The Amazing Spider-Man : critique qui tisse pas bien loin

Laurent Pécha | 17 novembre 2018 - MAJ : 09/12/2019 12:14
Laurent Pécha | 17 novembre 2018 - MAJ : 09/12/2019 12:14

Spider-Man est de retour. Sans Sam Raimi, ni Tobey Maguire, mais surtout sans tambour ni trompette, malgré l'adjonction du réalisateur de 500 jours ensemble Marc Webb.

L'ORIGINE SANS ORIGINALITÉ

On le redoutait mais le cas d'école que représente The Amazing Spider-Man, soit rebooter une franchise à peine 10 ans plus tard, accouche d'un non-événement. Sam Raimi peut dormir tranquille tant son Spider-man n'a ici rien à craindre de ce The Amazing Spider-Man. Mis en chantier pour des raisons des plus mercantiles (un nouveau projet devait voir le jour sous peine de perdre l'usage de la licence), le film joue donc la carte de la facilité : refaire une "amazing" origin story.

 

Photo Andrew GarfieldVous me reconnaissez ?

 

Malheureusement, cette version 2012 ne fait jamais honneur à son titre et la seule chose d' « amazing », c'est son incroyable capacité à survoler les thèmes inhérents à l'homme araignée sans jamais les traiter plus de quelques minutes, voire secondes (la responsabilité qui vient avec des superpouvoirs comme seul exemple). Autre élément frustrant, la fameuse "histoire jamais adaptée" qui servit pendant longtemps d'élément de promotion pour le projet. Traitée au début lorsque Peter Parker est encore un enfant, puis abracadabra je t'embrouille pour ne quasiment plus en parler jusqu'à une séquence post générique fumeuse qui nous invite à attendre la suite The Amazing Spider-Man : Le Destin d'un héros pour en savoir plus.

 

 

Photo Andrew Garfield, Emma StoneTu crois qu'on sera dans la suite ?

 

THE BORING CINE-MAN

Au lieu de ça, on se retrouve avec un décalque à variables du Sam Raimi : un méchant vert en remplace un autre (le lézard qu'on croirait presque numériquement inspiré d'un croisement entre un koopa de Super Mario Bros et un des héros de Monstres contre Aliens), une amoureuse une autre, sans oublier des passages obligés qui ne plaident jamais en faveur du petit nouveau (la mort de l'oncle Ben, la découverte des pouvoirs, l'attaque du pont,...). Seul motif de satisfaction, la Gwen Stacy d' Emma Stone est très solide, et on se laisse fondre sans trop tergiverser.

Techniquement irréprochable, The Amazing Spider-Man enfile les séquences sans jamais trouver ni même chercher à installer une vraie thématique. Si le film se montre plutôt convaincant du côté de l'histoire d'amour grâce à l'alchimie entre Andrew Garfield et Emma Stone, il ne propose guère d'implication émotionnelle lorsque Spider-man prend le relai. Tentant sans trop y croire la carte de l'humour, le récit n'arrive jamais à donner une dimension tragique aux aventures de notre héros. Il enchaîne les prouesses technologiques en faisant virevolter Spidey aux quatre coins de New York mais tout ceci ressemble bien trop souvent à un jeu vidéo dont on nous aurait confisqué la manette.

 

 

Affiche officielle

 

Résumé

Totalement en adéquation avec une époque où les blockbusters ressemblent de moins en moins à des œuvres qui ouvrent des barrières vers un inconnu cinématographique attisant l'excitation - soit la totale définition du Spider-Man de Raimi - The Amazing Spider-man ne réussit absolument pas à imposer une quelconque relecture marquante comme avait su le faire, en 2005, son autre concurrent direct dans le cœur des fans de comics, un certain Batman.

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commentaires

Flo
20/02/2020 à 15:15

"Along came a Spider !"

Enfin! on eu droit au Spider-man tel qu’il aurait du apparaître 10 ans avant, dans la lignée des "X-Men" et de "Incassable".
Fini le Bouffon qui gaze Spidey (et le sens d’araignée ça sert à quoi?!) l’enlève et Ne Le Démasque Pas... Octopus qui vole à la banque des sacs d’or (manque plus que le signe du Dollar dessus et on se croirait dans "Popeye") ou MJ et Harry qui se font une omelette en twistant sur du Chubby Checker.
Ce Amazing Spider-Man là vit avec son temps sans sacrifier à son essence originelle.

Mieux, le film commence par une séquence déchirante, l’abandon de Peter par ses parents (à la manière Kal El), une scène assez Capitale de l’histoire du personnage au point de n’avoir été que très peu mise en avant en 50 ans de comics (au moins 3-4 fois en comptant la version Ultimate).
Ici, c’est cette Quête de vérité qui commence par animer Peter, plutôt que de gagner de l’argent avec du catch. Une boite de Pandore qui, sitôt ouverte, enclenche une série d’événements dramatiques qui vont mener une partie des personnages du film à la mort ou la folie et peut-être même changer le visage de la ville de New-York (enfin crédible ici). Ce qui est raccord avec la fameuse « malchance des Parker » que les lecteurs connaissent bien.
Puisqu’on en parle Andrew Garfield, tout en restant dans les clous du personnage un peu gauche et mal à l’aise des débuts, nous offre enfin un Peter volubile, à fleur de peau et drôlement arrogant, avant de devenir plus responsable et héroïque. Ce qui nous change bien d’un Tobey Maguire enfant de coeur aux « yeux de merlan frit ».
Oui, on peut maintenant voir un Spider-Man qui lance des vannes à ses ennemis pour les déstabiliser (et aussi parce que ça l’amuse), une particularité Essentielle que Stan Lee lui avait donné, car il ne faut pas oublier que l’Araignée est vêtu d’un costume intégral, sans un centimètre carré de peau visible (hors coupure).
Comment donner alors à ce genre de personnage l’impression d’être vivant, autrement qu’en le faisant parler sans cesse - par comparaison, dans la précédente trilogie on y voyait qu’une image de synthèse muette. Ce costume qui fait des plis, fabriqué de bric et de broc, et qu’on le voit enfin coudre est symbolique du coté outsider malgré lui de Peter Parker, à la fois attachant mais peu supportable au quotidien (voir ses rapports avec les Vengeurs).
La seule qui ici s’attache dès le début à lui - et même avant la morsure - c’est Gwen Stacy. Emma Stone, qui s’est un peu remplumée et retrouve sa blondeur naturelle, semblait peu attendue avec son caractère piquant, sa rousseur qui lui va bien et sa grosse voix. Surtout pour un personnage qu’on imagine bien à cause de sa destinée comme une sorte de blonde éthérée sortie de "Virgin Suicide" (comme Kirsten Dunst qui mixait le rôle de Mary Jane avec celui de Gwen). C’est oublier que le personnage est une fille de flic, qu’elle s’est quasiment disputé Peter avec MJ dans les comics, qu’elle est comme lui une scientifique et, au final, une sorte d’alter ego de Pete.
Le film nous la montre battante, sans jamais se faire enlever en hurlant et aussi Plus Intelligente Que Peter... question qu'on les fans ne s'étaient étrangement jamais posés.
Son mentor Curt - « pas de bras, pas de chocolat » - Connors, en on ne peut plus fidèle à sa version comics, sorte de cousin du Seth Brundle de "La Mouche" (en plus instantané) et vrai monstre malgré lui. Et pas redondant avec Osborn et Octopus car ceux-ci n’y avaient rien à voir avec leur versions comics, bien plus salopards et machiavéliques (bipolaire, assassin, violeur, corrompu pour Osborn, qui dit mieux).
Néanmoins il est vrai que ce Lézard là, bodybuildé, peu effrayant et aussi grotesque que la Mouche justement, est moins le vilain du film que Peter lui même dont les actes, lorsqu’ils sont guidé par son égoïsme, sont indirectement responsables de toutes ces catastrophes. Et qui renforcent ses sentiments de culpabilité et d’empathie envers ceux qu’il n’arrive pas à sauver. Comme son oncle et George Stacy.
Le Sergent étant ici un amalgame entre James Gordon et un J Jonah Jameson avant l’heure.
On est content aussi que Pete ne soit plus élevé par une « tante May complètement gâteuse et un vieux tromblon d’oncle Ben ». Les Parker sont ici des retraités assez (ré)actifs et à l’importance accru envers Peter.
Agréable surprise d'alors de retrouver Osborn en mode « Empereur Palpatine », silhouette fantomatique rappelant les origines historiques des divers Bouffons, dont les identités dans les comics ont toujours été des mystères au long cours. Et ça donne aussi au film un genre « feuilleton à suivre » qui renforce encore plus ses origines comics et l’idée que toutes les histoires sont liées entre elles au delà du hasard. Vu la densité des intrigues développées en 2 heure 17 (même cette durée semble un peu courte), la suite était on ne peut plus indispensable comme l’était "The Dark Knight" pour "Batman Begins".
Et ce ne sont pas les 6 films Marvel Studios de cette époque qui auraient prouvé le contraire (la Technologie holographique homologuée Stark est d'ailleurs dans le labo de Connors).

Quant à la mise en scène du film, préférant les scènes intimistes à l’action, elle illustre encore une fois le caractère outsider de Spider-man, coincé entre "Avengers" et "The Dark Knight Rises" au niveau des sorties de cette année 2012. Si l’un se voit comme un match de foot américain et l’autre comme un opéra grandiose, "The Amazing Spider-Man" est presque un « petit film », à la hauteur de la personne modeste de Parker, et se voit plus comme un teen movie intelligent avec le mec que tout les geeks s’imaginerait être s’il avait des pouvoirs.
Just like in the Funny Books !

Joey
18/11/2019 à 11:08

Bien sûr ma préférée reste la trilogie de Sam Raimi. Mais les deux Amazing m'ont paru bien meilleurs que ces infamies avec Tom Holland. Avis perso

shion
18/11/2019 à 06:59

The Amazing Spider-Man la meilleur adaptation ciné au dessus de tous avec un superbe acteur

Gregdevil
17/11/2019 à 22:48

Le film a pour lui un des meilleurs cameo du grand Stan Lee.
Le reste est divertissant mais sans plus.
Le fond sera touché avec la purge qu'est le deuxième opus.

TofVW
17/11/2019 à 22:25

Ce n'est pas compliqué: Spider-Man, ce sont 3 films (dont 2 chefs d'œuvre), réalisés par Sam Raimi.
Ensuite, il y a le reboot, qui est malgré tout justifié pour introduire le personnage, joué dorénavant par Tom Holland, dans le MCU.
Entre les deux? Il n'y a rien.

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