8mm : Nicolas Cage au pays des snuff movies, dans la suite spirituelle de Seven

Gaël Delachapelle | 30 septembre 2021 - MAJ : 30/09/2021 18:26
Gaël Delachapelle | 30 septembre 2021 - MAJ : 30/09/2021 18:26

Retour sur 8mm, le thriller glauque du réalisateur de Batman & Robin, avec Nicolas Cage dans l'enfer du snuff movie, par le scénariste de Seven.

Parmi les grands faiseurs du cinéma hollywoodien, le regretté Joel Schumacher s’est forgé une réputation de véritable artisan, via une filmographie hétéroclite qui aborde des genres aussi variés que le film de procès (Le Droit de tuer ?, Le Client), le polar urbain à ciel ouvert (Chute Libre, Phone Game), mais surtout le film de super-héros, avec ses nanars aussi décriés qu’adulés que sont Batman Forever et Batman & Robin.

Et c’est l’échec commercial de ce dernier qui l'a poussé à se renouveler, par la voie du film indépendant à petit budget, en s’éloignant des blockbusters, avec 8 millimètres (ou 8mm, pour les intimes). Une véritable descente aux enfers dans les bas-fonds d’Hollywood, sur fond de snuff movies, qui aura fait pas mal de bruit à l’époque de sa sortie en 1999, avec le scénariste du cultissime Seven à l’écriture et un Nicolas Cage post-Oscar au sommet de sa popularité à l'interprétation.

On revient donc sur ce bijou de voyeurisme, sur sa production digne d’un development hell, mais aussi sur sa réflexion méta autour de la violence dans les images, afin de comprendre pourquoi 8mm est la digne suite spirituelle du chef-d’œuvre de David Fincher

 

photo, Nicolas Cage, Joaquin PhoenixVous n'êtes pas prêts pour ce qui suit

 

Se7en & 8ight

À l’aube des années 2000, Joel Schumacher se remet difficilement de l’échec critique et public douloureux de Batman & Robin, adaptation des aventures du chevalier noir de Gotham qu’on ne présente plus (en grande partie à cause de George Clooney et de sa combinaison aux tétons pointus, mais pas que). Se sentant coupable d’avoir tué Batman au cinéma (avant sa résurrection orchestrée par Christopher Nolan dans Batman Begins en 2005), le réalisateur prend une année sabbatique au Mexique pour se ressourcer, avant de recontacter son agent en quête d’un nouveau projet, en le suppliant de ne pas lui proposer un blockbuster.

Celui-ci lui propose bien mieux que ça, à savoir un projet réputé pour être aussi sulfureux que "dangereux" (selon les dires des producteurs de Sony Pictures à l’époque, Amy Pascal et John Calley). Ce projet n'est autre que le nouveau scénario d'Andrew Kevin Walker, auteur de Seven, succès surprise de l’année 1995 au box-office mondial (327 millions de dollars de recettes pour un budget de 33 millions), que tout studio qui se respecte cherche évidemment à réitérer à cette époque. L’évidence veut que dans un premier temps, Columbia Pictures pense à David Fincher pour réaliser le film, afin de reformer le duo gagnant de son chef-d’œuvre, avant que ce dernier ne décline finalement la proposition.

 

photo, Brad Pitt, Morgan Freeman"David ? Vous avez dit David Fincher ?" 

 

Plusieurs noms prestigieux sont envisagés à la réalisation, notamment William Friedkin et Paul Verhoeven (autant dire qu’on ose à peine imaginer la vision que ces maîtres auraient tiré d’un tel script). C’est finalement Joel Schumacher qui hérite du projet, avec l’acteur Russell Crowe, attaché pendant un temps au rôle principal (bien avant son Oscar pour Gladiator), pour un film d’abord envisagé à petit budget, tourné caméra au poing. Mais ça, c’est bien avant l’arrivée d’un certain Nicolas Cage qui se montre intéressé par le projet auprès du réalisateur. Une tête d’affiche qui change légèrement la donne en termes de budget.

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commentaires
6vlad
02/10/2021 à 16:52

Très bon film sur le PS et tous les partis de gauche !

KULEM
01/10/2021 à 12:56

le sujet du film fait frissonner , je pense qu il faut le regarder avec de la hauteur en se disant que ce genre de choses , avec l esprit tordu propre à notre espèce , a sans aucun doute existé voire continue d exister.
C'est ca qui est dérangeant et qui fait de ce film un film à part.
A l epoque de son visionnage je m'etais interessé au sujet sur le net , j'ai du arreter car c'etait trop derangeant voire douloureux pour l ame...

sylvinception
01/10/2021 à 12:10

"la suite spirituelle de Seven"
Looooooooooooooooooooooooooool !!!

(@Kyle Reese : tu ne loupes absolument rien, n'oublie pas qui était aux commandes, papy Schumacher, avec son bon goût et sa finesse légendaires!!)

Ray Peterson
01/10/2021 à 11:50

Pas vraiment un grand film pour moi et encore moins un bon Schumacher. Limite j'avais préféré Témoin Muet et son huit clos sympa et la dernière apparition du regretté Alec Guiness.

Bob
01/10/2021 à 11:19

Pas revu depuis sa sortie, mais je n’en garde un souvenir très folichon…
Et je ne parle pas de malaise ou d’inconfort, ça ne me dérangera jamais de me faire bousculer par un film, je l’avais juste trouvé opportuniste, atrocement balourd et très moyen.

Xbad
01/10/2021 à 08:46

L'histoire est superbement menée et les acteurs excellent, que ça soit Cage ou Phoenix, mais c'est trop sordide pour moi pour tenter un deuxième visionnage

Loulou 48
30/09/2021 à 23:18

Vi ai ciné et plusieurs fois à la tv ensuite et j ai toujours le même malaise après l avoir maté...et effectivement très bon Cage

Flash
30/09/2021 à 23:16

Le film n’est pas aussi glauque/crade que le sujet de l’histoire ne le laisse présager.
Cage est plutôt bon dans ce rôle.

Glowy
30/09/2021 à 20:43

@Kyle Reese Je suis également dans ton cas mais sincèrement celui-là tu peux le regarder. Bien sûr l'ambiance est glauque mais il n'y a pas de surenchère... Reste tout de même le malaise après son visionnage. Nicolas Cage, excellent encore une fois.

DirtyCop
30/09/2021 à 19:56

Un de mes polars favoris, quel film, le genre qui te prend aux tripes sans te lâcher une seconde. On suit un Nicolas Cage magistral plonger littéralement au cœur de l'enfer le plus sordide. Un must see.

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