Wolverine : le combat de l'immortel - critique X-Mouais

Damien Virgitti | 18 juillet 2013 - MAJ : 09/03/2021 15:58
Damien Virgitti | 18 juillet 2013 - MAJ : 09/03/2021 15:58

Quel est le comble pour un immortel si ce n’est d’être mort-né ? C’est pourtant bien le sort qu'a connu Wolverine en 2009 lors de sa première aventure solo au cinéma, rapidement rangée du coté des nanars (et il suffit de jeter un œil au trailer honnête des Screen Junkies pour se le rappeler). Dur, dur alors pour un personnage qui, dans les pages du comic-book, possède pourtant sa propre série depuis 25 ans et dont les potes Avengers, du côté de Marvel, s'éclatent au box- office. Le vrai « combat de l’immortel » (un sous-titre français ô combien judicieux) commence donc maintenant.

Bien décidé à profiter du personnage qui l’avait rendu tant célèbre, Hugh Jackman a donc appelé à la rescousse ses copains réalisateurs (Darren Aronofsky puis James Mangold) pour redonner toutes ses lettres de noblesse à ce personnage, et pourquoi pas, au passage, sonner le retour en force des X-Men au cinéma. Un défi qui relevait de la gageure et qui pourtant s'avère remporté lors d’une première partie plutôt réussie.
 
La bonne idée de départ, c’est qu’au lieu de revenir sempiternellement aux origines des fêlures du personnage, cet opus cherche plutôt à en ausculter les conséquences grâce à une idée scénaristique plutôt astucieuse qui reconnecte le personnage à la saga initiale et qui prend le temps de montrer un être en pleine quête de sens après ses multiples déconvenues (aussi bien fictives qu’au box-office). Ce spin off arrive même à se justifier en délocalisant le personnage dans un tout nouvel univers qui vient prendre ses racines au Japon et dont les personnages secondaires parviennent  vite à être attachants et à prendre vie à l’écran (on a notamment hâte de revoir la jeune Rila Fukushima en guerrière Yukio, aussi mignonne que bad ass). Le temps d’une première heure, James Mangold réussit donc effectivement à faire un « comic book movie qui n’est pas "que du bruit" comme il le déclarait en interview, et on comprend même ce qui a pu intéresser Darren Aronofsky dans cette histoire qui traite avant tout de mortalité et de deuil.
 
 
 

photo, Hugh Jackman

 
 
Mangold n’évite pas pour autant certains passages verbeux, là où l’action aurait pu aider à exploiter les enjeux des personnages. Une partie qui semble moins intéresser le metteur en scène tant, c’est au moment de répondre au cahier des charges du blockbuster, que l’ensemble commence à patiner sec. Un peu chiche sur les scènes d'action, et n’essayant même pas d’égaler certains morceaux de bravoure comme le duel sur le train de Spider-man 2, James Mangold s’emballe carrément dès qu’il s’agit d’introduire les inévitables méchants à super pouvoir aux plans assez incohérents et sans charisme. En résulte un récit qui passe en pilotage automatique avec les incohérences et frustrations qui peuvent aller de mise (ah ces ninjas au potentiel si mal exploité).
 
 

photo, Rila Fukushima

 
Pour autant, cette maladresse prévisible (si on se réfère aux films du monsieur par la passé, Night and Day en tête) ne ternit pas un spectacle bien tenu, surtout si on garde dans un coin de la tête le précédent ratage. On sort de la salle en ayant le sentiment d’avoir assisté au retour d’un personnage phare et figure centrale d’une saga qui s’apprête clairement à revivre sous nos yeux (restez bien après le générique, tout ne fait que commencer...). Et la preuve qu’au cinéma, comme dans les comics, les héros ne meurent jamais !
 
 

Affiche française

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Flo
19/02/2020 à 15:18

Mortel !

Oui, comme dans la mini série d'origine avec Wolverine, y a l’ours enragé dès le départ, Yukio est le « yojimbo » de Logan, Mariko est douce mais combative, Shingen est un salaud etc… Manque plus que la Main, Hogun, Amiko, Mat’suo ou Madripoor et on aurait eu la totale des aventures asiatiques de Logan. Précisons entre parenthèses que c’était un peu aussi le cas de "XM Origins Wolverine", mais du coté des mercenaires et des cyborgs 90’s évidemment. Cela n’en faisait pas une « bouse » pour autant, surtout lorsque des journalistes ne trouvent que ce qualificatif impersonnel sans raisons valables aucunes.

Mais bon ici on a tout sauf un autre spin of des "X-Men", vu qu’en tant que film auto contenu, il n’a pas la vocation à être dérivé mais à suivre une intrigue plus générale. Coincé donc entre "X3" et "DOFP". Avec une explosion nucléaire en début pour bien rappeler d’où on vient et où on risque d’aller avec ses personnages. Et pourtant ça reste de A à Z une histoire de Logan, qui n’appartient qu’à lui, sans lien trop lourd avec son équipe/refuge.

Alors c’est vrai que si Darren Aronofsky avait été aux commandes, on aurait eu plus de temps pour explorer le drame de l’immortalité chez Logan (le facteur guérisseur va et vient trop pour qu’on croit qu’il puisse Vraiment mourir). Mais en sachant qu’il y aurait un autre film avec lui, le suspense est plus mince.
On en aurait aussi plus sur la culture japonaise, le tout étant réduit à la portion congrue, mais la bonne, ça passe quand même. Le Japon reste moins lointain de nos jours.

Ce qu’on peut apprécier le plus, c’est qu’en viellissant Hugh Jackman ressemble de plus en plus à l’image de Wolverine les premières fois où il se démasque dans les comics. Vieux briscard qui a tout vu, tout fait et qu’il faut surtout pas gonfler, il pouvait en fin de compte continuer le plus longtemps possible, Il Restait le personnage. D'ailleurs, en se voûtant avec l’âge, il aurait encore plus fidèle au « nabot ».
Les autres acteurs sont aussi loin de lui servir la soupe, vu qu’il est là la seul star. Rila Fukushima, malgré son nom funeste, est une Yukio toujours espiègle (mais qui flirte moins). Donc plus Kawaï/G Pop, logique de nos jours. Va savoir si elle est vraiment mutante par contre (mais « surnaturelle », pourquoi pas?)
Tao Okamoto Est Mariko, et on pouvait prier de toute nos force qu’elle et Logan aient un vrai avenir ensemble. D’ailleurs, qui pense que l’actrice est une des plus belle femme qui soit ?
Famke Janssen a eu Sa belle sortie après avoir plusieurs fois « cassé » son coup à Logan dans ce film.
Petite déception pour Will Yun Lee, il ne sera pas le Samuraï d’Argent dans cette version, mais son sens de l’honneur envers Mariko est heureusement intacte, c’est le plus important.
La Vipère est La garce, ici blonde car y avait trop de bruns dans ce film (?). Comme elle change souvent d’apparence dans les comics, ses pouvoirs sont à peine gênants.
Et on a droit à deux vilains Yashida au lieu d’un, bonne idée auxquels même les comics n’ont pas pensé (très peu d’aventures de Logan dans le Pacifique des 40’s). Les grosses armures semblant de plus en plus obligatoires dans les comics filmés.

Pas un grand film au final, et c’est normal tant il ne repose que sur un ou deux personnages connus, et sur un réal « de secours » mais bon faiseur, surtout avec des acteurs à succès.
Une bonne petite surprise ne reposant pas sur la surenchères d’effets de plus en plus « énaurmes » mais sur les interactions entre les personnages et les plages de calme (un peu obligatoire au pays du Zen).
Jusqu’à un générique blanc et rouge sur fond noir de toute beauté, très Millerien en fait.

Et c’est après ça que l’Excitation repart comme une folle, avec la fameuse scène post-générique.

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