War Dogs : Critique totalement flinguée

Simon Riaux | 14 septembre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Simon Riaux | 14 septembre 2016 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Après les succès publics et critiques du Loup de Wall Street et The Big Short, le créneau de la comédie dramatique politique, et décryptages consacrés aux zones d’ombre de l’American Way of Life se remplit à toute vitesse. C’est à cet exercice que se risque Todd Phillips avec War Dogs, fable amère dans laquelle deux jeunes hommes s’improvisent marchands d’armes pour le compte de l’administration américaine.

 

 

Lord of War

Grâce au flou entourant les appels d’offres relatifs aux contrats d’armement, des petites entreprises sont capables de traiter avec le Pentagone en qualité d’intermédiaire. Une potentielle manne et une zone grise, idéale pour sacrifier états d’âmes et principes moraux. Voilà la boîte de Pandore qu’ouvrent goulûment David Packouz (Miles Teller) et Efraim Diveroli (Jonah Hill) sous l’œil amusé du réalisateur Todd Phillips.

Hélas, le cinéaste, venu de la comédie grasse hollywoodienne (Road Trip, Starsky & Hutch, la trilogie Very Bad Trip) n’est de toute évidence pas armé pour traiter d’un sujet aussi complexe et intimement lié à l’ADN identitaire des Etats-Unis. Loin d’être un manchot, il emballe son film en se contentant d’en illustrer presque naïvement le script, comme s’il se refusait à en comprendre les enjeux.

 

Photo War Dogs

 

Mou du gun

Le pamphlet contre la marchandisation des armes et l’irresponsabilité de ses acteurs ? Il est à peine effleuré et systématiquement dégoupillé par les ressorts comiques de l’ensemble. La charge humoristique ? Elle consiste finalement à laisser Jonah Hill en roue libre, qui ne peut dès lors que proposer une resucée lourdingue de son rôle de financier priapique chez Scorsese. Le récit tumultueux d’une amitié perverse ? Il n’est abordé que par le biais des dialogues, la mise en scène se refusant à prendre le taureau par les cornes. La dénonciation d’un libéralisme qui écrase les valeurs ? Là encore, il reste purement théorique.

Et la conséquence de la timidité (ou de l’inconséquence) de Phillips, c’est que seule la dimension ouvertement comique du métrage est par endroit une réussite. Ainsi, tout ce que le scénario contenait de pistes audacieuses, voire vénéneuses, se trouve terriblement amoindri ou privé de substance.

 

trailer 2

 

 

Tir à blanc

Ce War Dogs ne manquait pourtant pas de munitions. On retrouve bien la patte de Stephen Chien (scénariste de Gummo et Another Day in Paradise) ici et là, mais relégué au rang d’intention embryonnaire. Dommage, car quand dans ces dernières minutes, Miles Teller réalise – après l’avoir pourtant continuellement répété au gré de voix off poussives) que son meilleur ami est un psychopathe fini et que leur collaboration n’est qu’un énième jeu de dupe, l’ambiguité fait enfin son chemin.

Dans sa plaisante dernière bobine, War Dogs révèle ainsi qu’il contenait les germes d’une œuvre désespérée, terriblement acide, que son réalisateur semble incapable d’assumer.  Là où Adam McKay usait sur The Big Short de son expérience humoristique pour booster une œuvre technique en forme de réquisitoire, Phillips fait l’inverse et s’évertue à tout lisser, vidant le projet de sa substance.

 

Photo Jonah Hill

Résumé

Pas assez drôle et pas aussi acide ou troublant que son scénario le promettait, War Dogs n'est finalement qu'un produit trop lisse pour son propre bien.

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commentaires
Benichou
02/09/2016 à 21:47

Teller était bon dans Rabbit Hole, même si c'est surtout Kidman (que je n'aime pas depuis plusieurs années) qui m'a impressionné.

Seph
02/09/2016 à 11:33

@Gneeeee

Hé le gland, t'as jamais vu un acteur excellent dans un rôle ou deux, mais moyen ailleurs, par la suite ? Y'a des tas d'acteurs parfaits dans un type de rôle, ou avec certains réal qui savent les gérer et les canaliser. Le "talent" pur, peu importe le film l'histoire le réal le genre, c'est rare. Gneeee

MystereK
02/09/2016 à 11:12

C'est vrai qu'il m'a fait penser John Cusack. Efectivement, dans Whiplash il ne fait pas que jouer de la batterie et il est grandiose dans ce film.

Gneeeee
02/09/2016 à 00:56

Si il est excellent dans whiplash ça signfie que c'est un bon acteur bande de glands. Faut simplement lui donner de bon roles pour que la performance suive. " il est juste bon en batterie" gneeee. C'est pas entierement sa performance a la batterie qui a fait le film. Il me fait surtout penser a un jeune john cusack surtt physiquement.

champy
01/09/2016 à 11:22

Quand je pense que j'ai vu une critique dire que ce Miles Teller est le nouveau Dustin Hoffman! Et Jonah Hill , n'en a t-il pas un peu marre de jouer ainsi avec son poids? Il finira par avoir une crise cardiaque, avec ses YoYo répétés...

postman
01/09/2016 à 10:39

Miles Teller est excellent dans Whiplash...Pour le reste, c'est vrai que c'est pas terrible.

Ra8f787878
01/09/2016 à 10:17

Grave milles teller il est dans tout plein de film et je le trouve toujours aussi mauvais... le film ou il joué un ado alcoolique la il livre une prestation bidon alors que dans les critiques on l'encense j'ai jamais compris ce qu'on lui trouvé... bon c'est vrai il joue bien de la batterie mais à part sa jvois pas !!!!

Satan Lateube
01/09/2016 à 09:00

Miles Teller ... depuis que je l'ai vu dans Divergente je sais que c'est l'un des plus mauvais acteurs actuels, avec le charisme d'une huitre.

Grift
31/08/2016 à 20:09

Ouais donc pas assez drôle...

Okay
31/08/2016 à 19:03

En meme temps c'est une comedie, donc fallait pas s'attendre a un réquisitoire a la Oliver stone non plus-_-

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