Logan : critique Gillette Triple Lames

Simon Riaux | 6 septembre 2021 - MAJ : 06/09/2021 18:53
Simon Riaux | 6 septembre 2021 - MAJ : 06/09/2021 18:53

Logan, ce soir à 21h15 sur C8.

Ambassadeur de la saga X-Men depuis bientôt deux décennies, de X-Men Origins : Wolverine jusqu'à X-Men : Days of Future Past, Hugh Jackman doit tout à Wolverine, et réciproquement. Alors qu’il l’incarne pour la dernière fois devant la caméra de James Mangold, l’acteur nous promet un baroud d’honneur désespéré. Parole tenue ?

Retour sur toute la chronologie (bordélique) de X-Men par ici.

KILL ME BADLY

Ainsi que l’a martelé la promotion du film pendant des mois, Hugh Jackman en a fini avec Wolverine. Cet adieu aux lames annoncé est un petit évènement pour qui a grandi avec la saga X-Men, et c’est aussi le cœur du projet de Logan. Car le récit funèbre de James Mangold est entièrement centré autour des concepts de deuil, de renoncement et d’acceptation. Il est d’ailleurs frappant de constater que l’ensemble ne croule jamais sous le fan service qu’on pouvait redouter, mais bien sur une sincère volonté testamentaire.

Car, en découvrant ce Wolverine rongé par un mal qui évoque un cancer généralisé, difficile de ne pas penser à la maladie que combat Hugh Jackman, et qui insuffle au film une gravité de chaque instant. L’artiste n’abandonne pas seulement un personnage emblématique, il renonce à celui qui l’aura forgé, sa carrière n’ayant jamais éclipsé la gloire du héros griffu. À bien des égards, le geste de Jackman évoque un tombé de rideau absolu et nimbé d’un terrible panache.

 

Photo Dafne Keen, Hugh JackmanUn dernier tour pour la route

 

BAD HOMBRES

La fatalité qui gangrène Logan ne s’arrête pas à l’impeccable performance de Jackman. Si la relation entre le vieux griffu et la jeune X-23 est bien trop classique pour totalement convaincre, la jeune héroïne interprétée brillamment par Dafne Keen est écrite avec intelligence. En faire une réfugiée Mexicaine, condamnée à traverser les Etats-Unis, transformés en étendue désertique, pour atteindre un Canada aux airs de refuge idyllique apporte encore une couche de sens (et de politique) bienvenue à une saga qui n’a pas toujours bien su gérer son héritage issu de la lutte pour les droits civiques.

Mais X-23 n’est pas la seule sur laquelle s’attarde le scénario de Logan. Enfin, le bourrin solitaire auquel Jackman a confié son destin a droit à un traitement fidèle aux comics, et globalement cohérent. La caméra de Mangold s’attarde sur ses cicatrices, ses convulsions ses rides, tandis que l’écriture interroge les vieux démons de Wolverine.

 

Photo Dafne KeenElle est jeune, mais elle est vénère

 

Décrit comme un monstre mythique (ne se promène-t-il pas avec une balle d’Adamantium, qui rappelle les munitions d’argents destinés autrefois au Loup-Garou ?), Wolverine sera symboliquement sauvé par le cinéma – les références au western abondent, tandis que le territoire américain se mue en Ouest fantasmatique – et par les comics, auquel le récit revient progressivement, jusqu’à effacer nos souvenirs des dernières piteuses aventures solo du personnage.

 

Photo Hugh JackmanTerminus

 

TIENS VOILÀ DU BOUDIN

James Mangold et la Fox n’avaient pas seulement promis un road movie crépusculaire (ce qu’est le film) mais aussi une bonne fête de la saucisse au sang classée R. Et ils n’ont pas menti. Dialogues, rapports entre les protagonistes ou scènes d’action, tout respire la dureté, une conflictualité âpre et une noirceur sourde.

 

Photo Dafne KeenDafne Keen

 

Quant aux bastons, elles font oublier instantanément tout ce que la saga X-Men a pu produire en termes d’affrontements physiques. À côté de Logan, Jason Voorhees passe pour Pimprenelle la Coccinelle, tant Wolverine se déchaîne, au cours de séances de massacre qui évoquent un shocker hard boiled des années 70, ou les soldes sauvages d’une boucherie tenue par un serial killer bipolaire.

Au-delà de son côté saignant, Logan s’arrête notamment sur les conséquences de la violence, le poids des actes, leur conséquences. Charles Xavier et son garde du corps alcoolique apparaissent ainsi comme autant de damnés, quasi-zombies en quête de rédemption. Grâce à cette tonalité radicale, Mangold nous offre le premier X-Men totalement sincère, qui fait littéralement office de tombeau pour l’ensemble des films qui ont précédé, ainsi que le révèle poétiquement l’ultime plan du film.

 

Photo Hugh JackmanHugh Jackman

 

THE LONG GOODBYE

Pas de doute, Logan est bien le road trip calciné, violent et définitif qu’attendaient les fans du personnage et les cinéphages biberonnés à la franchise X-Men. Mais il est très loin de constituer un film intégralement réussi pour autant. Après deux aventures solo frisant l’indigence, il semble que Mangold et Jackman aient voulu trop en mettre. Forcément, pour faire du Wolverine gentillet portraituré jusqu’à aujourd’hui le personnage radical que nous avons sous les yeux, le film est tenté de réintroduire la totalité de sa mythologie.

 

Photo Dafne Keen, Hugh JackmanDrôle de récolte cette année

 

Une démarche qui pèse sur le rythme de l’ensemble, surtout que Logan n’appartenant pas au canon de la saga, il a tout un univers à nous faire avaler. Des ingrédients qui se marieraient bien mieux si les interconnexions entre personnages étaient plus efficacement structurées. Si chaque protagoniste est conçu avec un soin véritable, les interactions entre chacun (notamment entre Wolverine et X-23) sont d’un académisme qui frise souvent la platitude.

Et quand dans sa deuxième partie, le métrage est obligé de revenir sur les rails plus convenus d’une narration tenue d’apporter une conclusion à son récit, les ficelles deviennent d’autant plus énormes qu’elles s’activent bien trop lentement. Avec plus de 2h10 au compteur, Logan prend le risque de la lassitude, au fur et à mesure que l’intensité de son récit s’étiole, et ce, malgré une superbe conclusion.

 

Affiche

Résumé

Trop long et académique dans sa structure, Logan offre néanmoins à Wolverine un baroud d'honneur désespéré et violent, à la hauteur de la légende.

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Lecteurs

(3.9)

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commentaires
Flo
07/09/2021 à 14:30

Et finalement, hommage à Belmondo... Un autre dur à cuire immortel. Respect.

zetagundam
06/09/2021 à 20:51

J'ai pas compris l'engouement démesuré qu'a reçu le film.

Alors oui, ça saigne plus qu'à l'accoutumé mais pour voir cela, il faut se farcir, pour mes plus gros reproches, un méchant en sucre avec sa main artificielle, un énorme ventre mou avec toute la partie se déroulant dans la ferme, une X-23 très réussit jusqu'à ce qu'elle ouvre la bouche (il aurait été préférable qu'elle reste muette) et en plus je n'ai pas apprécié la photographie du film.

Pour le coup, je vais rester sur Wolverine 2, qui malgré ses nombreuses imperfections, reste pour ma part le plus "comic book" des 3 films Wolverine et l'un des films les plus divertissants de la saga X-Men

arf
06/09/2021 à 20:26

Les soi-disant adieux au personnage de wolverine ne concernent pas le wolverine dont ont était habitué, une espèce de thug immortel et dédaigneux et dont le mantra était en tout premier lieu quelques chose comme "je m'en balek..." Une machine à sushis cigare au bec dont les pouvoirs n'ont jamais été pris en défaut, pas une seule fois de ce que je me rappelle. Arrive Logan, et on se retrouve à suivre un papy barbu qui ressemble vaguement à un aïeul de wolverine multi-millénaire finalement rattrapé par la vieillesse. Il a perdu ses pouvoirs, il a perdu ses potes, il se retrouve encombré d'une gamine mutique dont on a strictement que faire, se prends des mandales de malandrin à en crever presque. Il retrouve ses pouvoirs uniquement quand il prends ses médocs, comme un vieux qui retrouve sa fierté avec ses pilules bleues.
C'est ça, les adieux au personnage ?
Comme dit plus bas logan est une hymne à la déprime qui représente un 180 exact de l'évolution du personnage à l'écran.
Non, désolé, on a pas eu le dernier film du wolverine qu'on nous a présenté depuis 2000.

Giorno Giovanna
24/07/2021 à 07:01

Le pire film x men que j'ai put voire et pourtant je suis un mega fan du travail de Chris Clairemont, rien ne va dans ce film, on nous vends les Reavers, les chasseurs de mutant au aptitudes uniques et que vois un blondinet minable avec une prothèse à 2 balles, quand au traitement de x 23 ben t'as juste envie de couper le son et Caliban ben c'est à se demander si tout les gens ayant aime le film on déjà ouvert un comics une fois dans leurs vie tellement c'est à l'ouest, quand au dernier adversaire pff plus original tu meurs, une énorme déception.

Matpala
10/03/2021 à 12:19

Film magnifié dans sa version noir et blanc, la seul et l'unique qui devrait être visible car encore plus mélancolique, viscéral.

J'ai adoré Logan au ciné, je l'ai redécouvert et mis dans la catégorie : "film culte" dans sa version noir et blanc

Micju
08/03/2021 à 20:28

Désolé mais trois étoiles et demi pour ce film est une erreur. C’est le meilleur de la série x-men et un des trois meilleurs films de supers.

Anonymous
08/03/2021 à 19:47

Perso , j'ai détesté ce film
Wolverine mourant malgré sa régénération mutante permanente
Professeur x sur sa fin et cenile
X-men tous morts a cause du professeur etc..
Ce film est pour moi un hymne à la déprime.
Loin des films précédant .

Mais outre cela cela reste un goût tous personnel a chacun.

Flo
10/03/2020 à 16:01

Pourquoi tout le monde devrait faire pareil, Marc ?
Pas de limite à l'écrit ici, donc pas d'obligation à ne pas mettre une analyse contextualisée plutôt qu'un "ouah c'est trop bien etc" ou "bof, c'est nul etc".
Si c'est fait le plus correctement possible, lire un peu plus ne peut pas être une corvée.

Marc
10/03/2020 à 13:50

@flo
Peux tu faire comment dire plus condensé ? Ce n'est pas un avis c'est un pavé une prose une dissertation certe avec beaucoup de talents. Perso je lis les avis les plus courts . Sa me suffit largement pour un avis d'un film . @+

Marc
10/03/2020 à 11:57

Je fais court LOGAN un CHEF D'OEUVRE .

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