Terminator : Genisys - critique du futur

Simon Riaux | 28 octobre 2018 - MAJ : 29/11/2019 15:30
Simon Riaux | 28 octobre 2018 - MAJ : 29/11/2019 15:30

Terminator : Genisys arrivait avec la promesse de renouveler la saga de James Cameron. Adoubé (à l'époque) par ce dernier en personne, le film signait le retour du grand Arnold Schwarzenegger, accompagné pour l'occasion d'Emilia Clarke. Le nouveau film du réalisateur de Thor : Le monde des ténèbres est-il à la hauteur ?

TERMINATOR : DÉGÉNÉRESCENCE

Ceux qui rêvaient de voir un authentique vaudeville avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle du papa gâteau, Emilia Clarke dans celui de la post-adolescente fan d'Elton John (sic) et un veau aux hormones dans celui du jeune premier sont sur le point d'être exaucés. Car Terminator Genisys n'est pas autre chose. Et avouons-le, on rigole parfois aux blagues du T-800 ou aux regards entendus que s'échangent Sarah Connor et "Papy", qui rappelleront aux nostalgiques les plus belles scènes de 7 à la Maison.

Entre Benny Hill et Max Pecas, le film d'Alan Taylor marque ainsi quelques points. On sera également reconnaissant à la Paramount d'avoir spoilé absolument toute l'intrigue du film pendant la promotion, ce qui permettra aux plus fatigués de piquer un petit roupillon ni vu ni connu.

 

Photo Emilia ClarkeEmilia Clarke

 

Malheureusement, si vous entrez dans la salle pour assister à un spectacle de SF dopé à l'action brutale en milieu urbain, vous risquez de déchanter. "Tu n'es qu'une relique appartenant à une ligne temporelle effacée", lance à Arnold Schwarzenegger un personnage de Terminator Genisys. Et c'est effectivement ainsi que le film considère ses ancêtres mis en scène par James Cameron. Par conséquent, Alan Taylor ne cherche jamais à en dupliquer la scénographie implacable, ou à nous offrir d'imagerie iconique. À tout cela il préfère l'accumulation de scénettes prétendument spectaculaires, trop brèves et dénuées d'enjeux pour retenir l'attention.

Tout blockbuster qu'il soit, le film affiche ainsi une médiocrité technique qui demeure, plusieurs années après sa sortie, son élément le plus spectaculaire. De modèles 3D finis à l'urine, en passant par des incrustations qui feraient honte au directeur artistique de La Roue de la Fortune, jusqu'à une incompétence spectaculaire dès qu'il est question de gérer des masses en mouvement ou des impacts, tout concourt à faire de Terminator : Genisys un ratage aux proportions quasi-inédites. 

 

Photo Terminator : GenisysIl a pris cher Peepoodou

 

TECH-NUL

Enfin, c'est jusque dans son ADN, que le projet apparaît vicié, comme si aucun de ses participants n'avait la moindre idée de la direction dans laquelle aller. Curieux choix scénaristique que cette intrigue qui passe son temps à rejouer (dans des versions débiloïdes teintées de comédie romantique) les grands moments des deux premiers films, tout en nous assénant que ses enjeux sont dépassés, dépassables, voire périmés. Car, en faisant de John Connor son antagoniste, c'est précisément ce que fait Alan Taylor, sans doute inconscient que la saga, dans sa forme actuelle, ne peut survivre sans son unique moteur.

La figure, christique par essence, de Connor a toujours été ce moteur, ce concept vers lequel toutes les forces en présence tendent et convergent, en vue de s'entrechoquer violemment. Non content de vomir son déjeuner macrobiotique dans le réacteur narratif et émotionnel de la franchise, Alan Taylor n'en modifie aucun ingrédient, soulignant encore l'inanité de l'entreprise. Car, privés d'un idéal à préserver, nos héros n'ont littéralement aucun but, sinon détruire une réplique de Skynet, transformé en système d'exploitation ultra-ringard. Un néant imaginatif que des kilotonnes d'images de synthèse radioactives ne suffisent pas à étouffer.

 

photo, Emilia Clarke"Mais laissez-moi tomber bordel !"

 

Ce qu'on aura peut-être le plus de mal à pardonner à ce sinistre Terminator : Genisys, c'est la bêtise avec laquelle il agite mollement ses personnages iconiques. Arnold Schwarzenegger est devenu une sorte papy Schultz aux hormones, dont on ne croit jamais qu'il soit sérieusement en mesure de dégommer des T-800 tous neufs, et ce pauvre Kyle Reese est interprété par la limande culturiste Jai Courtney, visiblement plus à l'aise dans les rôles de deltoïdes lympathiques que ceux de héros sacrificiels. Quant à Emilia Clarke, condamnée à interpréter une version défraîchie puis recuite au micro-ondes de Linda Hamilton, on compatit trop avec la lueur de désespoir qui illumine son regard pour s'acharner.

 

Affiche

Résumé

Terminator : Genisys s'apparente à un cauchemar de cinéphile, navigant à vue entre son mépris pour le spectateur et l'opportunisme qu'il déploie pour moissonner son portefeuille.

Autre avis Geoffrey Crété
On serait tentés de se dire que Terminator Genisys mérite une deuxième chance, pour être réévalué. Erreur. Même avec le recul, cet épisode reste désespérément générique, insipide, écrit en pilotage automatique, avec un casting peu inspiré et une mollesse générale incroyable. L'un des pires représentants récents du business des franchises.
Autre avis Lino Cassinat
Le fait que le titre du film lui-même soit un jeu de mots incompréhensible résume tout le programme de Genisys : une mauvaise plaisanterie. Le seul (anti-)mérite du film, c'est qu'à pisser la médiocrité crasse par tous les pores, tous les autres canards boiteux de la franchise passent pour de bons films.

Lecteurs

(2.0)

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commentaires

Dutch Schaefer
29/11/2019 à 20:13

Passé Terminator (premier du nom le 24 Avril 1985) le reste n'a fait qu'entrainer l'icône robotique dans les tréfonds de la nullité!

Rack
01/11/2019 à 20:43

Moi j'ai bien aimé.

prof west
31/10/2019 à 07:44

Les 30 premières minutes sont plus ou moins intéressantes le reste rien a sauver c'est du wtf , indéfendable tellement ça touche le fond des abyss .......rip

Xprocessor
29/10/2019 à 10:30

Encore une franchise qui s'est essoufflée et vidée de sens avec les années. Trop dur sûrement de se positionner après un T2 gigantesque qui a, à la fois, inventé un genre et enterré toute possibilité de le surpasser... Alors évidemment, les réalisateurs n'ont eu d'autres idées que de refaire à l'identique (T3) ou de sombrer dans la caricature grossière (Genisys). La seule tentative d'aller au delà (Terminator Salvation) s'est révélée interessante mais, privée ce ce qui fait l'intérêt de Terminator (une technologie du futur qui vient habiter notre environnement immédiat), il s'est planté.... A trop vouloir tirer sur la même corde, on finit forcément par a casser...

prof west
29/10/2019 à 07:15

Palme d'or a Jason Clarke pour le plus mauvais john connor de l'histoire

Jaberwock
28/10/2019 à 21:48

Bien vu ;-) @ecranlarge

Geoffrey Crété - Rédaction
28/10/2019 à 21:42

@Jaberwock

Oui, c'est d'ailleurs pour ça que la critique du Bayona a aussi été republiée :)

Jaberwock
28/10/2019 à 21:24

Il y a aussi quelques minutes après minuit qui passe ce soir... autant s’intéresser au bon film. Non?

Ken
28/10/2019 à 19:56

Il mérite aucune étoile même pas une demi étoile lol

Khal55
06/10/2019 à 14:37

En fait le problème de ce film c'est qu'il s'appel "Terminator"... et quand on s'appel comme ça on se doit d'être un film qui a un minimum de personnalité!
Le film n'est pas une bouse infâme mais il est bien trop classique et basique dans sa réalisation... c'est un pop corn moovie pour ado..sans saveur juste regardable et distrayant ... un film Studio à 100% quoi! Et c'est en adéquation total avec le produit d'origine de james cameron. T1 et T2 étaient bien plus sombres.. bien plus maîtriser... on sentait que ce n'était pas n'importe qui au commende! (La scène du commissariat de T1.... les courses poursuite de T2...) une mise en scène spectaculaire et brutal et un un ton plus sérieux dans la forme comme dans le fond. Bref on vit vraiment une époque "fast food, fast moovie, fast music... fast TOUT

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