Terminator : Genisys - critique du futur

Simon Riaux | 29 mars 2021 - MAJ : 29/03/2021 19:05
Simon Riaux | 29 mars 2021 - MAJ : 29/03/2021 19:05

Terminator : Genisys, ce soir à 21h15 sur C8.

Terminator : Genisys arrivait avec la promesse de renouveler la saga de James Cameron. Adoubé (à l'époque) par ce dernier en personne, le film signait le retour du grand Arnold Schwarzenegger, accompagné pour l'occasion d'Emilia Clarke. Le nouveau film du réalisateur de Thor : Le monde des ténèbres est-il à la hauteur ?

TERMINATOR : DÉGÉNÉRESCENCE

Ceux qui rêvaient de voir un authentique vaudeville avec Arnold Schwarzenegger dans le rôle du papa gâteau, Emilia Clarke dans celui de la post-adolescente fan d'Elton John (sic) et un veau aux hormones dans celui du jeune premier sont sur le point d'être exaucés. Car Terminator Genisys n'est pas autre chose. Et avouons-le, on rigole parfois aux blagues du T-800 ou aux regards entendus que s'échangent Sarah Connor et "Papy", qui rappelleront aux nostalgiques les plus belles scènes de 7 à la Maison.

Entre Benny Hill et Max Pecas, le film d'Alan Taylor marque ainsi quelques points. On sera également reconnaissant à la Paramount d'avoir spoilé absolument toute l'intrigue du film pendant la promotion, ce qui permettra aux plus fatigués de piquer un petit roupillon ni vu ni connu.

 

Photo Emilia ClarkeEmilia Clarke

 

Malheureusement, si vous entrez dans la salle pour assister à un spectacle de SF dopé à l'action brutale en milieu urbain, vous risquez de déchanter. "Tu n'es qu'une relique appartenant à une ligne temporelle effacée", lance à Arnold Schwarzenegger un personnage de Terminator Genisys. Et c'est effectivement ainsi que le film considère ses ancêtres mis en scène par James Cameron. Par conséquent, Alan Taylor ne cherche jamais à en dupliquer la scénographie implacable, ou à nous offrir d'imagerie iconique. À tout cela il préfère l'accumulation de scénettes prétendument spectaculaires, trop brèves et dénuées d'enjeux pour retenir l'attention.

Tout blockbuster qu'il soit, le film affiche ainsi une médiocrité technique qui demeure, plusieurs années après sa sortie, son élément le plus spectaculaire. De modèles 3D finis à l'urine, en passant par des incrustations qui feraient honte au directeur artistique de La Roue de la Fortune, jusqu'à une incompétence spectaculaire dès qu'il est question de gérer des masses en mouvement ou des impacts, tout concourt à faire de Terminator : Genisys un ratage aux proportions quasi-inédites. 

 

Photo Terminator : GenisysIl a pris cher Peepoodou

 

TECH-NUL

Enfin, c'est jusque dans son ADN, que le projet apparaît vicié, comme si aucun de ses participants n'avait la moindre idée de la direction dans laquelle aller. Curieux choix scénaristique que cette intrigue qui passe son temps à rejouer (dans des versions débiloïdes teintées de comédie romantique) les grands moments des deux premiers films, tout en nous assénant que ses enjeux sont dépassés, dépassables, voire périmés. Car, en faisant de John Connor son antagoniste, c'est précisément ce que fait Alan Taylor, sans doute inconscient que la saga, dans sa forme actuelle, ne peut survivre sans son unique moteur.

La figure, christique par essence, de Connor a toujours été ce moteur, ce concept vers lequel toutes les forces en présence tendent et convergent, en vue de s'entrechoquer violemment. Non content de vomir son déjeuner macrobiotique dans le réacteur narratif et émotionnel de la franchise, Alan Taylor n'en modifie aucun ingrédient, soulignant encore l'inanité de l'entreprise. Car, privés d'un idéal à préserver, nos héros n'ont littéralement aucun but, sinon détruire une réplique de Skynet, transformé en système d'exploitation ultra-ringard. Un néant imaginatif que des kilotonnes d'images de synthèse radioactives ne suffisent pas à étouffer.

 

photo, Emilia Clarke"Mais laissez-moi tomber bordel !"

 

Ce qu'on aura peut-être le plus de mal à pardonner à ce sinistre Terminator : Genisys, c'est la bêtise avec laquelle il agite mollement ses personnages iconiques. Arnold Schwarzenegger est devenu une sorte papy Schultz aux hormones, dont on ne croit jamais qu'il soit sérieusement en mesure de dégommer des T-800 tous neufs, et ce pauvre Kyle Reese est interprété par la limande culturiste Jai Courtney, visiblement plus à l'aise dans les rôles de deltoïdes lympathiques que ceux de héros sacrificiels. Quant à Emilia Clarke, condamnée à interpréter une version défraîchie puis recuite au micro-ondes de Linda Hamilton, on compatit trop avec la lueur de désespoir qui illumine son regard pour s'acharner.

 

Affiche

Résumé

Terminator : Genisys s'apparente à un cauchemar de cinéphile, navigant à vue entre son mépris pour le spectateur et l'opportunisme qu'il déploie pour moissonner son portefeuille.

Autre avis Geoffrey Crété
On serait tentés de se dire que Terminator Genisys mérite une deuxième chance, pour être réévalué. Erreur. Même avec le recul, cet épisode reste désespérément générique, insipide, écrit en pilotage automatique, avec un casting peu inspiré et une mollesse générale incroyable. L'un des pires représentants récents du business des franchises.
Autre avis Lino Cassinat
Le fait que le titre du film lui-même soit un jeu de mots incompréhensible résume tout le programme de Genisys : une mauvaise plaisanterie. Le seul (anti-)mérite du film, c'est qu'à pisser la médiocrité crasse par tous les pores, tous les autres canards boiteux de la franchise passent pour de bons films.
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Lecteurs

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commentaires
Andrew
30/08/2021 à 04:58

J’ai aimer le 1 ,2 et le 4ème avec Christian Bale ……
Le reste , c’est très médiocre

Bobbybastien
31/03/2021 à 16:37

Le T1 et t2 et t3 son les meilleurs du terminator le dernier numéro et nul

Garm
30/03/2021 à 12:13

Je me suis refusé à le voir jusqu'à hier soir, j'aurais du resté sur ma décision initiale.
Mais quelle daube ce truc. Alan Taylor est vraiment un tâcheron, entre son thor 2 et ça, pas étonnant qu'il n'ait rien fait d'autre depuis.
Des acteurs peu charismatiques qui jouent comme des endives, des clins d’œil toutes les 20 secondes, des twists à la con, des incohérences, des trous scénaristiques qu'ils n'essayent même pas de cacher, schwarzy qui n'en a plus rien à foutre, et de l'humours... beaucoup trop d'humour (et pas le meilleur en plus).
Ou est passé le premier degré et la gravité des 2 premiers films? des histoires simples et bien écrites, traitées de façon sérieuse... du coup on y croyait.
Un blockbuster débile qui se croit tellement plus malin qu'il se permet de désacraliser tout ce qui faisait la force des films de Cameron.
A force de ne pas prendre son sujet au sérieux, c'est le film qu'on ne prend pas au sérieux finalement... et c'est bien la tare de tous les blockbusters modernes

Pat Rick
30/03/2021 à 11:35

@zetagundam

"La seule chose qui sauve le film malgré sa médiocrité c'est que Dark Fate est encore pire"

Exactement Dark Fate est plus mauvais que ce Genysis qui peut divertir grâce à ses scènes d'action.

Terminator obsolesence schedulded
30/03/2021 à 10:34

un t800 ne doit pas viellir, alors le Cameron il a soufflé que la peau, le visage, les cheveux etant organiqued, çà peut prendre un coup de vieux ....pour justifier le t800 qui avait depassé allegrement les 65 ans au moment du tournage!
ouiai mais non en fait, l'endosquelette en metal ou titane ou je ne sais quoi, lui il subit pas l'usure du temps, le T800 de 2015 il doit ^tre aussi massif que celui de 1983 quand bien même le visage fait 67 ans, donc le raisonnement de j Cameron est faux
en 1983, Schwarzy avait regagné 15 kg pour être massif,, c'etait credible le squelette en metal sous la peau pourtant en 1982 il faisait sa video kitsch en prof de muscu legere.. ou il avait perdu toute la masse apres le Conan de 1980...

zetagundam
29/03/2021 à 21:37

La seule chose qui sauve le film malgré sa médiocrité c'est que Dark Fate est encore pire

Ethan
29/03/2021 à 20:46

Le problème de terminator c'est que Schwarzenegger a vieilli du coup ça le fait pas vraiment

Le meilleur c'est quand même le 2

Ça va
23/01/2021 à 08:20

J'ai bien aimé. C'est certain que ce n'est pas le meilleur, mais ce n'est pas non plus le plus nul de la franchise, loin de là.

Dutch Schaefer
29/11/2019 à 20:13

Passé Terminator (premier du nom le 24 Avril 1985) le reste n'a fait qu'entrainer l'icône robotique dans les tréfonds de la nullité!

Rack
01/11/2019 à 20:43

Moi j'ai bien aimé.

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