Le Chat potté : Critique

Simon Riaux | 23 novembre 2011
Simon Riaux | 23 novembre 2011

Après que la franchise Shrek nous ait essorés de son insolence bon teint par quatre fois, on n'attendait rien de ce Chat Potté, improbable spin off consacré à un personnage certes amusant, mais d'une épaisseur toute relative. Ajoutez à cela que le réalisateur de la chose est réalisateur ET scénariste de Shrek le troisième (« le meilleur ! » crient sous mon balcon des nuées de fans dégénérés), et vous obtiendrez un projet qui fleure bon le dollar, mais n'a - sur le papier – pas de quoi mettre en appétit le spectateur exigeant. Preuve qu'il ne faut jamais dire jamais, et surtout pas à un chat, aussi potté soit-il, l'ensemble se révèle étonnamment digeste et drôle, voire enlevé.

Le Chat Potté est beau, très beau. Bien plus coloré que Shrek, il nous plonge dans un univers chamarré et chatoyant (si si), à mi-chemin entre Espagne et Mexique. Le film bénéficie du savoir-faire de ses créateurs, et d'une troisième dimension plutôt bien utilisée, qui n'assombrit pas trop les teintes chaleureuses, et confère aux multiples scènes d'action une belle ampleur. Pour autant, ce qui nous emporte dans les aventures de ce matou mateur n'est pas la brillante technique, mais le doublage. Si Antonio Banderas était agaçant de roublardise dans Or Noir, il compose ici une prestation quasiment similaire, à la différence que le contexte la rend hilarante. Ce mélange de James Bond en botte, d'hidalgo rapière à la main, et de latino lourdingue est absolument délicieux, et permet au film de s'éloigner de son modèle original.

 

 

On appréciera aussi que le film soit sorti du giron de Shrek et ait abandonné la parodie de conte. En effet, ici, l'histoire originale du Chat Botté n'est ni détournée ni singée, elle est tout simplement ignorée au profit d'une autre, tandis que les seconds couteaux, si leurs liens avec la littérature et la jeunesse en général sont évidents, ne relèvent plus d'un cahier des charges industriel, mais élargissent pertinemment le monde du désormais célèbre Puss In Boots. Et contre toute attente, l'ensemble est d'une belle cohérence, à tel point qu'on se demande encore comment un pastiche de cape et d'épée, des haricots magiques, un transfuge de Lewis Carroll et quelques chattes bien roulées peuvent à ce point cohabiter. Ajoutez à cela un humour qui fait souvent mouche, un rythme trépident malgré une petite baisse de régime au milieu du film, et vous obtiendrez un divertissement sans doute pas inoubliable, mais d'une grande fraîcheur.

 

 

Résumé

Espérons que les auteurs du Chat Potté ne vampiriseront pas leur personnage avec une série de suites sans saveur, car en l'état, ce film que l'on attendait pas fait sans mal jeu égal avec les Shrek, et en atomise plusieurs au passage. Car si les chats ont neuf vies, il y a peu de chances que les spectateurs aient la patience de toutes les découvrir.

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