From Paris with love: interview de John Travolta et Jonathan Rhys-Meyers

Pierre-Loup Docteur | 18 février 2010
Pierre-Loup Docteur | 18 février 2010

A l'occasion de la sortie de From Paris with love, John Travolta et Jonathan Rhys-Meyers reviennent sur le tournage de ce film, réalisé par le français Pierre Morel et produit par Luc Besson. Une interview réalisée par Mathilde Lorit.

 

 

Qu'est-ce qui vous a attirés dans ce film ?

John Travolta : Au départ, c'est Luc Besson qui te propose un film ! C'était l'ouverture de la grande porte ! Parce qu'il est génial. Et puis c'est Morel, qui a réalisé Taken, qui réalise ce film : ça aussi c'est très attirant. Enfin, j'ai lu le script : ce personnage est incroyable, très libéré, sauvage ; et j'ai su que je pouvais le faire. Voila, les trois choses qui m'ont plu.

Jonathan Rhys-Meyers : Pour moi, c'est bien sur de travailler avec Luc Besson ; c'est très drôle, parce que Luc ne savait pas que j'avais passé une audition pour Le cinquième élément il y a plusieurs années, et que je n'avais pas eu le rôle, donc il est possible que j'ai une conversation drôle avec lui à ce sujet un peu plus tard. C'est aussi de travailler avec John Travolta, John était déjà intéressé - il était déjà dans le film quand Luc est venu me trouver, et c'est très attirant pour n'importe quel acteur de travailler avec ce grand acteur qu'est John, parce que même inconsciemment, on va apprendre. Il y a quelque chose de très attirant là dedans. Et puis il y a Pierre Morel : j'adore son énergie, j'adore sa manière de faire ses films. J'adore Taken parce que..., vous savez le truc avec les films de Pierre Morel, et ça arrive parfois avec des réalisateurs, c'est qu'ils sont tellement exigeants sur leurs propre réalisation, qu'ils en viennent à oublier qu'ils sont en train de faire un film, c'est purement pour le public et pas seulement pour les quelques 500 personnes qui travaillent dans l'industrie ; et Luc réalise que c'est le public qui est important et c'est la même chose avec Pierre. Quand nous sommes allés à Rosny hier soir, nous avons été dans les cinémas, et on a vu la réaction des gens...c'est pour eux qu'on fait tout ça.

John Travolta : Et le film était ciblé pour ce public.

 

 

Vous rappelez-vous de votre premier jour de tournage ensemble, et la première impression que vous vous êtes faits l'un de l'autre ?

John Travolta : Evidemment la première impression qu'on avait l'un de l'autre est venue des films qu'on a vus avec l'autre ; moi, j'étais plutôt ébloui par son jeu avant de rencontrer Jonathan, il est charmant, il connait ses personnages, il est très professionnel, il apporte vraiment quelque chose de magnifique. J'étais donc impatient de voir comment Jonathan allait interpréter ce personnage. Mais on voulait que notre rencontre à l'écran soit sur une première. Voila, c'était la première des choses.

Jonathan Rhys-Meyers : Pour moi cet élément, évidemment, c'était comme l'idée de Pierre... Il voulait une réaction choc, qu'il y ait deux ou trois secondes où on se découvre à l'écran ; ça n'arrive jamais dans les films. C'est très drôle, parce que lorsqu'on tourne un film, il arrive qu'on tourne la première scène en dernier, et donc vous n'avez pas cette réaction choc. J'aurais connu John depuis 10 ou 11 semaines, et on aurait joué ensemble, et on aurait discuté ensemble.

John Travolta : Ça ne fonctionne pas toujours, mais dans ce film ça marche parce qu'il fallait qu'il y ait un truc un peu bizarre, nouveau pour notre premier contact. Normalement, je ne conseillerais pas de faire quelque chose comme ça, mais là, comme j'ai littéralement rencontré Jonathan pour la première fois, et vice versa, j'ai pensé que ça méritait d'être filmé, et que même si c'était filmé, on pourrait éventuellement le refaire plus tard, mais ça valait le coup d'essayer. Et je pense que cette découverte mutuelle, vous pouviez la voir dans nos yeux, on était vraiment en train de se jauger mutuellement, c'est très original.

 

 

Et la chimie est évidente...

John Travolta : Oui, et on ignorait qu'il y allait avoir une chimie...

Jonathan Rhys-Meyers : Oui, c'est un heureux accident. Une de mes répliques favorites dans le film, ma réplique favorite dans le film...J'ai une petite amie, et c'est aussi une de ses répliques favorites, je lui dis...Il dit : « ...le joueur d'échec... » et je lui dis : « Tu joues aux échecs ? » et il me regarde et me répond : « Est-ce que j'ai une tête à jouer à des jeux de plateau ? »... Je veux dire pour moi c'est la seule chose qu'il y avait à savoir à propos de Wax : non il n'a pas l'air de quelqu'un qui joue à des jeux de plateau... mais il pourrait... et c'est la découverte des différences...

John Travolta : ...et l'écriture est très bonne. Quel cadeau d'avoir un film d'action si bien écrit et avec une très bonne histoire et de très bons personnages...et en fait c'est vraiment la seule raison pour laquelle vous devriez faire un film. Vous ne devriez pas le faire simplement au nom de l'action, jamais...mais celui-ci nous a fait ce cadeau à tous les deux.

 

Et vous avez vraiment l'air de vous être fait plaisir avec vos différents looks à l'écran...

John Travolta : ...oh oui !

 

... Alors, comment avez-vous choisi celui-ci ?

John Travolta : J'adore les looks particuliers, je le fais toujours, je pense que cela aide le public ; le film est un média visuel et je pense qu'il faut leur donner une vision, que ce soit la coiffure de jeune page dans Pulp Fiction, ou la coupe euro trash d'Opération Espadon. La manière dont on porte les vêtements, dont on bouge son corps, ses mouvements, vous devez réaliser un tableau pour le public ; il faut arriver à cette illusion, à votre manière, mais vous devez y arriver d'une façon visuelle. Donc la première chose que vous faites c'est découvrir de quoi il aura l'air. Et ensuite vous découvrez beaucoup de choses parce que... avec d'autres médias, vous les découvrez certainement différemment, mais vous devez le faire de cette manière, donc...J'ai vu des photos de « Soldier of Fortune... euh Soldiers for Hire », et soudain, c'est très glamour ! Il ne m'avait pas habitué à ce look, des écharpes, des vêtements chic, des blousons en cuir, la tête rasée, c'est chauve ! Mais ce devait être une bonne chose si Luc et Pierre m'ont laissé le faire.

 

Les scènes d'action sont assez exigeantes dans le film. Comment vous êtes-vous préparés physiquement ?

John Travolta : J'ai répété durant de nombreuses semaines, parce que ce sont des scènes d'action, chorégraphiées.Cela a demandé beaucoup d'approfondissement et de pratique.

Jonathan Rhys-Meyers : Je n'ai pas eu à faire autant d'action que ça, mais c'est étrange ce que John a dit à propos de Soldier of fortune, et sur leur côté glamour, et leur look, avec des boucles d'oreille, et des boucs, et tout ça, parce qu'il est possible que ces gars ne vivent pas jusqu'à demain, alors vous sortez comme vous avez envie de sortir. Vous n'avez aucune raison de vous conformer à quoi que ce soit. Ces types ne se conforment à rien parce qu'il se pourrait que ce jour soit leur dernier : ils s'exposent sur la ligne de feu. Après ça, je suis allé voir sur internet, et j'ai vu ce type qui gardait un puits de pétrole en Irak, et il portait un survêtement Dolce et Gabanna, et il avait une iroquoise rose. A quel autre moment de sa vie pourrait-il porter une iroquoise rose au boulot, à part en gardant un puits en Irak ?

John Travolta : Et ils gagnent beaucoup d'argent. En tant qu'opérationnel de la Cia, je ne gagne peut-être pas autant d'argent qu'eux, mais ces mercenaires, ils travaillaient pour moi dans ma maison à Los Angeles, et quand vous entendez les chiffres dont il s'agit pour les faire venir en Irak, ou au Pakistan, ou au Moyen-Orient, c'est incroyable, on parle vraiment des chiffres les plus élevés, alors ils ont un peu d'argent de poche à claquer...

Jonathan Rhys-Meyers : Un peu d'argent pour avoir l'air fabuleux ! Et vous savez, j'ai fait un film il y a quelques années, dont le titre était Alexandre, et il y avait plein de ces gars là qui venaient de Bassorah. Ils venaient de Bassorah, et ils avaient d'énormes tatouages dans le dos, et j'ai demandé : « pourquoi ces looks ? », et ils m'ont répondu : « tu sais, on ne sait jamais si aujourd'hui sera notre dernier jour ». Et ils disent aussi qu'ils ne mettent pas l'argent de côté, ils ont l'argent et ils le dépensent aussitôt ! Alors ils conduisent tous des grosses Ferrari, de grosses Porsche, de grosses motos ! Et au final, ils font le métier le plus dangereux au monde, et quelqu'un comme Charlie Wax fait le boulot le plus dangereux du monde en ce moment !

John Travolta : Il n'est qu'à une balle, à un centimètre de la mort, constamment, et il y a clairement une certaine irrévérence face à cela aussi.

 


 

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