Assassin’s Creed Valhalla : non, la saga n’est pas morte

Par Elliot Amor
11 novembre 2020
MAJ : 21 mai 2024

Assassin’s Creed Valhalla est enfin sorti, l’occasion pour nous de se replonger dans une des plus célèbres sagas d’Ubisoft.

Assassin's Creed Valhalla : Image

Voilà des années que les fans de la série Vikings attendaient un jeu Assassin's Creed qui se déroule à leur période historique préférée. Assassin's Creed Valhalla est enfin disponible sur PC, PS4, Xbox One, PS5 et Xbox Series (et sur Stadia). Mais au-delà de l'enthousiasme qu'il peut provoquer, le jeu va-t-il redorer le blason de la franchise, comme Assassin's Creed: Origins et Odyssey semblent vaguement l'avoir fait ?

La marque Assassin's Creed, c'est quatorze jeux sur PC et consoles de salon, trois jeux sur consoles portables, cinq jeux mobiles, des dizaines de romans et bandes dessinées qui complètent l'univers, un film raté et des séries Netflix qui n'existent pas encore. Lorsque l'équipe du studio Ubisoft Montréal a proposé à la direction un spin-off de la saga Prince of Persia nommé « Prince of Persia: Assassins », ces braves gens étaient loin de se douter de l'ampleur que leur jeu Assassin's Creed allait avoir lors de sa sortie en 2007.

 

photoPlongeons ensemble dans la nostalgie.

 

Requiescat in pace (2007-2011)

Le meilleur de la période : Assassin's Creed: Brotherhood

Le moins brillant de la période : Assassin's Creed premier du nom

Dans les années 2000, les jeux d'infiltration les plus populaires se résumaient à Metal Gear, HitmanSplinter Cell et Tenchu (la licence oubliée). C'est alors que l'équipe franco-canadienne d'Ubisoft arrive avec Assassin's Creed. Mais qu'est-ce que ce jeu a comme truc en plus ? Plein de choses, notamment un univers qui revisite l'Histoire, la possibilité de se cacher dans la foule et une verticalité presque totale, du jamais vu dans un jeu en monde ouvert.

Nous sommes en 1191, lors de la troisième croisade en Terre sainte. Au milieu de cet événement historique, une guerre secrète a lieu entre l'Ordre des Templiers et la Confrérie des Assassins. Le protagoniste Altaïr Ibn La'Ahad a de nombreuses cibles à éliminer dans les villes de Damas, Acre, Jérusalem et Masyaf. Mais en fait non, tout ceci n'était qu'une simulation ! La vraie histoire se déroule en 2012, le vrai protagoniste se nomme Desmond Miles, il a été enlevé par la société Abstergo Industries (une métaphore des GAFAM), créée par l'Ordre des Templiers.

Chaque jeu Assassin's Creed suivra cette même règle : le joueur incarne un personnage dans une simulation appelée l'Animus. Cette prouesse scientifique permet d'analyser la mémoire génétique d'un sujet et ainsi avoir accès aux souvenirs de ses ancêtres. Abstergo est à la recherche d'un artefact très ancien, la Pomme d'Eden. Les chercheurs d'Abstergo savent que le grand Altaïr a été en possession de cet artefact, et comme ce dernier est un ancêtre de Desmond, l'Animus trouvera les bons indices. Heureusement que la Confrérie parvient à délivrer le pauvre bougre.

 

Assassins modernesDesmond et sa clique d'assassins modernes dans Assassin's Creed: Brotherhood.

 

En 2009, soit deux ans après la sortie du premier jeu, la saga nous emmène à Florence, Venise, Forlì et en Toscane en pleine Renaissance italienne avec Assassin's Creed II. Le joueur y incarne Desmond qui incarne, dans l'Animus, Ezio Auditore da Firenze. Ainsi débute la trilogie italienne (aussi appelée The Ezio Collection), sans aucun doute la partie la plus appréciée de la saga. Tout d'abord parce qu'Ezio est le protagoniste préféré des joueurs et des joueuses, mais aussi parce que les scénarios, tout comme les détails cachés dans les jeux, complètent admirablement bien l'univers mis en place.

La trilogie d'Ezio nous confirme l'existence d'une civilisation qui précède la première dynastie égyptienne. L'humanité vivait conjointement avec une autre espèce, le peuple Isu, également appelés Précurseurs ou « Ceux qui étaient là avant ». Des dieux, en quelque sorte. Mais tout ceci s'est effondré et seule une poignée d'Isus a survécu et certains d'entre eux sont toujours en vie à notre époque.

En Italie, le joueur et Ezio croisent les routes de Léonard de Vinci, Laurent de Médicis, Nicolas Machiavel, la famille Borgia, pour citer les plus connus. Qu'il s'agisse de simples caméos ou de rôles cruciaux dans l'intrigue, les personnages historiques n'ont jamais manqué à l'appel. Et c'est à Leonardo de Vinci que la confrérie doit beaucoup de ses améliorations technologiques, notamment le fait qu'il n'est plus nécessaire de se couper un doigt pour pouvoir porter la lame secrète.

 

De Vinci et EzioEzio et Leonardo admirent leur vieux moteur graphique

 

Ezio se joignait à la cause des Assassins après l'exécution publique de son père et de ses frères, une exécution orchestrée par les Templiers. L'aventure d'Assassin's Creed II naît donc d'un besoin de vengeance de la part du protagoniste, mais notre Ezio a bien évolué dans Assassin's Creed: Brotherhood. Dans ce troisième jeu, qui se déroule à Rome, le protagoniste est membre de la confrérie depuis une quinzaine d'années, il approche de la cinquantaine et comme Altaïr, le credo des Assassins lui tient grandement à cœur.

Ezio se soucie donc de ses effectifs, une des meilleures fonctionnalités majeures de Brotherhood est le fait de pouvoir recruter de nouveaux membres pour la Confrérie. En plus d'être très bien intégré à l'histoire, cet élément de gameplay est super bien pensé et peut être utilisé de différentes façons lorsque le joueur a besoin de renfort en combat ou lors de missions d'assassinat.

 

Confrérie (trailer)Ezio et ses assassins ayant la ferme intention de tuer du Borgia.

 

Assassin's Creed: Revelations, la suite de Brotherhood, a déçu pas mal de monde à cause de son titre. Les « révélations » qu'on attendait sont absentes du scénario. Mais cette mini-déception ne devrait pas freiner l'enthousiasme, Revelations reste un très bon jeu qui nous fait arpenter la ville de Constantinople au début du XVIe siècle. Ezio a plus de cinquante ans, il est devenu le Mentor de la Confrérie italienne (le plus haut rang chez les Assassins) et sa quête de sagesse l'a mené sur les traces du grand Altaïr. Sans oublier le crochet ajouté à une de ses lames secrètes qui permet pas mal de petits plaisirs en combat ou durant les phases d'escalade.

Ezio se rend donc au château de Masyaf pour y chercher la bibliothèque d'Altaïr, « un sanctuaire abritant un savoir inestimable » qui lui permettrait de mieux comprendre le but des Assassins. L'arrivée d'Ezio à Masyaf est d'ailleurs très célèbre grâce à la bande-annonce du jeu présentée à l'E3 2011, non seulement parce qu'on y découvrait le morceau Iron de Woodkid, mais surtout parce que cette vidéo super bien réalisée raconte beaucoup de choses.

La troisième aventure d'Ezio nous raconte quelques passages tragiques de la vie d'Altaïr. Le Mentor de la Confrérie du Levant a été trahi par ses frères d'armes qui sont allés jusqu'à tuer un de ses fils. Il fut même longtemps exilé avant de revenir à Masyaf, alors octogénaire, pour remonter quelques bretelles et reprendre sa place de Mentor. Et pour avoir accès à ces moments d'Histoire, Ezio utilise un artefact des Précurseurs appelé "sceau de la mémoire" dans lequel Altaïr a rangé quelques souvenirs. Ezio avait donc un Animus de poche.

 

Altaïr (mort) et Ezio (vieux)Ezio rencontre le grand Altaïr

 

existentialisme et triomphe de la volonté (2012-2015)

Le meilleur de la période : Assassin's Creed IV: Black Flag

Le plus décevant de la période : Assassin's Creed: Unity

Desmond, son père et leurs potes s'envolent vers les États-Unis et c'est dans l'état de New York que l'aventure de Desmond va s'achever. Mais avant ça, l'Assassin malgré lui va devoir entrer dans l'Animus une dernière fois pour y incarner Haytham Kenway, quelques années avant la révolution américaine. Mais en fait non, Haytham est un bon gros Templier des familles, on va plutôt sortir de l'Animus, revoir les paramètres et incarner Connor Kenway, le fils biologique d’Haytham et de Kaniehtí:io, une Mohawk.

C'est donc avec Assassin's Creed III et l'ascension de Connor Kenway (de son nom mohawk Ratonhnhakéton) que commence la saga américaine. Cette mini-saga remet en question le manichéisme habituel de la licence. Connor rejoint la Confrérie coloniale alors que cette dernière a été décimée. Achilles, le dernier survivant qui se prend pour Obi-Wan au début d'Un nouvel espoir, est réticent à l'idée de recruter Connor, prétendant que le monde est passé à autre chose. Ces philosophies défaitistes et pessimistes d'un Mentor sont en fait les conséquences de deux jeux qui sortiront un an et deux ans plus tard : Assassin's Creed IV: Black Flag et Assassin's Creed: Rogue.

 

photoConnor Kenway, en pleine guerre contre l'oppression

 

Black Flag se déroule plusieurs décennies avant son prédécesseur, on y incarne Edward Kenway, le grand-père biologique de Connor. Ubisoft avait la volonté de surfer sur la vague de la piraterie, il était donc logique de remonter dans le temps pour visiter une époque antérieure au jeu précédent : l'Âge d'or de la piraterie. Connor se voyait comme un membre de la Confrérie des Assassins sans vraiment s'intéresser au credo. Son grand-père, lui, n'en avait vraiment pas grand-chose à faire. Edward est le premier protagoniste de la saga qui va progressivement être sensibilisé par la cause des Assassins, son but premier était de s'enrichir.

Au début de l'intrigue de Black Flag, Edward est même partant pour se ranger du côté des Templiers, tout en se faisant passer pour un Assassin qui a trahi son camp. Heureusement que la capitaine Mary Read parvient à le convaincre de rallier la Confrérie, ce qui lui permet d'en savoir plus sur son sens de l'aigle ; aptitude que possède chaque protagoniste d'Assassin's Creed. Mais même avant de rencontrer les Templiers ou les Assassins, Edward a toujours été un combattant talentueux, dont la violence est rare parmi le reste des protagonistes. C'est du moins ce qu'on ressent en jouant.

Entre les événements d'Assassin's Creed IV: Black Flag et Assassin's Creed III, Edward, qui avait enfin une position importante au sein de la Confrérie, est tué par des Templiers. Sa mort est encore plus tragique, car ces derniers recrutent son fils Haytham, le protagoniste de l'introduction d'Assassin's Creed III.

 

phoutouEdward "Charlie Hunnam" Kenway et des collègues

 

Au sein de la saga américaine, on a tendance à oublier Assassin's Creed III: Liberation, le premier jeu de la licence qui nous permet d'incarner un personnage féminin : Aveline de Grandpré. La tueuse en herbe opère en Louisiane française dans les années 1760, son but est de combattre l'esclavage, surtout lorsque ce dernier est perpétré par des Templiers.

Le gameplay propose plusieurs apparences aux joueurs, la Dame, l'Assassin et l'Esclave. Ces trois formes ont différentes particularités et permettent au personnage de se fondre dans certains décors, cette fonctionnalité n'a jamais vraiment été exploitée dans les autres épisodes. Aveline fait d'ailleurs la rencontre de Connor Kenway en 1777, le temps d'une mission durant laquelle les deux Assassins font équipe.

Lors de la sortie d'Assassin's Creed: Unity sur PS4 et Xbox One, les joueurs et joueuses qui n'avaient pas les moyens de s'acheter ces consoles n'ont pas été oubliés. Ubisoft a sorti, le même jour, uniquement sur PS3 et Xbox 360 ,Assassin's Creed: Rogue qui se déroule grosso modo entre l'Âge d'or de la piraterie et la Révolution française. Le personnage principal se nomme Shay Cormac, un Assassin devenu Templier après avoir provoqué, sans le vouloir, le fameux tremblement de terre de Lisbonne en 1755. Vous savez, la catastrophe évoquée par Voltaire dans Candide ou l'Optimisme.

 

Shay & HaythamShay a donc croisé la route d'Haytham Kenway.

 

Au XVIIIe siècle, les Templiers semblent avoir adopté les méthodes de leurs ennemis naturels. C'est-à-dire qu'eux aussi tuent leurs cibles dans les ténèbres à l'aide de lames secrètes. Shay Cormac et Haytham Kenway en sont les parfaits exemples. Shay s'est tourné vers les Templiers quand il comprit que les Assassins récoltaient des artefacts anciens un peu partout dans le monde, ce qui provoquait des catastrophes naturelles telles que le tremblement de terre de Lisbonne.

On comprend durant l'intrigue de Rogue que Shay est responsable de la décimation des Assassins dans les colonies et du fait qu'Achilles soit un estropié. L'ex-Assassin a aussi tué Adewale, le second de l'équipage du Jackdaw, navire d'Edward Kenway. L'épilogue d'Assassin's Creed: Rogue fait le lien avec le début d'Assassin's Creed: Unity, un jeu qui cherche également à vous faire aimer les Templiers.

 

photoL'événement historique que les fans attendaient

 

Rogue a un scénario intéressant et un excellent protagoniste, mais un gameplay et des graphismes vieillots. Tandis que Unity a un gameplay efficace et de très beaux graphismes, mais un scénario qui semble être écrit par un adolescent et qui oublie totalement le contexte de la Révolution française ; hormis lors d'une mission qui consiste à discréditer Robespierre pour que ce dernier soit guillotiné.

Assassin's Creed Unity suit le parcours d'Arno Victor Dorian, la version française d'Ezio Auditore. Alors qu'il n'a que huit ans, son père Charles Dorian, membre de la Confrérie, est assassiné par l'Ordre des Templiers. Arno est finalement adopté par François de la Serre, un Templier. Vous remarquerez le clin d'œil dans le nom « de la Serre » qui fait référence aux serres d'un aigle, symbole des Assassins, alors qu'il s'agit d'une famille de Templiers. Et François a une fille du même âge qu'Arno, Elise, qu'il élève selon les préceptes des Templiers et dont le héros va tomber éperdument amoureux.

C'était une excellente idée de vouloir créer une relation amoureuse entre un Assassin et un Templier. Le problème, c'est que le scénario n'en fait strictement rien, à part voir les tourtereaux en conflit avec leurs hiérarchies respectives. L'histoire propose des guerres internes dans la Confrérie des Assassins et dans l'Ordre du Temple qui ressemblent au bout du compte à la fin du premier Assassin's Creed.

 

photoElise et Arno lors d'une des plus belles cinématiques du jeu

 

Et sans oublier que les phases de jeu ayant lieu dans le présent sont de plus en plus oubliables. Assassin's Creed: Rogue et Assassin's Creed IV: Black Flag nous faisaient incarner des testeurs de jeux qui travaillent pour Abstergo Entertainment. Eh bien ce coup-ci, on incarne un simple joueur contacté par des Assassins modernes pour qu'il effectue des missions multijoueurs extrêmement anecdotiques, tandis que le gameplay d'Assassin's Creed: Brotherhood est totalement oublié dans la campagne solo. Le titre du jeu est d'ailleurs tiré de ces missions multijoueurs.

Après la Révolution française, la saga fait un bond temporel d'un siècle pour explorer la révolution industrielle en Angleterre avec Assassin's Creed: Syndicate, histoire de profiter de la hype Peaky Blinders. Le jeu nous permet d'incarner deux personnages dans la ville de Londres, les jumeaux Jacob et Evie Frye. Durant les phases d'exploration, le joueur peut jongler entre le frère et la sœur, pas de façon aussi intelligente que dans GTA V, hélas. La ville de Londres dans Syndicate est aussi sublime que la ville de Paris dans Unity et la largeur des rues permet les déplacements en véhicules.

Encore une fois, avec Assassin's Creed: Syndicate, il est question d'une quête de liberté. Les jumeaux Frye ont pour objectif de libérer Londres, une capitale prise au piège par les Templiers depuis plus d'un siècle. Evie agit dans l'ombre alors que Jacob se place à la tête d'un gang : les Rooks.

 

Jacob & EvieEvie et Jacob

 

Un renouveau antique (2017-2018)

Le meilleur de la période : Assassin's Creed Odyssey

Le moins (très) bon : Assassin's Creed Origins

De 2009 à 2015, de Assassin's Creed II à Assassin's Creed: Syndicate, Ubisoft éditait et développait au moins un jeu par an. Mais en 2016, mis à part la trilogie Assassin's Creed Chronicles, la compilation The Ezio Collection et le film de Justin Kurzel, les fans n'ont pas eu de jeu à se mettre sous la dent. Et c'était tant mieux ! L'échec commercial de Syndicate (probablement dû au mauvais lancement d'Unity) a forcé Ubisoft à repenser sa politique du « jeu annuel » et laisser plus de temps à ses équipes de développement. C'est donc en octobre 2017 que la saga revient avec Assassin's Creed Origins.

Assassin's Creed: Syndicate est, à ce jour, le jeu de la saga dont le récit se déroule à l'époque la plus proche de la nôtre ; sans compter le jeu de plateforme Assassin's Creed Chronicles: Russia qui se passe en 1918. Les studios allaient bientôt être à court d'époques à parcourir, la direction a donc fait le choix de revenir en arrière, presque deux millénaires plus tôt.

L'histoire d'Assassin's Creed Origins a lieu vers -48 avant J.-C., le héros se nomme Bayek de Siwa, il est ce qu'on appelait autrefois un Medjaÿ. En Égypte antique, les Medjaÿ étaient l'équivalent des policiers d'aujourd'hui (et ils avaient aussi des boucliers). Vers la fin du jeu, Bayek et son épouse Aya fondent un groupe nommé « Ceux qu'on ne voit pas » ("The Hidden Ones" en VO) qui deviendra plus tard la Confrérie des Assassins.

 

Bayek et Senu 2Bayek et son fidèle compagnon Hedwi Senu

 

Origins raconte l'histoire touchante d'un homme et d'une femme qui ont perdu leur enfant, Khemou. Alors qu'ils chassaient, Bayek et son fils croisent la route d'hommes mystérieux se faisant appeler l'Ordre des Anciens, les ancêtres des Templiers. Et là, c'est le drame. En affrontant les fanatiques, le Medjaÿ poignarde accidentellement Khemou. Le jeu et ses dialogues rappelleront régulièrement à quel point le couple de Medjaÿ ne se remet pas de cette cicatrice. Aya dira même "Plus rien ne me fait mal" après la perte de son enfant.

Avant d'être une origin story de la Confrérie, Assassin's Creed Origins est un récit de vengeance. Mais quand cette vengeance semble assouvie, Aya et Bayek comprennent que l'influence de l'Ordre des Anciens s'étend bien au-delà de leurs frontières et que la lutte est loin d'être terminée. Bayek voue un culte au dieu Amon, « le caché ». La première faction de la Confrérie naît donc avec les idéaux et les croyances du héros.

Pendant que son mari « agit dans l'ombre pour éclairer le monde » en Égypte, Aya en fait de même à Rome, où elle se fait appeler Amunet (dont on nous parle dès Assassin's Creed II), pour fonder la faction italienne. Le jeu justifie même, non sans humour, pourquoi les Assassins devaient jusqu'à la Renaissance se couper un doigt pour rejoindre la confrérie.

 

Aya et BayekAya et Bayek, tristes mais amoureux.

 

Depuis la fin d'Assassin's Creed III, il manquait un petit quelque chose à la saga. Il manquait un véritable protagoniste dans le présent qui se plonge dans l'Animus. Assassin's Creed Origins marque l'arrivée de Layla Hassan, une employée d'Abstergo un peu trop curieuse aux yeux de la direction. Sa meilleure amie est tuée par les Templiers et Layla est approchée par William Miles (le père de Desmond) pour lui proposer de travailler avec les Assassins. À la fin d'Origins, la nouvelle héroïne part pour la Grèce.

En 2018, Ubisoft présente un RPG qui prend place au cinquième siècle avant J.-C., qui nous donne le choix d'incarner un homme ou une femme, qui permet de participer à des batailles navales spectaculaires, des batailles terrestres entre Athènes et la Sparte et qui offre une carte gigantesque. Il s'agit d'Assassin's Creed Odyssey, un des meilleurs épisodes de la saga.

Le jeu a beau nous laisser le choix entre Kassandra et Alexios, tous deux descendants de Leonidasla diégèse officielle indique que Layla est entrée dans l'Animus pour être dans la peau de Kassandra. Alexios, son petit frère, est officiellement un antagoniste du jeu. Et évidemment, deux tiers des joueurs et joueuses ont choisi Alexios, notamment parce que la promo mettait principalement en avant le personnage masculin. Dans le jeu, on peut également choisir l'orientation sexuelle du protagoniste, comme dans la saga Mass Effect.

 

Image, KassandraLa paix, c'est ringard.

 

Kassandra est une Misthios, autrement dit une mercenaire. L'héroïne affronte un certain nombre de ses collègues, surtout lorsque sa tête est mise à prix. Le classement des mercenaires ressemble vaguement à une fonctionnalité de La Terre du Milieu : L'Ombre du Mordor qui permet au protagoniste de voir la progression de ses rivaux. Ce qui différencie Kassandra des autres mercenaires est son sens de l'aigle. Depuis Assassin's Creed Origins, le sens de l'aigle plonge le joueur dans la vue subjective… d'un aigle (Senu dans Origins et Ikaros dans Odyssey). Elle possède également des capacités surhumaines qu'on retrouve chez son frère Alexios et chez leur grand-père Leonidas.

Via sa fonction de mercenaire, Kassandra se retrouve dans une affaire de conspiration liée (encore) à un groupe d'hommes et de femmes masqués : le culte de Kosmos. Elle finit par comprendre que cette sorte de secte a recueilli Alexios qu'elle croyait mort sur le mont Taygetos. Il y est considéré comme une sorte d'élu et de demi-dieu. Un des objectifs principaux de la protagoniste sera donc de retrouver son petit frère. Attention, selon les choix faits dans le jeu, toute la famille de Kassandra peut mourir, il faut donc apprendre à être sympa, comme dans The Witcher 3.

L'extension L'Héritage de la Première Lame nous permet d'apprendre que Kassandra est une ancêtre d'Aya, la Medjaÿ jouable durant quelques séquences d'Assassin's Creed Origins. Le second DLC Le sort de l'Atlantide, lui, plonge Kassandra dans une simulation (qui ressemble drôlement à l'Animus) qui nous fait découvrir comment vivaient certains Isus tels que Hadès, Perséphone, Poséidon, Hermès, Hécate, etc. Oui, ce sont aussi des divinités grecques.

 

photoRéunion de famille

 

rien n'est vrai. tout est permis. (2020- )

Avec Assassin's Creed Valhalla, on quitte l'Antiquité pour se lancer dans l'invasion du Wessex au IXe siècle. À l'heure où nous publions cet article, nous sommes en train d'y jouer, nous vous dirons ce qu'on en pense si l'envie nous en prend. On espère que les aspects plaisants des treize précédents jeux seront de la partie.

C'est-à-dire qu'on veut des beaux graphismes, des alliés qu'on peut appeler en renfort, des armes amusantes, la violence d'Edward et de Kassandra, une bande originale signée Jesper Kyd, des personnages historiques qui surgissent dans l'intrigue, le sens de l'aigle, Layla Hassan, un ou une protagoniste dont on peut choisir l'orientation sexuelle, des batailles navales, des ours, des bons doubleurs comme Nolan North ou Kristen Bell... Bref, pas tant de choses que ça.

Pour la suite, des rumeurs nous laissent croire que la saga va rester encore quelque temps au Moyen-Âge. Depuis des années, les fans souhaitent voir comment se porte la Confrérie au Japon, mais avec le récent succès (plutôt mérité) de Ghost of Tsushima sur PS4, il va falloir placer la barre très haut. Donc si la saga reste au Moyen-Âge, Ubisoft va pour l'instant se limiter à l'Europe, au Moyen-Orient ou à l'Afrique du Nord, ou encore à l'Asie durant le règne de Gengis Khan, mais on peut se tromper. On se permet de rêver et d'imaginer un Assassin's Creed qui se déroule en Europe centrale durant la Seconde Guerre mondiale. Mais si ce projet existe, Ubisoft le gardera probablement pour plus tard, bien plus tard.

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Carlito B.

je suis la saga depuis ses débuts et je viens tout juste de commencer valhala. Perso, mes préférés demeurent la saga Desmond et plus particulièrement la trilogie Ezio; j’aime bien aussi Unity, très décrié mais je trouve que le personnage d’Arno est intéressant, surtout au regard de son évolution dans Dead Kings.
Après, je trouve qu’Ubisoft a raté le coche sur la suite de la saga. Junon dont l’axe s’achève dans un comics, les assassins légendaires à peine exploités; Darius qui ne bénéficie que d’un DLC, on n’a jamais mis les pieds à Alamut, un comble;;; bref, il y avait bien d’autres contrées à voir en suivant le lore que de nous envoyer chez les vikings…

TofVW

Je les ai tous faits jusqu’à Origins, sur lequel je suis depuis quelques semaines.

Ce dernier est prenant, mais il y a beaucoup, beaucoup trop de quêtes annexes inutiles à faire, et de camps à libérer (je suis complétiste).
Malgré tout il est plaisant à faire. Je ne sais pas si je ferai Odyssey…

Le meilleure, comme le dit Iwamaru, c’était le 2, et toute l’histoire d’Ezio en général.
Après, à égalité je mettrai Black Flag/Rogue et Syndicate (oui, j’ai beaucoup aimé Syndicate pour son gameplay, plus qu’Unity et son parkour trop mal foutu).

Bref, c’est une bonne saga, mais je regrette que l’histoire du présent ait été délaissée, notamment la partie sur Desmond depuis les évènement du III…

Iwamaru

Moi j’ai fait absolument tous les Assassin’s Creed et les meilleurs Assassin »s Creed sont ceux liés à la trilogie Ezio (le 2 / Brotherwood/ le 3eme), très clairement. C’est encore l’époque pour Ubi avait des scénaristes pour faire ses jeux. La meta histoire (et l’histoire) était accrocheur, on jouait de vrai assassin et les musiques étaient top.
Derrière ça c’est une longue descente qualitative vers les derniers opus qui bien qu’ils soient beau restent totalement fades et peu intéressants (bonjour le farming des camps sur Odyssée pour monter en niveau).
Egalement ce qui me gêne sur les derniers opus (Origin et Odyssée) c’est que maintenant l’histoire des assassins est devenu insignifiante dans le jeu… On à déjà eu droit à la quasi suppression de la meta histoire précédemment et maintenant ce sont carrément les assassins qui sont tronqués.
A un moment je me dis que Ubi ne devrait plus appeler ça « Assassin’s creed XXX », je sais pas il faut appeler ça « Simulation de l’Egypte, ou « Simulation de la Grèce » par exemple.

MIju

J’ai joué quasi tous les AC, et même les épisodes les moins bons avaient des points positifs. Avec Origins, on nous en mettait plein la vue. C’était splendide ! Ils ont remis le couvert avec un Odyssée juste incroyable au niveau du design. Et là, avec Valhalla, on est clairement dans la même veine. J’ai joué que la Norvège pour l’instant (8h au moins, j’aime bien voyagé dans la map). Les paysages sont magnifiques, les effets de lumière sont bien gérés. Alors oui, Odyssée était très long (j’y ai joué plus de 400 heures sans me lasser), mais c’est un vrai plaisir de voir des mondes si immersifs. En tout cas, moi qui suis prof d’HG, ça me plaît vraiment de découvrir en jeux vidéos des peuples et époques que j’aime.

Athor

Le meilleur de la sage c’est origins pas la peine de troll il y a même pas débat.

Odissey même si visuellement magnifique aussi a malheureusement complètement détruit le gameplay. J’avais joué 5 fois la version hack de origins full dlc … et j’ai acheté odissey ….avec gamepass, je l’ai delete avant même la sortie du premier dlc . Je rejoue encore origins à l’occasion.c’est pour dire.

Une accumulation de grosses boulette comme la supression des outils poisoning et berserk en stealth mode, un perso overpower même en mode cauchemar c’est 14 juillet a toute les combos sans parler des quêtes comme l’a bien dit #diez qui sont devenues du remplissage meaningless pour la grande majorité.

Bref pas prêt de payer pour valahala.

#diez

Précision, ils sont inutilement long. Autant Origins arrive à justifier sa durée. Autant Odyssée et Valhalla s’éparpillent en intrigues, sous intrigues, quêtes, sous quêtes, …

Ubi a renouvelé la saga avec origins et depuis on a eu le droit à deux skin. Pareil pour Watch dogs, The division, …

Ozymandias

*Qualités

Ozymandias

J’ai perso un peu décroché des Assassin’s Creed, ce sont des jeux beaucoup trop longs pour moi et je m’en lasse au bout de 30h. Mais ils ont pleins de qualité !