batman, qui n'y croit pas une seconde. Décidant de mener son enquête de son côté, il voit apparaitre dans sa salle de bain, le nom de Constantine. Il se rend donc chez le détective de l'étrange et ensemble, ils montent une petite équipe pour percer le mystère de ces incidents. Une énigme qui remonte à la nuit des temps et implique le passé du sorcier et de quelques uns de ses amis.

 

Photo Justice League Dark

 

SATAN L'HABITE

C'est un vrai plaisir de retrouver le détective des enfers après l'annulation de la série live Constantine et ce n'est pas vraiment une surprise de constater que tout le film tourne autour de lui. Oui, nous assistons à une véritable réhabilitation du personnage, Batman n'ayant qu'un rôle anecdotique de second plan et n'influant pas vraiment sur l'enquête. Cela nous permet de découvrir un autre versant du DCU, plus attrayant que les simples super-héros où magie et démons co-existent pour le meilleur et pour le pire. Rejoint par Zatanna, Boston, Jason Blood / Etrigan et brièvement par Swamp Thing, Constantine nous invite à une véritable plongée dans le monde de l'occulte qui, malheureusement ne tient pas toutes ses promesses.

En effet, et c'est l'un des gros points noirs du film, la réalisation ne tient pas vraiment la route. Si les séquences d'action ont été particulièrement soignées et bénéficient d'une animation impressionnante par instants, le reste du métrage se contente du minimum syndical, de traits simplistes, de mouvements se réduisant au strict minimum et parfois honteusement saccadés. Du coup, ce qui est présenté comme un produit de luxe ressemble davantage à une série télé basique filmée à 15 images / seconde comme on en fait depuis 25 ans et c'est fort dommage. Surtout qu'il y avait vraiment matière à s'amuser, puisque dès que l'on part dans l'action, encore une fois, Justice League Dark montre tout son potentiel et c'est très réussi.

 

Photo Justice League Dark

 

PIEDS DANS LE TAPIS ET POING DANS LA GUEULE

L'autre gros défaut, c'est son scénario. En 1h15 de métrage, le film ne se décide jamais sur ce qu'il veut raconter. Réinvention de Constantine, constitution de la Justice League Dark, ou vraie enquête paranormale ? Le choix n'est jamais fait. En résulte une mise en place terriblement laborieuse qui condamne le film à ne démarrer vraiment que dans sa seconde moitié. Et, à l'image de cette indécision, parlons de l'inclusion de personnages inconnus du grand public. Seuls les connaisseurs trouveront leurs marques immédiatement, le film nous balançant des noms et des backgrounds de façon un peu brute qui destabilisent grandement le spectateur peu famililer de cet univers qui cherche encore à y prendre ses marques pour savourer l'aventure. C'est fort dommage parce que, du coup, cela rend le film très hermétique aux non-initiés et risque d'en rebuter plus d'un.

 

Photo Justice League Darkl

 

Cela dit, le film est loin d'être un échec. Malgré ces défauts très handicapants, il n'en reste pas moins agréable à regarder pour peu que l'on adhère au parti-pris. Si le twist final est crâmé depuis le début, il propose un univers suffisamment étrange et fascinant pour que l'on veuille en savoir plus. Ce qui tombe plutôt bien puisque la conclusion ne laisse aucun doute sur la suite des évènements.

 

Imparfait et brouillon, Justice League Dark l'est assurément. S'il déçoit en regard de sa promesse initiale, le film reste cependant plutôt sympa à condition que l'on baisse ses attentes et son niveau d'exigence. Idéal pour une petite soirée pizza avec les potes avant de se retaper l'intégrale de Buffy contre les vampires.

 


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commentaires

sandman
10/02/2017 à 16:26

franchement ça fait longtemps qu'un animé ne m'avais pas fait autant kiffer ^^ j'aurais préféré un film live mais bon qui c'est un jour peut être.... guillermo bouge ton derch et fait le ce film ....

Nigma
08/02/2017 à 14:12

Terrible se film d animation on en veut encore

John Doe
07/02/2017 à 23:47

J'ai trouvé ce film très bof. En dehors des apparitions d'Etrigan et le ''caméo'' de La Créature du Marais qui sont sympas, rien de bon à tirer de ce film. Warner Animation fait du n'importe quoi avec ses films DC depuis quelques temps. Faudrait qu'ils se remettent en question. Leur dernier bon film était Justice League Flashpoint.

Diez
07/02/2017 à 20:37

C'est con, si on enleve le début de ton commentaire il aurait pu etre interessant.

A part cela, c'est dur de revoir ses exigences à la baisse après le catastrophique Killing joke et le mitigé Teen Titans. On ne veut qu'une chose, un vrai bon film !

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