L'inclassable : Dune, le film maudit renié par David Lynch

Créé : 15 octobre 2016 - Geoffrey Crété
Photo Kyle MacLachlan
180 réactions

Parce que le cinéma est un univers à géométrie variable, soumis aux modes et à la mauvaise foi, Ecran Large, pourfendeur de l'injustice, se pose en sauveur de la cinéphilie avec un nouveau rendez-vous. Le but : sauver des abîmes un film oublié, mésestimé, amoché par la critique, le public, ou les deux à sa sortie. 

  

Image 272131

 

"Le pire film de l'année" (Roger Ebert)

"Un film de science-fiction énorme, creux, sans imagination, froid" (Variety)

"La plupart des films de science-fiction offrent une évasion, mais Dune est aussi difficile qu'un examen de fin d'année" (Time)

"Plusieurs personnages de Dune sont des médiums, ce qui les met dans l'unique position de comprendre ce qui se passe dans ce film" (New York Times)

  


 

LE RESUME EXPRESS

Dans une galaxie lointaine, très lointaine, en l'an 10191. L'univers régi par l'Empereur Padishah Shaddam IV est obsédé par une chose : l'Epice, une précieuse et mystérieuse substance qui offre des pouvoirs fous, et qu'on ne trouve que sur la planète aride d'Arrakis, alias Dune.

Le duc Leto Atréides hérite de la planète convoitée et succède à ses grands ennemis, les Harkonnens. Il s'y installe avec sa concubine Jessica et leur fils Paul. Mais l'Empereur a en réalité prévu d'assassiner le duc, perçu comme une menace. La Guilde, qui contrôle les déplacements dans l'espace grâce à l'Epice, souhaite que Paul soit lui aussi tué, car il représente une menace plus grande encore selon leurs présages de drogués. Le fils Atréides confirme sa nature extraordinaire en survivant au test de la boîte qui brûle, proposée par une vieille Bene Gesserit - un ordre entre les nonnes, les sorcières et les généticiennes.

Alors que Paul découvre à peine sa nouvelle planète, et les légendaires vers géants des sables qui rôdent dans les dunes et avalent les usines d'épice, le palais est attaqué par les Harkonnens et les soldats de l'Empereur. Le duc est trahi par le médecin personnel de la famille, qui le livre au Baron en cachant un poison dans sa dent pour essayer de tuer l'ogre - sans succès. Le docteur permet aussi à Paul et Jessica, emmenés dans le désert pour y mourir, de survivre.

La mère et son fils rencontrent le peuple du désert, les Fremen. Parfaitement adaptés aux conditions de vie extrêmes, sous-estimés par tout le monde, ils attendaient justement l'arrivée d'un légendaire messie : le Kwisatz Haderach. Grosse ellipse qui survole un des coeurs du livre : Paul est adopté par la tribu avec sa mère, constitue une armée, tombe amoureux de Chani, développe ses pouvoirs au contact de l'épice et apprend à chevaucher les vers comme tout Fremen digne de ce nom. Jessica, devenue leader mystique des Fremen, acouche d'Alia, fille du duc dotée de pouvoirs uniques grâce/à cause de l'épice.

Conscient qu'il domine ses adversaires parce qu'il a la capacité de détruire toute l'Epice, il prépare une attaque alors que l'Empereur arrive à Arrakis. Alia tue le Baron, Paul tue l'homme de main de l'Empereur, joué par Sting qu'on a vu en string spatial. Il reprend le contrôle d'Arrakis et fait tomber la pluie, devenant pour de bon ce Kwisatz Haderach.

FIN

 

Image 640861

  

LES COULISSES

L'histoire est désormais bien connue : Dune a failli être une superproduction à 15 millions de dollars dans les années 70, avant Star Wars. Soutenu par Michel Seydoux, Alejandro Jodorowsky avait réuni une équipe extraordinaire : Salvador Dali, Mick Jagger, David Carradine, Orson Welles, Amanda Lear et son fils en acteurs ; Jean Giraud alias Moebius, H.R. Giger, Chris Foss et Dan O'Bannon au département artistique ; Pink Floyd et Magma à la musique. Le documentaire Jodorowsky's Dune de Frank Pavich revient en détails sur ce projet incroyable, qui s'est écroulé faute de financements, et principalement parce que le cinéaste voulait un film psychédélique d'une dizaine d'heures.

En 1976, alors que le cadavre du film de Jodorowsky est encore chaud, Dino De Laurentiis rachète les droits. Il demande à Frank Herbert d'écrire l'adaptation, qui devient un énorme scénario équivalent à trois heures de film. En 1979, De Laurentiis propose le projet à Ridley Scott qui vient de tourner Alien, où il a collaboré avec Giger. Le réalisateur projette de tourner deux films, et travaille plusieurs mois sur le scénario avant de partir : "Après 7 mois, j'ai abandonné Dune, alors que mon co-scénariste Rudy Wurlitzer était arrivé à une version qui me semblait être un bon condensé du livre. Mais je réalisais que Dune allait demander bien plus de travail : au moins deux ans et demi. Et je n'avais pas le coeur à ça suite au décès de mon grand frère. Honnêtement ça m'a fait peur. Donc j'ai été voir Dino pour lui dire que le scénario était à lui". Ridley Scott s'envolera à la place dans une autre adaptation de SF : Blade Runner, tiré de Philip K. Dick.

 

Photo David Lynch, Frank Herbert

David Lynch et Frank Herbert

 

En 1981, alors Dino De Laurentiis a renégocié les droits pour récupérer ceux des suites, sa fille et associée Raffaela découvre Elephant Man. David Lynch semble alors une évidence. Courtisé par les studios, et notamment pour réaliser Le Retour du Jedi, Lynch n'a pas lu Dune, n'a aucun goût pour la science-fiction, mais accepte le challenge. En 1983, le scénario, qu'il a co-écrit, est terminé. 

C'est le premier rôle de Kyle MacLachlan, 25 ans, qui deviendra un des acteurs fétiches de Lynch. Val Kilmer aurait refusé le rôle du Duc et Glenn Close, celui de Jessica ("Je ne voulais pas être la fille qui passe son temps à courir et tomber derrière les hommes"). Helena Bonham Carter était casté dans le rôle de la princesse Irulan, mais doit abandonner pour filmer Chambre avec vue de James Ivory.

Le studio contrôle la teneur du film pour maintenir l'aspect grand public. La scène où Feyd-Rautha sort du bain à vapeurs devait être différente : Sting avait accepté d'apparaître totalement nu, avant que les producteurs ne paniquent et exigent qu'il porte quelque chose. D'où ce slip de l'espace, quasi bricolé à la dernière minute. Le budget initial est dépassé pour passer la barre des 40 millions. 

Le premier montage de Dune dure plus de quatre heures. La version que Lynch aime, près de trois heures. Mais le studio Universal et les producteurs visent la durée classique, autour des deux heures. En collaboration avec leur réalisateurs, les De Laurentiis coupent beaucoup, retournent quelques scènes pour simplifier l'histoire et ajoutent la voix off de Virginia Madsen, notamment pour ouvrir le film.

  

Photo Kyle MacLachlan

 

LE BOX-OFFICE

Après le succès d'Elephant Man, le prochain film de David Lynch est très attendu. Mais malgré la médiatisation, Dune est un échec : à sa sortie, il est dépassé par Le Flic de Beverly Hills, qui n'a coûté que 15 millions. Au terme de sa carrière, la superproduction n'aura engrangé qu'une trentaine de millions, pour un budget d'une quarantaine de millions. Les projets de suite sont abandonnés, alors même que Lynch était en train d'écrire le deuxième film.

En 1988, Dune est remonté pour la télévision dans une version longue d'un peu plus de trois heures, en deux parties. Lynch, qui n'a jamais souhaité revenir sur le montage, refuse que son nom soit utilisé : le film est donc signé Alan Smithee, célèbre pseudonyme utilisé pour désavouer une oeuvre.

Depuis, le cinéaste reconnaît volontiers que Dune est le seul vrai échec de sa carrière. Interrogé par Les Inrocks en 2011, il disait : "J’aime à dire que mes films sont mes enfants et qu’il est hors de question que je les mette en rang pour choisir celui que je préfère. Je peux vous dire en revanche que l’un d’eux me cause beaucoup de souci : Dune. C’est celui qui me tourmente le plus ! Je n’avais pas le final cut et le film ne correspond pas à celui que je voulais faire, que je devais faire. Ça a été une grande leçon. Le plus troublant, c’était que j’étais persuadé dès le départ que cette superproduction me laisserait un goût amer, mais j’ai voulu vérifier et en effet j’ai vu. J’ai vu que désormais je n’accepterai plus que des projets où je garderai le contrôle de tout, que plus jamais je ne me laisserai traiter comme une pauvre marionnette."

Pourtant, Frank Herbert apprécie la version de David Lynch. En 1985, il expliquait : "J'ai aimé le film. Ce qui est parvenu à l'écran est un festin visuel qui commence comme Dune commence, et on entend mes dialogues tout au long. J'ai des objections bien sûr. Paul était un homme qui jouait à Dieu, pas un Dieu qui peut faire tomber la pluie".

 

Image 640866

 

LE MEILLEUR

Celui qui vénère la saga de Frank Herbert pourra certainement s'étouffer devant le film, mais une chose reste certaine, encore plus avec le temps : l'adaptation de David Lynch ne ressemble à aucune autre superproduction de science-fiction. Cette personnalité tour à tour grossière et fabuleuse est un point non négligeable, qui fait de Dune une oeuvre à la fois insensée et unique, fascinante et repoussante.

Alors même qu'il est coincé dans le cadre rigide d'une superproduction, avec deux producteurs très impliqués, David Lynch parvient à insufler son âme dans le film. S'il semble s'être désintéressé et avoir abdiqué dans certaines parties, et notamment dans la trajectoire classique du héros et les scènes d'action, le cinéaste s'engoufre dans quelques précieuses brèches pour laisser exploser sa folie. C'est particulièrement frappant dans les scènes autour du Baron, dont le caractère grotesque présent dans le livre est poussé au paroxysme. 

Lynch avait certainement la capacité de créer un monde nouveau et étranger, et repousser les limites de l'imagination. Sans aller aussi loin que les délires de Jodorowsky, il orchestre des scènes folles, du micro (Alia dans le ventre de sa mère) au macro (la planète Harkonnen). Il n'hésite pas à déranger, dégoûter, déstabiliser, avec le vicieux et très sexuel Baron, ou avec l'émissaire de la Guilde dans son aquarium.

 

Photo

 

Alors même qu'il affirme ne pas apprécier la science-fiction, David Lynch capte toute la beauté effrayante et énigmatique de l'espace : l'échelle des décors, la palette de couleurs sublime, la musique magnifique de Toto. Et revoir cette incroyable scène sur le rituel de la Guilde, qui utilise les pouvoirs de l'Epice pour naviguer dans l'espace, rappelle que Dune, aussi imparfait soit-il, demeure une oeuvre unique, semblable à une erreur (trop bizarre, trop cher, trop obscur) dans la matrice hollywoodienne.

Si la vue de certains effets spéciaux donne aujourd'hui la migraine, avec notamment des boucliers incroyables, la direction artistique reste passionnante. Voir la version TV à 20 millions réalisée dans les années 2000, en trois parties vendues sur le respect de l'oeuvre, rappelle à quel point Lynch a véritablement créé un univers solide, tangible, avec une vraie matière. Dune a ses défauts, ses erreurs, ses faiblesses, ses égarements, mais aussi une chose précieuse : un pouvoir de fascination non altéré par le temps, qui en fait encore, trois décennies plus tard, un film extraordinaire.

  

Photo

 

LE PIRE

Le problème n'est pas tant liberté prise par David Lynch dans l'adaptation, que ce qu'il décide d'évacuer. Dans Jodorowsky's Dune, le cinéaste d'origine chilienne explique qu'il est nécessaire de "violer le livre" pour l'adapter, et il avait l'intention de prendre des libertés encore plus grandes : son duc était un oenuque, Jessica transformait une goutte de son sang en sperme, le père du héros était torturé de manière particulièrement sanglante, Paul était tué à la fin et sa conscience se dispersait dans tous les êtres vivants tandis que Dune devenait un Eden qui traversait l'espace pour propager son énergie.

Pour condenser un premier roman très dense, Lynch a ainsi décidé de zapper la partie consacrée à Paul chez les Fremen, qui occupe une très large partie de l'histoire dans le livre. Entre ellipse et dialogues explicatifs, cet apprentissage, qui marque l'évolution du héros du statut d'adolescent à celui d'homme (leader, guerrier, amant, père, messie), se retrouve ainsi expédié. D'où l'impression d'une intrigue approximative, qui se repose sur les ficelles ordinaires du genre pour arriver au climax héroïque. Dès qu'il s'aventure dans les sables de Dune, le film semble ainsi se perdre, jusqu'à un final grandiloquent qui est loin d'être à la hauteur de la première heure. Les quelques scènes d'action grossières et peu inspirées, desquelles se dégage l'odeur nauséabonde d'un studio qui veut divertir le public, n'arrangent pas l'équation.

 

Photo Kyle MacLachlan

 

Dune est sorti dans l'ère Star Wars, un an après Le Retour du Jedi. D'un côté, il y a donc le désir logique de surfer sur la vague pour récupérer un public séduit par le space opera. De l'autre, il y a pourtant une évidence : les récits de Frank Herbert n'ont pas grand chose à voir avec ceux de George Lucas, et sont nettement plus complexes et étranges.

Sur le papier, Paul Atrédies a beau être un Luke Skywalker (un jeune homme doté de pouvoirs extraordinaires qu'il apprendra à maîtriser pour embrasser son destin de messie), il est au coeur d'une mythologie bien plus obscure et baroque, et donc bien plus compliquée à appréhender. Sans compter qu'il n'y a aucun alien mignon ou sidekick charmeur pour prendre le spectateur par la main. Vouloir emballer Dune comme un film à grand spectacle dans un cadre mainstream, en poussant le curseur dans ce sens, était donc le meilleur moyen de déplaire à tout le monde - les néophytes comme les fans.

Lynch se débat en outre avec de nombreux éléments du livre, et notamment ces monologues intérieurs constants qui permettent à l'intrigue d'avancer et se préciser. Dune laisse donc l'impression que le cinéaste, par goût ou par obligation, a tenté de se débarrasser de certains éléments majeurs du livre. Il en a ainsi perdu la richesse, faisant de son film hollywoodien un film malade, bicéphale, étiré jusqu'à l'extrême entre son esprit et celui de l'industrie. C'est dans ce gouffre que Dune est le moins réussi et satisfaisant ; mais également le plus fascinant pour l'oeil aguerri.

 

Photo

 

SCENE CULTE

En 2010, Sean Young, qui interprète Chani, a publié ses archives personnelles du tournage, filmées avec sa caméra Super 8. Images collector.

 

  

RETROUVEZ L'INTEGRALITE DES MAL-AIMES DANS NOTRE RAYON NOSTALGIE

 

commentaires

mmarvinbear 21/01/2018 à 15:38

"son duc était un oenuque, Jessica transformait une goutte de son sang en sperme, le père du héros était torturé de manière particulièrement sanglante"

Eh, rien ne perd chez Jodo, ces idées sont reprises dans sa saga "la caste des méta-barons", qui explore la généalogie du Méta-Baron, un personnage de " l'Incal" : Othon, le premier Méta-Baron, est castré par un tir de laser mal placé. Afin de lui donner un fils, sa femme use de ses pouvoirs en usant d'une goutte du sang d'Othon comme sperme et lui donne une descendance de cette façon.

Par la suite, les circonstances mettent en place une tradition suivie par les descendants : l'enfant est volontairement mutilé pour remplacer un membre ou un organe de façon artificielle et à 16 ans a lieu la dernière épreuve : le fils affronte et doit tuer son père pour survivre et en hériter.

Comme quoi, on n'a pas attendu Star Wars pour avoir des spin-offs...

Flash 17/10/2016 à 19:22

@amongus ou le genre de type qui se touche la nouille en relisant sa prose.
C'est bon, tu peux postuler aux cahier du cinéma.

Geoffrey Crété - Rédaction 17/10/2016 à 12:39

@Tedd

C'est une coquille, et le mot coquille est parfaitement adapté au look de cette culotte spatiale en fait.

Tedd2011 17/10/2016 à 12:25

"joué par string qu'on a vu en string spatial" ??

STRING ?

Cinéphil 16/10/2016 à 20:12

encore le genre de livre très difficile à adapter en film sans compter de nombreuses coupes dans le montage de la volonté des producteurs (souvent le cas) mais malgré ça j'ai vraiment adoré le film

Stridy 16/10/2016 à 20:03

@Pog

Oui c'est vrai que la partie initiatique est plus courte mais je trouvais que l'essentiel y était. Par contre c'est vrai que le ton tient plus de la romance que de l'aspect assez "primaire" des Fremens.

Pog 16/10/2016 à 17:03

@Stridy

Le film écarte quand même une grosse partie de l'intrigue comme le rappelle l'article. Toute la partie où Paul et sa mère sont recueillis par les Fremen, qu'il se bat pour acquérir son statut, "gagne" une femme, découvre leurs coutumes etc. C'est un tiers du livre dans mon souvenir, qui est quasiment mis de côté.

Stridy 16/10/2016 à 14:16

Je n'ai jamais compris le statut négatif de ce film. Pour moi il respecte parfaitement le bouquin, l'ensemble est convaincant et la musique excellente.

Holly Body 16/10/2016 à 11:03

@Amongus

C'est quand même bien dommage de réduire celui qui n'aimerait pas Dune à un spectateur un peu bête, qui serait faible et incapable de comprendre, apprécier et aller au-delà des critiques. C'est tout à fait possible de ne pas aimer ce film, pour des raisons légitimes, et sans mériter cette condescendance. Qualifier celui qui pense autrement d'abruti n'élève certainement pas le débat, et certainement pas celui qui parle comme ça, pour moi.

Amongus 16/10/2016 à 03:33

Personnellement j'ai trouvé ce film un chef d'oeuvre, je l'ai vu des dizaines de fois a travers les années et je ne m'en lasse jamais! Aussi, je connais énormément de gens pour qui le Dune de David Lynch est un classique de science fiction, un film culte qui ne perd pas de sa prestance avec le temps.. La beauté visuel, la bande sonore époustouflante, les costumes a couper le souffle, les acteurs dirigé d'une main de maître dégagent une atmosphère mystique rarement vue dans d'autres films.... Oui il faut sortir de la logique pour comprendre le scénario, ce film est fait pour des spectateur intelligent qui veulent réfléchir et non pas simplement se faire divertir comme des abrutis. L'atmosphère prophétique et christique en fait un film unique en son genre qui demande intelligence et une précieuse concentration de la part du spectateur. Aussi, il faut être une personne qui sait se faire sa propre opinion et ne pas se la laisser forger par les critiques pour l'apprécier a sa juste valeur...

Plus

votre commentaire