Critique : O Apóstolo

Nicolas Thys | 7 juillet 2013
Nicolas Thys | 7 juillet 2013

L'animation espagnole se fait de plus en plus présente ces temps-ci sur les écrans et elle affiche une diversité assez impressionnante. Après Tad l'explorateur cette année, un Indiana Jones burlesque, et Arrugas l'année passée, sur un ton plus grave puisqu'abordant la maladie d'Alzheimer, voici O Apostolo. Et, alors que les précédents étaient faits en 3D synthétique et en 2D traditionnelle, le dernier est un film de marionnettes, genre assez peu courant dans la péninsule ibérique.

Mais surtout, par rapport aux deux autres films plutôt ratés, O Apostolo est une petite réussite tant technique que scénaristique. S'alignant sur la production la plus populaire du moment, le cinéma fantastique, il met en scène un personnage évadé de prison qui se retrouve dans un village perdu non loin de Saint Jacques de Compostelle pour aller récupérer des diamants volés. Mais rien ne fonctionne comme prévu et les habitants agissent tous bizarrement, surtout le prêtre qui donne son titre au film. On nage ici un peu dans les clichés du genre mais l'alliance d'un humour totalement anticlérical et du gothique fonctionne d'autant mieux qu'il est animé.

Par sa technique et son rendu, l'animation permet d'aller plus loin dans les extrêmes sans pour autant tomber dans le kitsch absolu. Et les marionnettes, aux mouvements fluides et laissant entrevoir quelque chose de pas totalement humain, font mouche. Contrairement à leurs homologues d'outre-Atlantique, elles ne sont pas non plus lisses mais elles laissent apparaitre rides et imperfections, ajoutant à la grisaille ambiante, la laideur des comportements de chacun avec de jolies références au Nosferatu de Murnau. On appréciera également la galerie de personnages secondaires et les décors, reproduction parfaite de l'imagerie fantastique du village médiéval, perdu dans le temps comme dans l'espace et qui aurait oublié de vieillir.

Finalement, en se tournant vers un public moins enfantin et en évitant toutes les morales un peu trop sirupeuses, O Apostolo devient une très belle alternative aux Frankenweenie ou ParaNorman.

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