Critique : Fiston

Sandy Gillet | 12 mars 2014
Sandy Gillet | 12 mars 2014

On ne va pas se mentir, on allait voir le deuxième long signé Pascal Bourdiaux comme on traîne la vache au taureau (© Simon Riaux). Et ô surprise, la saillie fut loin d'être désagréable. Au contraire, le réalisateur du Mac s'en sort avec les honneurs et nous gratifie d'un film qui s'inscrit sans forcer dans la tradition française du « buddy comedy movie ».

Et pourtant, niveau histoire, on est loin de la franche marrade originale. Un p'tit gars a flashé toute sa jeune existence sur sa voisine de pupitre au point de n'avoir jamais pu l'aborder, lui parler et encore moins la draguer. Il en vomit rien que de la croiser. Le p'tit gars c'est bien entendu Kev Adams, qui prépare l'après Soda d'une fort crédible manière. En face, c'est Franck Dubosc, dont on attendait tout sauf une composition  sobre et drôle, en Casanova sur le retour prodiguant ses conseils de séduction d'un autre temps. Si le sourire jaillit souvent de cette confrontation attendue et vendue comme telle depuis l'affiche, si la thématique de la filiation est bien entendu évidente, elles n'en sont pas pour autant les uniques piliers d'un film qui s'appuie aussi sur d'excellents dialogues, des comédies de situation éprouvées et des seconds rôles délicieux. À ce titre, Valérie Benguigui, dont c'est malheureusement ici la dernière apparition, joue à merveille cette mère un peu dépassée qu'elle propulse au premier plan grâce à son timing drolatique et une belle justesse.   

Bien entendu, tout cela reste extrêmement codifié jusqu'à la mise en scène, qui si elle sait mettre en valeur le jeu des acteurs, s'embourbe dans une imagerie télévisuelle des plus fadasses. C'est frustrant car avec un peu plus d'allant et d'imagination derrière la caméra, Fiston aurait pu prétendre à mieux que son statut de comédie « recommandable », surtout à l'aune de la production actuelle, boursouflée et opportuniste.

 

En bref : Une comédie qui remplit le contrat comme on dit. Dubosc est sobre, Kev Adams s'amuse, les seconds-rôles sont délicieux (Valérie Benguigui en tête) et on a droit à des dialogues qui font souvent mouches. Reste une réalisation paresseusement passe-partout.

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(1.5)

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