Sexy Beast : le film de gangsters taré qui enterre Guy Ritchie

Antoine Desrues | 9 juillet 2022
Antoine Desrues | 9 juillet 2022

Avant Under the Skin, Jonathan Glazer a signé un premier film impressionnant avec Sexy Beast, et son Ben Kingsley déchaîné.

Si le début du XXIe siècle a vu émerger une belle quantité d’auteurs de talent, peu ont l’aura de Jonathan Glazer. À l’origine clippeur pour Radiohead, Jamiroquai, Blur et Massive Attack, l’artiste anglais s’est distingué rapidement par la singularité de ses propositions cinématographiques. Pour autant, Glazer n’a à son actif que trois longs-métrages, dont les envoûtants Birth et Under the Skin.

Un peu comme lors des débuts de Terrence Malick, le réalisateur sait se faire désirer, si bien que sa rareté nous fait attendre la bave aux lèvres sa prochaine excursion sur grand écran. Quitte à patienter, autant revenir sur le premier coup d’éclat du cinéaste, à savoir Sexy Beast, comédie anglaise dans la mouvance des films de gangsters de Guy Ritchie, mais qui pousse le concept dans une bizarrerie bienvenue.

 

Sexy Beast : photo, Ray WinstoneLe calme avant la tempête

 

The LION King(Sley)

Dès le départ, Sexy Beast s’assume comme une comédie décalée. Gal (excellent Ray Winstone) est un gangster anglais à la retraite, parti se réfugier avec sa femme et un couple d’amis dans une villa perdue dans les tréfonds de l’Espagne. Avec sa bedaine et sa peau rendue écarlate par un trop-plein de bronzette, le personnage est présenté comme un cliché ambulant de ces riches bourgeois britanniques dont la beauferie décomplexée s’étend à l’étranger.

Et puis, aux abords de sa piscine, un événement improbable se déroule : un énorme rocher se détache de la colline, et vient s’écraser dans le bassin en frôlant de peu le protagoniste. Le symbole est clair : derrière le bonheur qu’il s’autopersuade d’avoir au travers de son ostracisation, Gal sait qu’une tempête ne va pas traîner à lui tomber dessus. Et cette tempête, elle a un nom : Don.

 

Sexy Beast : photo, Ray WinstoneStyle de malade

 

On oublie bien souvent que Ben Kingsley, souvent reconnu pour ses performances dans La Liste de Schindler et Gandhi, a trouvé l’un de ses meilleurs rôles dans le premier film de Jonathan Glazer. Sorte d’hyperactif étonnamment méthodique, Don est une bombe à retardement permanente, dont le calme apparent n’est qu’une méthode d’intimidation qui cache un personnage toujours sur le point d’exploser.

La suite est réservée aux abonnés. Déjà abonné ?

Accèder à tous les
contenus en illimité

Sauvez Soutenez une rédaction indépendante
(et sympa)

Profiter d'un confort
de navigation amélioré

Newsletter Ecranlarge
Recevez chaque jour les news, critiques et dossiers essentiels d'Écran Large.
Vous aimerez aussi
commentaires
Pat Rick
11/07/2022 à 11:32

Bof pas terrible de mémoire.

Mouais Bof...
09/07/2022 à 22:18

Grand film .Un Ben Kingsley tantôt inquietant,tantôt hilarant,tantôt psychotique et tantôt ecoeurant et méprisable. Inoubliable Don Logan.
Ray winstone impeccable ,doit refuser les "avances" criminelles de Don Logan.
Jonathan Glazer prouve que derrière sa caméra, on peut faire un film dans une hacienda espagnole sans être chiant.

Ray Peterson
09/07/2022 à 13:11

Une déception pour ma part. Jonathan Glazer c'était l'époque des clippers cools et inventifs des 90's début 20's avec Spike Jonze, Michel Gondry ou encore Mark Romanek voire Chris Cunningham (école The Work od Director). Je passe. Préfère revoir à la limite Birth.

votre commentaire