Livre - Le marketing du cinéma

Sandy Gillet | 29 janvier 2007
Sandy Gillet | 29 janvier 2007

Entre le moment où un film est terminé, c'est-à-dire quand il est prêt à être montré aux spectateurs, et celui qui le voit réellement débarquer dans les salles obscures, il existe une étape essentielle : celle qui permet de le faire connaître au plus grand nombre et de le distribuer dans les meilleures conditions possibles. Pour citer Jean-François Camilleri (actuel DG de Buena Vista International France), auteur du livre Le marketing du cinéma : « C'est le travail des distributeurs, hommes et femmes de cinéma, de passion, de communication, commerciaux, techniciens, créatifs ». C'est de cette étape, ce « (…) passage de relais entre les artistes et le spectateur » dont il est question ici et qui de mieux donc que l'un de ses éminents représentants pour en parler puisque être à la tête de BVI ce n'est rien d'autre qu'être le distributeur en France de Disney, Pixar, Touchstone, Miramax et Ghibli.


Pour les plus curieux il permettra donc de se familiariser avec un monde peu connu du grand public. Divisé en quatre chapitres distincts Camilleri dresse de fait une radioscopie assez exhaustive des différentes étapes et intervenants qui vont aider à faire la notoriété d'un film avant sa sortie dans le seul but d'attirer et de capitaliser sur lui un maximum de spectateurs. Mais là où le livre fait mouche et intéressera au-delà de son cercle d'initiés, c'est en ne se privant pas pour montrer une profession un peu sur le reculoir pris entre les us et coutumes séculiers et réconfortants et l'obligation de repenser sa façon de travailler avec l'arrivée de nouveaux médias tel que l'internet.

Au-delà il donne les clés d'une certaine conception du métier de plus en plus confrontées à la volatilité des nouveaux medias auxquels il faut sans cesse s'adapter au risque d'être en décalage avec le public ciblé ou non. Le chapitre le plus intéressant étant le dernier puisqu'il envisage le « marketing du cinéma face à l'avenir » en y confirmant bien la tendance actuelle qui veut que l'internet devienne progressivement l'un des médias les plus utilisés laissant sur le carreau la presse écrite et la radio…


En conclusion Jean-François Camilleri tord le cou à certaines idées reçues : faux problème du nombre de copies, suprématie du cinéma américain, le marché du cinéma en crise… Et même si son discours ne s'affranchit pas de quelques grossières contradictions (par exemple s'il affirme que trop de communication tue la communication, l'inflation des coûts marketing n'est pas dénoncée pour autant, elle est même saluée), celui-ci reste très lucide et très impartial en se contentant souvent d'exposer les choses même si au détour d'un paragraphe il est bon de lire ceci : « Et s'il est vrai que les films pop corn d'Hollywood ne sont pas forcément les œuvres idéales pour le développement culturel des jeunes français, certaines comédies françaises n'ont rien à leur envier ». Qu'on se le dise donc !

Le marketing du cinéma par Jean-François Camilleri (Dixit, 25 euros)

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