FIF de Saint-Jean-de-Luz : rencontre avec Lara Izagirre, réalisatrice de Nora

Christophe Foltzer | 7 octobre 2020 - MAJ : 07/10/2020 14:10
Christophe Foltzer | 7 octobre 2020 - MAJ : 07/10/2020 14:10

La dernière fois que nous avions rencontré Lara Izagirre, c'était à l'occasion de son premier film, Un otono sin Berlin, en 2015, qui avait reçu le prix du Jury jeune du FIF de Saint-Jean-de-Luz. Comme elle est de retour avec Nora, très belle errance en Pays basque, on s'est dit que c'était le bon moment pour lui poser quelques questions.

EcranLarge : Quelle est l'origine de Nora ? Surtout après Un otoño sin Berlín ?

Lara Izagirre : J’ai pensé Nora comme une échappée à Un otoño sin Berlín. Dans mon premier film, j’étais beaucoup plus sensible à tout ce qui était intérieur : l’appartement, l’automne, quelque chose de plus confiné en quelque sorte. C’était un film très important dans ma vie et, pour mon deuxième film, j’avais peur de suivre le même chemin, de faire la même chose. J’avais besoin d’expérimenter plus de joie, d’ouverture, de félicité, ce qui était déjà présent dans mon premier film, mais j’avais l’impression que je devais encore plus le développer. En plus, je voulais tourner à l’extérieur, près de chez moi, et redécouvrir les paysages de mon enfance à travers le cinéma.

 

photoUn otono sin Berlin

 

E.L. : Nora est un film sur l'errance, genre très compliqué à écrire. Quelles étaient les difficultés rencontrées lors de l'écriture du scénario ? Quelle était la ligne directrice ?

L.I. : Je suis un peu chaotique quand j’écris, c’est toujours un peu le désastre. Quand j’écris, j’ai toujours à l’esprit la sensation que je veux que le public ait quand il découvre le film. Là, je voulais faire un film où on se sente bien, où on se sent heureux, entre le bien-être et la félicité. Je voulais que le spectateur ait l’impression de s’envelopper d’une couverture pour se sentir bien.

 

E.L. : C'est quand même assez paradoxal puisque, si effectivement le film est joyeux, il contient aussi une grosse mélancolie...

L.I. : Je ne parviens pas à faire des films complètement heureux. C’est raccord avec ma vision de la vie : dans les moments heureux il y a toujours une petite part de tristesse, et vice-versa. C’était très dur d’exprimer à l’écrit ce sentiment, et je demandais à mes financiers d’avoir confiance en moi parce que je voulais à tout prix retranscrire ce sentiment à l’image. Quand on lit le scénario, l'écriture est assez plate, donc ils devaient me faire confiance.  Comme l’action n’est pas importante dans le film, comme dans le précédent d’ailleurs, cette confiance était capitale, surtout dans des scènes très importantes qui, à l’écrit, n’apparaissent pas comme telles.

 

photo NoraNora

 

E.L. : Comme Un otoño sin Berlín, Nora est tourné en 1:33. Pouvez-vous expliquer ce choix surprenant dans un film qui parle de respiration et d'ouverture ?

L.I. : J’ai un lien particulier avec ce format. Quand je vois un film en 1:33, je sais déjà que le film va me plaire. C’est un format auquel je suis très sensible, que je trouve très romantique. Il permet aussi d’avoir un lien spécial avec les personnages. Dans Un otoño sin Berlín, le format était totalement au service des personnages, pour rendre leur univers encore plus angoissant. J’aime rester en permanence en lien avec les personnages, ce format me permet de les cadrer au plus près, c’est vraiment le format idéal pour mon cinéma.

Et puis, je voulais aussi me mettre au défi. Comme je voulais faire un film sur la joie et le bien-être, ç’aurait été trop facile de changer le format. Ç’aurait été trop évident. Avec Un otoño sin Berlín, on a eu une discussion avec le directeur de la photographie concernant le format. Là, quand j’ai annoncé que je comptais le tourner en 1 :33, on n’a même pas eu besoin de discuter, on était d’accord direct.

 

Affiche officielle

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