Films

Salaud, on t’aime : Critique

Par Sandy Gillet
2 avril 2014
MAJ : 8 avril 2022

Qu’on le veuille ou non, la sortie d’un film signé Claude Lelouch reste un événement. Certes, il faut remonter à 1996 et Hommes femmes mode d’emploi pour retrouver trace d’un succès probant au sein de sa filmo. Mais qu’à cela ne tienne, l’homme, le cinéaste et ses films continuent de capter l’attention, la curiosité voire l’envie. Preuve en est avec Salaud, on t’aime qui propose une brochette d’actrices épatantes, des seconds rôles savoureux et un duo d’acteurs, rockers à la ville, que l’on n’a que très rarement vus réunis devant une caméra.

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On le sait, Lelouch est un formidable dragueur de talents. Il est de ces cinéastes « old school »  pour lesquels le premier challenge à relever sur un film est l’intégration d’un matériau brut à sa grande, très grande famille de comédiens. Une « méthode » qui si elle ne fonctionne pas toujours montre qu’elle a de beaux restes ici. C’est en effet peu de dire que tout l’édifice scénaristique pour le moins tiré par les cheveux ne tient que par la direction d’acteurs toujours aussi instinctive et animale du cinéaste.

 

 

C’est ce qui permet de pardonner que le film navigue souvent à vue quand il n’en devient pas totalement superficiel dans sa deuxième partie aux accents de pseudo thriller pas crédible pour un sou. Tant pis. On se lovera sans peine dans le cabotinage naturel d’Hallyday et de  Mitchell (ah ces dialogues devant un écran de télé où passe Rio Bravo ! Pour un peu on se croirait dans un revival de La dernière séance) et dans la présence solaire de Sandrine Bonnaire qui subjugue sans peine le talent pourtant palpable des autres actrices.  

 

 

Notre indulgence provient également de la capacité de Lelouch à nous proposer un cinéma désarmant de sincérité. Un cinéma qui se raconte (dans le bon sens de l’expression) et qui renvoie sa propre image… déformée. En effet, ce personnage de photographe reporter qui veut enfin se poser et tenter de recoller les morceaux d’une famille éparpillée façon puzzle dans une maison pour lequel il a eu un coup de cœur au cœur des Alpes, est tout sauf anodin. Il rappelle bien entendu et par bien des égards la propre vie chaotique d’un homme qui adore se mettre en scène encore et encore. Beaucoup lui ont reproché et lui reprochent encore ce cinéma égocentrique qui tourne en rond. Argument recevable. De notre côté, on préfère toutefois y voir la marque de fabrique d’un homme se mettant à chaque fois à nu tout en se jouant de nous par le biais d’un medium que l’on sait éminemment menteur et/ou prestidigitateur. La définition même du cinéma lelouchien qu’il maîtrise ad nauseam mais qui ne pourra que ravir les moins cyniques d’entre nous.  

 

 

 

Rédacteurs :
Résumé

Lelouch fait du Lelouch et dans l'absolu, c'est rassurant...

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