Avatar : que vaut la (première) version longue du phénomène de James Cameron ?

Stéphane Argentin | 31 août 2010
Stéphane Argentin | 31 août 2010

Retour sur la version longue d'Avatar.

Plus de 2,7 milliard de dollars engrangés en salles, une révolution technologique, un phénomène sans précédent qui a mené James Cameron à préparer une flopée de suites : Avatar n'est pas un film comme les autres, quoi qu'on en pense. 

D'où l'attention portée à la Special Edition, qui offre environ huit minutes d'images inédites. Retour sur ce que ces changements apportent (ou pas).

 

 
 

PETITS PRÉLIMINAIRES

La seconde, qui passera quasiment inaperçu aux yeux des profanes, consiste en des dizaines, pour ne pas dire des centaines, de micro ajouts n'excédant guère une poignée de secondes telle cette première séquence nocturne dans la tribu Na'vi où Jake, arrivant autour d'un feu de camp non sans marcher sur quelques queues, va s'enquérir du nom de sa future bien aimée et tenter maladroitement de le prononcer. Soit la première d'une longue série d'apprentissages pour Jake dont le cœur va peu à peu se rapprocher de la vie des autochtones.

À l'extrême opposé, vers la fin du métrage, on trouve une séquence, guère plus longue, qui explicite en images toute la haine qu'éprouve le Némésis de Jake, le colonel Quaritch, lorsque ce dernier découvre sur un moniteur de contrôle le massacre de ses hommes par les Na'vis afin d'endiguer la dératisation forestière. Deux séquences parmi tant d'autres qui vont aider à consolider la narration, enrichir chaque personnage tout en explicitant davantage leurs motivations.

 

 

ET GRANDS ÉBATS

Mais ce que tout le monde attend, ce sont bien entendu ces grandes séquences qui sont sur toutes les lèvres depuis plusieurs mois : de la chasse, du cul et des morts (dans cet ordre).

Concernant la deuxième, celle qui a sans doute fait le plus parler d'elle, à savoir THE big scène de cul, autant être franc d'entrée de jeu : inutile de s'exciter, il n'y a rien à voir. Ceux qui seraient à la recherche d'action, la vraie, auront donc tôt fait de se tourner vers la parodie X This Ain't Avatar.

Pour l'heure, le seul changement concerne un micro ajout (tout juste quelques secondes) au cours duquel les deux tourtereaux branchent leur fibre optique avant de s'étreindre fougueusement. Mais là encore, on vous le dit et on vous le répète : aucune partie intime à l'horizon. Dans la filmo de Jim, il faut remonter à la petite sauterie entre Kyle et Sarah dans Terminator premier nom pour voir l'espace d'un instant un semblant de vraie chair.

 

 

Pour le moins virevoltante, la partie de chasse oppose les bisons locaux à la carapace particulièrement robuste (les flèches et autres lances ricochent à moins d'être décochées en un endroit mortel bien précis) et des Na'vis à dos d'Equidius et autres Banshee (les équivalents pandoriens des chevaux et des dragons). La séquence en question évoquera bien volontiers une relecture de la mythique scène de chasse de Danse avec les loups mais verra surtout le seul effet 3D gratuit que s'était pourtant interdit Cameron : une flèche ricochant qui nous arrive en pleine tronche.

 

 

Enfin, le dernier ajout et accessoirement antépénultième séquence du film (suivie par l'expatriation des colons et le dernier rassemblement Na'vi qui clôt le long-métrage) concerne la mort d'un des principaux Na'vi, en l'occurrence Tsu'tey, tombé aux champs d'honneur, et qui, dans un ultime râle, passe le flambeau de leader de la tribu à Jake. Signalons également la présence d'une autre séquence, plus longue que les autres, située en début de métrage au cours de la première virée champêtre de Jake et Grace qui découvrent une école abandonnée (ravagée ?) laissant supputer in extenso l'apprentissage de l'anglais par les Na'vis et les premières dissensions entre ces derniers et les humains sous la forme d'impacts de balle sur les murs.

 

 

Tous les fidèles de longue date d'Iron Jim vous le diront : les versions longues de ses films, à savoir le trio Aliens, Abyss, Terminator 2, sont sans conteste bien plus complètes, homogènes, cohérentes et riches que leur équivalent ciné. Et in fine, Avatar ne déroge pas à cette règle.

Entre petits et grands ajouts, l'Édition Spéciale donne bel et bien davantage de corps à cette épopée sur la lointaine planète Pandora imaginée par James Cameron. Soit une fois encore et quoi qu'en disent ses détracteurs, autant de petits ajustements qui viennent démontrer toute l'attention que le cinéaste porte à sa narration et ses personnages. Ne reste donc plus désormais qu'à découvrir ce que nous réserveront les 8 minutes supplémentaires de la « version encore plus longue » sur le DVD et Blu-ray en fin d'année. Une première pour Cameron qui, jusque-là, ne nous avait pas habitué à autant de montages différents de ces longs-métrages.

 

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