Avant Sans un bruit : Ring, The Thing, Destination finale... 10 films d'horreur à concept malin et flippant

La Rédaction | 21 juin 2018
La Rédaction | 21 juin 2018

La sortie de Sans un bruit donne envie de replonger dans quelques autres bons cauchemars.

Avec plus de 326 millions de dollars au box-office mondial (pour un budget d'environ 17), c'est le film d'horreur phénomène de 2018, et l'un des titres les plus importants de l'annéeSans un bruit de et avec John Krasinski, et également Emily Blunt, qui affrontent des créatures terrifiantes ultra-sensibles aux sons.

Un point de départ qui rentre dans la case des films à "high concept", qui reposent sur une idée forte et excitante. L'occasion idéale pour une petite sélection de 10 films dont l'histoire, l'univers et la menace reposent sur un principe malin, amusant et plus ou moins bien exécuté.

 

 

FREDDY 

Le principe : Freddy Krueger, personnage de fiction créé par Wes Craven, est un tueur en série qui a la singularité de ne pas exister dans le monde réel, mais dans le monde imaginaire. De ce fait, il ne tue ses victimes que durant les phases de sommeil, une fois que celles-ci sont parties dans les bras de Morphée.

Le résultat : Il n’y a pas de figure emblématique plus incontournable dans le monde du genre horrifique que la face cramée de chair en décomposition de Freddy Krueger, aka le tueur d’Elm Street. Depuis Les Griffes de la nuit et ses nombreuses suites, il est devenu une icône non pas de beauté mais de cauchemars éveillés, pour petits et grands, 

Impossible de fermer l’oeil, de jour comme de nuit, car une fois les paupières closes, le corps abandonné à la réalité et l’esprit relâché dans le monde impitoyable de l’imagination, Freddy se pointera pour vous couper en deux sans scrupule. Un tueur en série difficile à semer, puisque dormir est quand même une étape vitale dont notre corps à besoin pour fonctionner, mais surtout impossible à tuer. Comment venir à bout d'un psychopathe qui menace de vous dépecer en petites lamelles de gibier, alors qu'il n'apparaît que dans vos rêves ? Un concept foutrement original donc, qui non seulement marche excessivement bien mais qui aura en plus hanté bien des générations depuis 1984. 

 

 

RING

Le principe : Des gens meurent parce qu’ils ont vu une cassette vidéo maudite. Une journaliste enquête parce qu’elle et son fils sont sous le coup de la malédiction. Et ça motive à retrouver le corps de Sadako, la jeune fille qui vit dans son puit.
 

Le résultat : Le premier Ring de Hideo Nakata est une date capitale dans le cinéma japonais moderne et dans le cinéma d’horreur mondial parce qu’il a, à lui seul, créé un genre : la J-Horror. Croisement entre tradition et modernité, Ring réactualise la figure bien connue du Yurei, le fantôme japonais, en s’inspirant de deux créatures légendaires : Okiku la servante et Oiwa l’épouse empoisonnée. Et ça marche !

Qu’il s’agisse du design flippant de Sadako, de sa démarche étrange, de son œil à l’envers derrière sa crinière noire, ou de son mode opératoire qui condamne au bout de 7 jours quiconque regarde sa cassette maudite, Ring prouve que l’on peut encore surprendre son public avec des concepts originaux à partir du moment où ils sont bien traités. Et même mieux que ça : ils terrifient le public, qui en redemande. Ou comment l’horreur provient d’un objet qui sert généralement à nous faire rêver (ça marche aussi avec les DVD, mais nettement moins avec le streaming)

 

 

 

THE THING

Le principe : Une forme de vie extra-terrestre capable de reproduire la structure organique d’autres organismes imite, trompe, puis décime une équipe de scientifiques américains.

Le résultat : Devenu progressivement un film culte qui inspira des dizaines d’œuvres à sa suite, The Thing de John Carpenter (deuxième adaptation de Who Goes There ? de John W. Campbell après La Chose d'un autre monde) occupe une place tutélaire au sein du panthéon horrifique de nombreux amateurs du genre. On en oublierait presque la force de son concept initial et combien la mise en scène formidablement rigoureuse du réalisateur de Halloween et Fog a su en extraire la substantifique terreur.

Maître de l’espace, jouant habilement des regards et brouillant continuellement les pistes, le cinéaste passe brusquement de scènes de tension de groupe dont le suspense est assuré par la rigueur Fordienne d’un découpage implacable, avant d’alterner avec de pure bouffées d’horreur graphique. Le résultat, plus de trente ans après la sortie du film avec Kurt Russell, est toujours dévastateur.

 

 

 

L'EMPIRE DES OMBRES 

Le principe : Alors qu'une nuit éternelle tombe peu à peu sur le monde, des ombres s'attaquent aux humains, qui disparaissent subitement en ne laissant que leurs vêtements derrière eux.
 
Le résultat : L'Empire des ombres (Vanishing on 7th Street en VO) est un film tombé dans l'oubli, de toute évidence abandonné en cours de route par les producteurs et le distributeur avec une sortie minable aux Etats-Unis en 2010, et à peu près rien d'autre dans le reste du monde. D'où un bide absolu, avec environ 1 million de recettes pour un budget de 10. C'est fort dommage tant le film de Brad Anderson (The Machinist), porté par Hayden ChristensenThandie Newton et John Leguizamo, est une très bonne série B, imparfaite mais exécutée avec savoir-faire, et plus que satisfaisante pour quiconque aime les cauchemars obscurs et mystérieux.
 
L'univers se révèle même plus que flippant avec d'un côté ces ombres terrifiantes et mystérieuses, et de l'autre l'idée que les nuits dévorent peu à peu le jour, condamnant les survivants à disparaître tôt ou tard. Et parce qu'il n'épargne pas ses protagonistes et se termine sur une note aussi étrange que mélancolique, qui refuse de donner les clés de l'énigme, L'Empire des ombres est un petit film qui mérite mieux. Est-ce la fin ou le début ? La mort ou la vie ? Le paradis ou l'enfer ? Les silhouettes sont-elles de gentilles fées de l'ombre venues chercher et aider ceux qu'ils aiment pour les extirper de l'horreur, ou d'horribles monstres qui ont pris cette apparence pour mieux les piéger ? Beaucoup de questions fascinantes, pour un film qui mérite d'être (re)découvert.

 

 

 

L'INVASION DES PROFANATEURS DE SÉPULTURE

Le principe : Pour envahir la Terre, des aliens remplacent petit à petit chaque être humain par une copie conforme, débarrassée de toute émotion.

Le résultat : Le roman de Jack Finney a eu droit à plusieurs adaptations, de L'Invasion des profanateurs de sépulture de Don Siegel à Invasion avec Nicole Kidman, petite catastrophe charcutée en post-prod, en passant par celle d'Abel Ferrara. Mais la version la plus terrifiante reste probablement celle de 1979, L'Invasion des profanateurs de Philip Kaufman, avec Donald Sutherland.

Illustration brillante et terrifiante de la paranoïa classique des films d'horreur, cette histoire d'invasion silencieuse et implacable reste un sommet du genre. Que la transformation et le remplacement s'opèrent pendant le sommeil des victimes ne peut que renforcer le caractère cauchemardesque des événements, tout comme la violence absolue de certaines scènes (la fin d'Elizabeth). En explorant encore plus profondément la mythologie des aliens, en élargissant leur champ d'action et leur force, le film provoque un vertige de terreur implacable. Et au terme d'une horreur qui se répand sans que rien ne semble pouvoir l'arrêter, l'ultime scène arrive, et achève définitivement le spectateur avec un son et un plan inoubliable.

 

 

 

DANS LE NOIR 

Le principe : Une entité malveillante qui ne peut s’incarner que dans les ténèbres s’en prend à de mauvais acteurs.

Le résultat : Affirmer que le cinéma fantastique puise son ADN de notre ancestrale peur du noir est d’une banalité sans nom, mais depuis La Féline de Jacques Tourneur, aucun réalisateur ne s’était attelé à rendre aussi palpable et concrète cette angoisse immémoriale avec autant de pureté et de candeur que David F. Sandberg - qui adapte ici son court-métrage.

Le résultat est souvent maladroit, mutilé par un scénario passablement nul et des personnages aussi mal écrits que joués, mais on ne peut enlever au réalisateur un goût du jeu horrifique très prononcé, et un désir efficace d’incarner les ténèbres à l’écran. Une démarche qui assure à Dans le noir quelques très beaux frissons. Frissons que le raté mais pas inintéressant Nuits de terreur tentait déjà d’exploiter, mêlant la terreur nocturne au détournement d’un vieux mythe (la petite souris).

 

  

 

DESTINATION FINALE 

Le principe : Pas contente d'avoir vu lui échapper un groupe d'adolescents qui ont quitté un avion avant son explosion, la Mort décide de les poursuivre pour les éliminer, à n'importe quel prix.

Le résultat : Personne n'aurait pu se douter en 2000 que le film de James Wong (de l'équipe de X-Files), lancé dans la mouvance des slashers post-Scream, allait donner une franchise de cinq films étalés sur plus d'une décennie. Destination Finale est pourtant devenu le premier engrenage d'une interminable et réjouissante saga qui a nourri l'imaginaire morbide d'une armée de scénaristes, lesquels auront redoublé d'efforts pour offrir des mises à mort aussi ridicules que drôles.

Mais à l'origine, avant d'être ce grand huit d'hémoglobine, os broyés et membres déchirés, il y a un thriller fantastique très bien troussé, plus noir et mystérieux que grand guignolesque, où la menace est aussi absolue qu'évanescente. Qu'elle prenne la forme d'une goutte d'eau ou d'un bus, d'un hasard devenu destin, la Mort plane sur les héros, insatiable, inarrêtable, insondable. C'est une idée toute simple, mais terriblement angoissante, qui rejoue les concepts de prédestination et libre arbitre en transformant la Grande Faucheuse en boogeyman invisible. Et sous ses airs un peu bête, le film avec Devon Sawa et Ali Larter reste un petit classique.

 

 

THE DARKEST HOUR 

Le principe : Des extraterrestres (encore une fois) venus d’une autre galaxie ont décidé de s’approprier la terre (original) en consommant toutes les réserves d’énergie et en passant à travers les flux d’électricité.

Le résultat : Dans la série des idées de monstres originaux pas vraiment bien exploités, il y a The Darkest Hour de Chris Gorak dans le peloton de tête. C’est quand même sacrement ballot (et intéressant comme concept) quand on sait que l’électricité est utilisée dans quasi toutes les activités de la vie quotidienne : éclairage, chauffage, cuisson, téléphone, transport, informatique, santé... Le film nous fait miroiter une fin du monde apocalyptique où les habitants seraient en proie à une insalubrité cataclysmique, dans la peur d’affronter des monstres qu’ils ne voient pas. A contrario, ces prédateurs sont capables de repérer leurs cibles à des distances vertigineuses, tant que celles-ci ne sont pas cachées derrière un mur ou sous une voiture.

Un concept de monstres qui marche sur le papier, mais qui est d'une débilité souvent éclatante à l'écran. A l’instar des bons petits films nanardesques de série B, le résultat n’est clairement pas à la hauteur, et le film a une pelletée de défauts mais bon. On applaudira cependant son concept original et pas banal, qui offre une petite aventure fort sympathique pour l'amateur de genre.

 

  

 

IT FOLLOWS 

Le principe : Faire l’amour plutôt que la guerre, ok, mais ça peut aussi filer des maladies. Voire carrément un monstre terrifiant et qu’on ne peut pas arrêter jusqu’au moment où on le refile à quelqu’un. Bref, sortez couverts.

Le résultat : Quand il sort son It FollowsDavid Robert Mitchell renoue avec une terreur invisible, lancinante et implacable comme on n’en a plus vu depuis The Thing. Une horreur psychologique et symbolique, traduction à la fois d’une bonne grosse MST comme du concept de la crypte familiale chère à la psychogénéalogie, sa créature (sans forme précise) ne peut que terrifier son spectateur parce que, justement, il en appelle à la plus grande peur de l’humanité - celle de l’inconnu.

Et la mise en scène sert magistralement son propos, ses apparitions ne sortant jamais du flou de l’arrière-plan, silhouettes étranges qu’on ne saurait discerner des autres passants au premier coup d’œil, qui ressemblent à n'importe qui (et principalement à des malades échappés de leur hôpital). En résulte une vraie terreur, qui en appelle à notre propre archaïsme, pouvant être interprétée de différentes manières et donc insaisissable. Original et troublant, le monstre d’It Follows est sans conteste la proposition la plus passionnante et flippante de ces dernières années. 

 

 

UNFRIENDED 

Le principe : Une entité traque une bande de lycéens, dont nous suivons les funestes mésaventures via une interface de discussions en ligne.

Le résultat : Avec un point de départ pareil, on voit bien comment le premier producteur venu se frottera les mains, face à un concept nécessitant un budget ridicule, et une tripotée d'ados aux salaires modestes.

Mais heureusement, le réalisateur Leo Gabriadze ici aux commandes sait jouer d’un excellent sens du rythme, et surtout, ne renonce jamais à faire du cinéma, même coincé dans un moniteur informatique. Il use des mouvements de la souris pour traduire l’état moral de son héros, alterne les points de vue, et transforme les fenêtres en autant de leviers de montages agités en direct. Rien de révolutionnaire, mais une proposition ludique et beaucoup plus créative qu’il n’y paraît.

 

 

 

Il y a évidemment des dizaines et des dizaines d'autres monstres et créatures et concepts malins, et cette liste n'a RIEN d'exhaustif. Le film de genre a redoublé d'efforts au fil des décennies, pour offrir de nouvelles sensations au public, tenter de raviver la flemme des frissons et de l'excitation.

Le succès de Sans un bruit de John Krasinski, film aussi amusant qu'imparfait, prouve que les spectateurs sont toujours friands de ces concepts ludiques, et toujours prêts à tester la nouvelle attraction qui promet sursauts et surprises. Et tant mieux : ça ne pourra que donner de nouvelles et éventuellement bonnes idées aux producteurs, scénaristes et réalisateurs.

 

Affiche française

commentaires

Geoffrey Crété - Rédaction
24/06/2018 à 23:36

@jolfo

Oh oui
https://www.ecranlarge.com/films/dossier/937153-pas-si-nul-que-ca-un-cri-dans-l-ocean-plaisir-coupable-des-abysses

jolfo
22/06/2018 à 18:33

Dans le genre bestiole qui fait peur et malin comme tout, le kraken de Deep Rising.

Marie
22/06/2018 à 10:00

@Jesus

Un film d'horreur (genre ultra vaste et pas précis) est un film visant à créer un sentiment de peur, d'angoisse, d'effroi. Admets que tout ça est subjectif, donc faut sortir de "moi j'ai pas eu peur devant tel film donc c'est pas de l'horreur". Destination finale vise à faire trembler, à effrayer, à jouer sur l'angoisse de la mort et de la fatalité.

Geoffrey Crété - Rédaction
22/06/2018 à 09:54

@Cklda

Tremors aurait eu sa place. Comme on le dit, ces 10 ne sont qu'une sélection.

D'autant qu'on a très régulièrement parlé de Tremors, notamment en dévoilant en exclu la bande-annonce de la série annulée qu'on attendait beaucoup

https://www.ecranlarge.com/series/news/1021413-la-serie-annulee-tremors-nous-montre-quand-meme-sa-bande-annonce

Cklda
22/06/2018 à 07:09

Et tremor ? Des red neck, des verte de terre géants avec l’an bouille de predator, ne pas faire de bruit sur le sol, Kevin Jambon. C’etait bien ca.

Jesus
21/06/2018 à 23:13

Destination finale, c'est de l'horreur? ca fait peur? ah bon.

Insidious
21/06/2018 à 19:29

Je valide tous ces excellents films sauf 3 :
Darkest hour
Dans le noir
L'empire des ombres
qui malgré leurs bonnes idées sont quand même des nanars :)

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