Point limite : le Docteur Folamour réaliste et terrifiant de Sidney Lumet

Arnold Petit | 28 octobre 2021 - MAJ : 28/10/2021 21:23
Arnold Petit | 28 octobre 2021 - MAJ : 28/10/2021 21:23

Point limite restera toujours associé à Dr Folamour ou : comment j'ai appris à ne plus m'en faire et à aimer la bombe. Les deux films, sortis à quelques mois d'écart, présentent évidemment des similitudes puisqu'ils traitent tous les deux de la destruction nucléaire à travers le même récit d'anticipation (à quelques détails près), mais ils le font de façon totalement différente. Au cynisme et à l'humour noir de Stanley Kubrick et ses multiples Peter Sellers s'opposent le réalisme et la gravité de Sydney Lumet et Henry Fonda.

En revanche, si Dr Folamour est un chef-d'oeuvre dont la réputation n'est plus à faire, son pendant cinématographique qu'est Point limite est beaucoup moins renommé et apprécié, alors qu'il est tout aussi sensationnel (si ce n'est meilleur) que son jumeau satirique, qui l'a condamné à l'oubli.

 

photoQuitter l'écran des yeux est impossible

 

À LA FIN, IL N'EN RESTERA QU'UN

La raison pour laquelle Dr Folamour est plus connu que Point Limite est assez simple, et elle s'appelle Stanley Kubrick. Au début des années 60, l'enfant terrible d'Hollywood dispose désormais d'une indépendance artistique totale et souhaite réaliser un thriller à propos de la menace atomique, sujet qui le hante depuis longtemps.

Après quelques recherches, il acquiert les droits de 120 minutes pour sauver le monde de Peter George (Two Hours to Doom, rebaptisé ensuite Red Alert), qui inspirera son film. Dans son livre, publié en 1958, l'écrivain britannique imagine qu'un général fou décide de lancer une attaque nucléaire sur l'URSS et que les Américains délivrent ensuite des informations aux Russes pour détruire les bombardiers et les empêcher de détruire Moscou, et le reste du monde.

 

photoDans les coulisses de la guerre froide

 

À l'époque, la course à l'armement a atteint son paroxysme et les États-Unis et l'URSS disposent d'un arsenal nucléaire si conséquent que l'équilibre de la terreur s'est installé, et avec elle, la peur. En 1962, Kubrick entame l'écriture du scénario de son prochain film, devenu une comédie satirique appelée Dr Folamour, mais une histoire en trois parties d'Eugene Burdick et Harvey Wheeler intitulée Point Limite (Fail-Safe) est publiée dans le Saturday Evening Post les 13, 20 et 27 octobre, pendant la crise des missiles de Cuba, alors que le monde n'a jamais été aussi près de la guerre nucléaire.

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commentaires
MajordeniB
30/10/2021 à 07:58

Merci d'avoir mis le formidable mais hélas trop méconnu Fail-Safe en avant.
Je ne connaissais l'existence de ce film que parce qu'il avait été le "rival" malheureux de Doctor Strangelove, mais je ne l'avais jamais vu.
J'ai découvert le film il y quelques mois, quelle claque ! À la fin, je me suis dit "ah ouais, tout de même...".
La réalisation est sobre et efficace, Sidney Lumet était un maître du huis-clos ou ici, du quasi huis-clos.
L'interprétation est au diapason avec Henry Fonda en tête qui est né pour interprété le président des États-Unis et Larry Hagman qui prouve qu'avant de se coiffer du stetson de l'infâme Jr Ewing, il était un excellent acteur.
Fail-Safe, un film à découvrir d'urgence !

doctor strange love
29/10/2021 à 10:08

Peter Sellers est au top avec ses 3 personnages, le pilote, le president Us et le nazi ,
souvenez vous: l'Allemagne a perdu la guerre mais pas les nazi qui ont eté debauchés par les USA-Paperclip...
je me souviens que Kub et ses equipes techniques ont dû se demerder sans aucune assistance de l'armé US...Zero matos militaire prête etc..
j'aurai prefere qu'ils filment de vrais bombardiesr ricain plutôt que des incrusest toutes pourries avec les maquettes mais çà rajoute au côte grand guignol des militaires US et de l'armé, de l'Otan, quand je l'ai vu debut annee 90, au debut, si je mes souviens bien il ya un bandeau, une note de l'armée americaine imposée a Kub où cetta armée stipule que c'est de la fiction et que çà se passe pas comme çà mdr

JR
28/10/2021 à 17:44

Incroyable cette histoire de plainte.
Point vu ce film, à remédier donc.

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