Critique : Radiostars

Laurent Pécha | 11 avril 2012
Laurent Pécha | 11 avril 2012

Il y a des films que l'on appréhende plus que d'autres. Radiostars en fait partie non pas du fait de l'attente gigantesque que l'on avait placé sur le projet mais tout simplement parce que le film marque les débuts comme acteur de Douglas Attal, qui a ses heures perdues (très perdues mêmes ces temps-ci et pour cause) concocte nos fameuses Nerd class visibles ici. Bref, pas facile de laisser la sympathie énorme pour le bonhomme et garder l'œil acéré du critique prêt à pourfendre le premier film de Romain Levy, attaché jusqu'ici à des projets aussi indigestes que Cyprien et Coursier et possédant des goûts cinématographiques parfois douteux (le bougre préférant Thor à Captain America).  

Heureusement, à la sortie de la salle, tous les dilemmes se sont envolés... Pas besoin de mentir ou de se mettre en silencieux indéfiniment, Radiostars est une des comédies françaises les plus éminemment sympathiques vues depuis longtemps. Attention, l'œuvre est loin d'être exempte de défauts mais même ses maladresses la rendent terriblement attachante. Avec en point de mire le génial Presque célèbre (dites à Romain Levy que son film est un Almost famous du pauvre et le bonhomme le prendra comme un beau compliment), ce road-movie fait la part belle à un groupe d'excellents comédiens aussi hétéroclites en apparence qu'incroyablement complémentaires au fil du temps qui passe.  Avec une empathie toujours bienvenue pour ces mavericks de la radio qui se voient tous offrir une ultime chance, Romain Levy réussit le difficile challenge de ne jamais en laisser un prendre le dessus sur la troupe.

En prônant constamment l'humain, le cinéaste a parfaitement compris que le ressort de la comédie repose avant tout sur des personnages plutôt que sur des simples situations, aussi désopilantes soient elles. Alors, oui, il y a du gag efficace et de la réplique qui fait mouche dans Radiostars (à ce petit jeu là, Manu Payet et Pascal Demolon sortent du lot) mais ils ne sont jamais là pour donner le change ou palier à un quelconque manque d'ambition artistique. Le dosage est constamment maîtrisé par une équipe en osmose, visiblement ravie d'être partie ensemble dans une belle aventure humaine et qui n'a jamais oublié de nous la faire partager. D'ordinaire, c'est l'apanage de films d'une autre nationalité. Le vent aurait-il tourné ?

 

PS : Sinon, Doug est très bien dans le film. Et on est très fier de lui !

PS à Doug : Et c'est quand tu veux pour nous faire une nouvelle Nerd class !

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