Forgotten Silver : cette fois où Peter Jackson est devenu le Seigneur des bobines

Antoine Desrues | 26 août 2021
Antoine Desrues | 26 août 2021

Bien avant Le Seigneur des anneaux, Peter Jackson s'est amusé à réaliser Forgotten Silver, un documentaire virtuose et fondamental dans sa filmographie.

Que les choses soient claires : si vous n'avez jamais vu ou entendu parler de Forgotten Silver, vous feriez mieux d’arrêter immédiatement la lecture de cet article pour découvrir ce bijou avec une innocence nécessaire à son appréciation. Car si le film de Peter Jackson est aujourd'hui considéré comme l'un des fleurons du "documenteur", c'est en grande partie parce qu'un nombre conséquent de spectateurs, et même de professionnels du cinéma, est tombé dans le panneau de son histoire rocambolesque, et presque trop belle pour être vraie.

Avec une sobriété somme toute assez désarmante, le réalisateur néo-zélandais des Feebles et de Braindead apparaît dans le jardin d'une amie de ses parents. Il explique alors que celle-ci lui a proposé de récupérer de vieilles bobines 35mm stockées dans son garage depuis des années. Et ce que Jackson ne pouvait pas savoir, c'est qu'il allait tomber sur une véritable mine d'or, à savoir les films supposément perdus d'un cinéaste visionnaire du début du XXe siècle : Colin McKenzie.

 

photo, Peter JacksonLe Saint-patron

 

Le Retour d'un roi

À bien y regarder, Forgotten Silver est avant tout l'histoire d'une belle revanche. Alors qu'il sort du succès de ses premiers films, réalisés avec peu de moyens, Peter Jackson a l'opportunité de se diriger vers Hollywood pour y réaliser Créatures célestes, un drame basé sur une affaire criminelle connue dans son pays natal. Son succès d'estime ouvre non seulement certaines portes au réalisateur, mais il y trouve l'opportunité d'imposer aux majors la délocalisation de ses productions suivantes (à savoir Fantômes contre fantômes et une certaine trilogie basée sur les romans de J.R.R. Tolkien) en Nouvelle-Zélande, afin d'y installer le nouveau et important pôle du septième art que l'île mérite depuis tant d'années.

À travers ces choix de carrière déterminants, Jackson a donc affiché sa fierté culturelle, d'autant plus primordiale à ses yeux face au mépris qu'a souvent pu subir la Nouvelle-Zélande par rapport à sa place dans l'histoire. Et alors que le carton plein du Seigneur des anneaux a fait du pays le nouveau territoire privilégié des blockbusters (à l'instar des suites d'Avatar), la réussite de Peter Jackson en est d'autant plus belle lorsqu'on se tourne vers son expérimentation télévisuelle, réalisée entre Créatures célestes et Fantômes contre fantômes en 1995.

 

photo, Thomas RobinsAttention, c'est sérieux

 

Apparaissant eux-mêmes avec un sérieux papal, Jackson et son producteur Costa Botes mettent toutes les chances de leur côté pour donner l'impression de délivrer un documentaire en bonne et due forme. Voix off limpide, musique ambiante efficace, archives faussement restaurées et interventions de grands noms de l'industrie (dont Harvey Weinstein, avec qui Jackson venait de travailler sur Créatures célestes)... 

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commentaires
Tuk
27/08/2021 à 14:08

Qu'est ce que j'aimerai voir ce monsieur nous faire une version de Conan la barbare... Un espece de seigneur des anneaux ultra gore ! Faudrait peut-etre lui souffler l'idée a l'oreille.


27/08/2021 à 01:24

Mera, C'est l'heure de t'abonner

Mera
26/08/2021 à 20:11

à chaque fois que Ecran Large propose un article réellement intéressant : payant ?

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