Critique : Rio

Simon Riaux | 11 avril 2011
Simon Riaux | 11 avril 2011
Alors que les films d'animation et leurs personnages animaliers se multiplient, le spectateur rétif au charme des trois Âge de glace pouvait légitimement craindre le pire quant à Rio, et aux aventures de ses haras bleus. Mais Carlos Saldana, réalisateur des trois précédentes aventures préhistoriques, semble avoir trouvé avec cette histoire l'occasion de donner le meilleur de lui-même.

L'Âge de glace souffrait notamment de personnages pas franchement originaux, qui du coup étaient à la peine dès que le rythme de l'histoire tentait de s'emballer, au rythme de gags souvent convenus. Cet écueil n'existe plus dans Rio. Dès son générique, le film parvient à faire exister une batterie de caractères et de volatiles tous plus frénétiques les uns que les autres, et doués d'une personnalité propre. Chacun joue sa partition avec inspiration, du singe cleptomane, au diabolique cacatoès déchu, en passant par un bouledogue, qui aime tellement les oiseaux qu'il les boufferait bien. Une des plus évidentes qualités du film, et pas des moindres, est donc de nous immerger dans un univers foncièrement original, qui regorge de vie.

Mais cela n'est pas seulement dû à l'écriture et aux comédiens (à ce titre la V.F signée Lorànt Deutsch et Laetitia Casta est une réussite). Depuis ses précédents films, le metteur en scène a fait un formidable bond en avant en terme de découpage. La célèbre ville brésilienne flamboie de couleurs et exulte au son des percussions qui enfièvrent le carnaval, fil rouge de tout le long-métrage. Dépaysement pour le spectateur, mais retour aux sources pour ce réalisateur né à Rio, tout devient occasion à se déhancher sur un rythme réjouissant, à l'image d'un affrontement délirant entre primates et piafs, dans une discothèque improvisée, puis au coeur des favelas.

Tous ces éléments sont particulièrement mis en valeur par une réussite technique indiscutable. Les couleurs sont éclatantes à chaque instant, nous laissant peu de répit entre les explosions de plumes multicolores et un carnaval en forme de débauche visuelle. La finesse des images est bien supérieure à tout les travaux précédents de Saldana, Cars 2 a d'ores et déjà un solide challenger face à lui. La 3D enfin, si elle n'est pas systématiquement indispensable, révèle quelques impressionnantes surprises lors des séquences de vol, où l'on est pris à la gorge par l'effet de profondeur.

Là où L'Âge de glace prenait soin de ne jamais sortir des sentiers battus ni de trouver une idée bien à lui, Rio ne manque jamais l'occasion de surprendre et de charmer son audience. Si le film obtient le succès qu'il mérite, remercions-le d'emblée de rappeler que Pixar n'est pas le seul maître à bord, et que l'on peut nous émerveiller avec d'autres recettes, sans nous assommer sous les séquelles.

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