Dark Places : Critique Gone Girl bis

Geoffrey Crété | 3 avril 2015
Geoffrey Crété | 3 avril 2015

Drôle de carrière que celle de Gilles Paquet-Brenner, lancée par Les Jolies Choses avec Marion Cotillard et les comédies Gomez et Tavarez, mais devenue réellement intrigante avec le thriller U.V., la série B Les Emmurés et le mélo Elle s'appelait Sarah avec Kristin Scott Thomas. Nouvelle pièce à conviction avec Dark Places, un thriller où officie Charlize Theron.

Le premier réflexe sera de penser que la présence de Gillian Flynn, auteur du livre et scénariste du film Gone Girl, servira d'étendard promotionnel pour ce film mystérieusement resté dans l'ombre jusqu'à récemment. Force est de constater que ce sera l'inverse puisque Dark Places ne pourra que souffrir de la comparaison inévitable avec le film de David Fincher. Car si les deux histoires partagent des thématiques et des motifs, ainsi qu'une mécanique des apparences et des twists, il manque au film de Paquet-Brenner la force et la puissance nécessaires pour emballer une nouvelle histoire abracadabrantesque.

 

 

Dark Places oscille ainsi entre différents degrés de lecture plus ou moins heureux. D'une sordide histoire de famille à une vision comique du satanisme, d'une héroïne meurtrie à un fan club de serial killers, le film envoie beaucoup de signaux mais ne trouve pas l'harmonie. La faute à un récit qui trimballe trop de points de vues, de temporalités et sous-intrigues, incarnées par des personnages accessoires à la profondeur toute relative - Nicholas Hoult en trésorier du Kill Club et propriétaire de lavomatique, Chloë Grace Moretz en Carrie version pouffe de Beverly Hills, Christina Hendricks en miroir de Lost River, autour d'une Charlize Theron teigneuse qui rappelle Young Adult.

 

 

A la fois trop plein et trop vide, Dark Places se perd dans les méandres d'une intrigue au final bien ridicule, et surtout incapable de susciter la moindre émotion. Difficile de s'attacher à cette livide Libby aux motivations et failles artificielles, embarquée dans une enquête au suspense creux tant le scénario manque de finesse. De quoi confirmer que Charlize Theron, excellente comédienne ici productrice, a bien du mal à dicerner le bon du médiocre. Mieux vaut donc considérer cette première rencontre entre elle et Nicholas Hoult comme un raté avant leur prochaine aventure nommée Mad Max : Fury Road.

 

 

Résumé

Un thriller mal fagoté, qui manque de finesse, de chair et de force.

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commentaires
Greg
04/04/2015 à 02:03

"Un thriller mal fagoté, qui manque de finesse, de chair et de force."

Surprenant pour un film réalisé par... non, j'ai rien dit.

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