Star Wars : J.J. Abrams prépare-t-il le Réveil des Effets Spéciaux à l'ancienne ?

Simon Riaux | 14 décembre 2015
Simon Riaux | 14 décembre 2015

Phénomène médiatique et culturel, le retour de la saga Star Wars s’annonce comme un succès inévitable. Si le blockbuster de J.J. Abrams a pour mission de relancer la machine et fédérer à nouveau le grand public autour de nouveaux films, le métrage pourrait bien avoir une seconde mission… peut-être encore plus importante.

Le parcours au box-office du Réveil de la Force sera évidemment scruté par tous les observateurs et commentateurs. Mais certains vont analyser l’impact du film sur le public avec une attention redoublée. Il s’agit des pontes des effets spéciaux, pour lesquels la démarche de Disney a tout d’un coup de poker, potentiellement salvateur.

 

Crise numérique

Alors que le nombre de plans truqués explose dans toutes les grosses productions, que les effets spéciaux n’ont jamais été aussi massivement utilisés par Hollywood, le secteur traverse une crise durable. Accélération des plannings de production, réduction des budgets, délocalisation, pression accrue… Il n’est pas rare que des sociétés se retrouvent en péril financier, malgré le succès des films auxquels elles participent.

Symbole de cette crise systémique la société Rythmn & Hue, obligée de se mettre en faillite quelques jours avant de recevoir un Oscar pour L’Odyssée de Pi, lequel a rapporté à l’international quelques 600 millions de dollars.

La situation est encore pire pour le domaine des effets physiques ou prosthétiques, réduits à leur part congrue, quand ils ne sont pas tout simplement écartés à la faveur d’effets numériques plus « rassurants » pour la production. Ainsi, pour un Greg Nicotero (Walking Dead) connu et reconnu, ce sont presque l’intégralité des légendes du milieu qui ont vu leur activité drastiquement réduite, voire ont carrément jeté l’éponge.

 

Le Retour du Latex ?

Star Wars avait, en 1977, fait découvrir à des millions de spectateurs les joies du latex. Comment ne pas s’émerveiller devant la faune de la Cantina, ou s’amuser des improbables Droïdes qui sillonnent Mos Esley ? S’en suivit logiquement un essor phénoménal des effets spéciaux, voire une starification de leurs auteurs.

Or, Star Wars : Le réveil de la Force le martèle depuis des mois : le film sera l’occasion de revenir au feeling de la première trilogie. J.J. Abrams l’a répété sans cesse, il a souhaité favoriser au maximum les effets physiques pratiqués à même le plateau, les techniques dites « à l’ancienne ». Une démarche qui pourrait avoir un effet bien particulier au sein de l’industrie.

En effet, Star Wars sera le film vitrine en la matière. Il est tout simplement le métrage contenant le plus de trucages old school et bénéficiant de la visibilité la plus importante depuis une vingtaine d’années.

 

Les maquettes contre-attaquent

C’est-à-dire que de jeunes spectateurs pour qui caoutchouc, maquillage, animatroniques et latex sont synonymes de vieilleries vont probablement en découvrir les vertus pour la première fois, tandis que des cinéphages à priori peu sensibles à ces questions vont avoir l’occasion de retrouver des sensations que le Septième Art a abandonné brusquement après les happening technologiques que furent Terminator 2 et Jurassic Park.

Gilles Penso et Alexandre Poncet l’expliquaient lors de la présentation au PIFFF de leur excellent documentaire Le Complexe de Frankenstein : le nouveau Star Wars est attendu avec fébrilité par les artistes des effets spéciaux du monde entier, tant il pourrait changer la donne.

Hollywood étant toujours un effet de mode, les concurrents s’évertuent de reproduire les méthodes et recettes des plus efficaces d’entre eux (comme en témoigne l’uniformisation des blockbusters actuels tentant de dupliquer la recette Marvel). PAr conséquent, le latex pourrait bien bénéficier du succès éventuel du film.

Car si des personnages, robots ou aliens du film, créés grâce à ces techniques perçues comme désuètes, mais indiscutablement plus organiques marquent le public, on est en droit de penser que les studios désireux de repiquer le succès de Disney appréhenderont les effets spéciaux différemment.

 

La fin de la Guerre des clones ?

Non pas qu’on regrette le règne du latex par pure nostalgie, mais le fait est qu’à l’heure actuelle, se passer de trucages physique équivaut souvent à une uniformisation visuelle plutôt ennuyeuse. Quelle différence entre les effets de destruction massive d’un Michael Bay, d’un Marvel, d’un Roland Emmerich, où est la patte artistique d’un Jurassic World ? Aussi aboutis techniquement soient-ils les effets numériques actuels se ressemblent.

Un problème que ne présentent pas les effets mécaniques, dont la dimension artisanale protège en grande partie la « patte » de leur créateur. Ainsi, ce secteur sinistré mais indispensable du cinéma pourrait bénéficier du coup de projecteur géant que va lui offrir Le Réveil de la Force.

 

 

Le paradoxe fantôme

Nous nous retrouvons ainsi dans une situation des plus ironiques et paradoxales. Le Réveil de la Force s’annonce comme un pur produit destiné à cloner la saga originelle de George Lucas, une cash-machine acquise par Disney afin de maximiser le rendement de la marque gérée par Lucasfilm depuis une trentaine d’années. Soit un pur produit marketing, qui n’a finalement plus grand-chose à voir avec l’inventivité et l’audace de la première trilogie.

Et pourtant, c’est bien ce super-blockbuster, ce produit qui laisse bien peu de place à la pure création, qui pourrait propulser à nouveau sur le devant de la scène un art cher aux cinéphiles, à tous les amateurs de science-fiction, de genre et autres spectateurs amateurs de créatures bricolées.

Et c’est au moins une sacrée bonne raison d’attendre le film de J.J. Abrams avec bienveillance.

Tout savoir sur Star Wars : Le Réveil de la Force

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Bolderiz
15/12/2015 à 20:26

Oui, oui ils existent vraiment je les vu lors d'une convention, les vrais!!!!

Anastriana
15/12/2015 à 12:33

Je suis une enfant des années 80... Même constatation que tout le monde... J'ai d'abord montré à mon fils les 4, 5 et 6 avant de lui montrer les 1, 2 et 3... mon fils est plus fan de la première trilogie (en ce qui concerne la lisibilité)... J'étais perdu dans les batailles spatiales (1, 2 et 3) alors qu'avec les bonnes vieilles maquettes j'ai toujours su qui était les bons et les méchants :-) En même temps je ne crois toujours pas qu'il y avait quelqu'un dans R2D2 ou C3PO... ils existent dans la vraie vie Non ?

Karlito
15/12/2015 à 00:26

Il n'y a qu'arevoir les films des années 80 pour comprendre ce que le tout digital à fait perdre. La magie du cinéma. Des enfants autours de moi n'en peuvent plus des trucages numériques. J'ai eu l'occasio nde leur montrer les deux versions de Clash Of Titan. Devenez laquelle ils ont trouvé ultra enneuse et pas fun, la nouvelle. Ils ont adoré les vieux trucs, je ne parle même pas de Jason et les Argonautes... Je ne dis pas qu'il faut revenir à cela, mais il est p-e temps de trouver un juste milieux qui redonne envie, ou on sent qu'il y un vrais monde derrière, des acteurs qui jouent en dure. Harry Potter et la trilogie du seigneur des anneaux (Pas Bilbo, beurk) sont de bons exemples, mais loin d'être suivit. Marre des Transformers et des Marvel sans âme et ultra ennuyeux.

J'espère sincèrmeent que toute cette profession (Rick Baker se plaignait de voir a quel point cela devenait de plus en plus dur) va renaître pour nous livrer des films à la hauteur.

A
14/12/2015 à 20:10

quand on revoit Jurassic Park 1 et ses animatroniques on se dit qu'effectivement c'était du grand art, je pense qu'ils peuvent trouver un juste milieu entre réel et CGI mais je trouve aussi que c'est très lisse en 100 % SFX

Lane48
14/12/2015 à 18:32

C'est une sacré bonne nouvelle! Ras le bol de ces films de SF qui finissent par ressembler à des dessins animés. Le seul habillage CGI scotchant est pour moi celui de Gravity. Le reste c'est de la soupe.

Terry
14/12/2015 à 17:52

Je n'avais pas vu la chose de cet oeil-là, mais ça semble tout à fait logique. En espérant un retour des bons vieux trucages maison, ceux qui nous donnaient une raison de s'émerveiller, au contraire des effets numériques qui laissent désormais impassibles vu leur banalisation et l'absence de patte artistique.

MaT
14/12/2015 à 15:09

Pourquoi il y a des trucages dans Star Wars...
Non, je ne veux pas le croire, c'est FAUX!

nono
14/12/2015 à 15:03

effectivement vive le retour au trucage a l'ancienne.
j'en peu plus des trucages numérique dégueulasse !

votre commentaire