Critique : Les Conquérants

Nicolas Thys | 23 septembre 2013
Nicolas Thys | 23 septembre 2013

Les Conquérants est le deuxième long-métrage de Xabi Molia, réalisateur et romancier, après 8 fois debout. Et malheureusement, malgré quelques belles promesses et un casting convaincant qui offre à Denis Podalydès et Mathieu Demy l'occasion d'un beau duo de comédiens différent et complémentaire, le film peine à tenir la distance. Il amuse, surtout au début, mais il lasse. Si on est loin des comédies grasses et bêtes qu'on voit régulièrement fleurir au sommet du box-office, il n'évite pas l'écueil psychologisant autour de la relation entre deux frères que tout oppose.

Cherchant certainement à éviter les affreuses sensations de déjà-vu autour de ce thème rebattu, Molia ajoute un peu d'aventure avec une étonnante quête du graal quelque part en Europe et une malédiction qui leur apporte tuiles sur tuiles. Mais Les Conquérants c'est un peu La Chèvre sans l'humour, Indiana Jones sans l'aventure et une vague incursion dans le fantastique français sans audace. Il effleure à peine les genres, de peur, peut-être, de perdre cette "magie fraternelle" entre les deux acteurs. Sauf qu'elle a déjà été traitée en mieux et qu'on aurait voulu voir autre chose comme, par exemple, une véritable comédie mêlant aventure et fantastique.

Après tout, ce qu'on retient de La Dernière croisade c'est la relation d'Indy et de son père, preuve qu'on a pas besoin de tergiverser pour s'émouvoir d'une relation familiale décousue et que l'entrée franche et totale dans un genre ne lui ôte rien, bien au contraire. Et ce qui est mémorable dans le film de Weber, c'est la relation Pierre Richard/Gérard Depardieu, qui navigue dans un comique franc et déluré sans rien perdre de sa force. Ce n'est pas en faisant preuve de trop de prudence qu'on arrive à quelque chose, sauf peut-être à être tomber dans les limbes de l'oubli.

Dernier regret : les effets spéciaux numériques. On se croirait revenu 15 ans en arrière. Ils sont aussi mauvais que ceux du premier épisode d'Astérix qui, à l'époque, étaient déjà datés. Heureusement qu'il y en a peu...

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