Devil : Critique

Jonathan Deladerriere | 28 janvier 2011
Jonathan Deladerriere | 28 janvier 2011

N'en déplaise à notre rédacteur en chef adoré, Devil, présenté en ouverture du 18ème festival fantastique de Gérardmer, ne souffre pas la comparaison avec certains de ses illustres prédécesseurs. Les ennuis commencent dès le début de la projection. Le film, ampoulé par une symbolique balourde (le plan séquence de l'entame est filmé... à l'envers !), ne s'embarrasse pas des lieux communs : citons un passage de la bible pour donner un cachet dramatique et trouvons un personnage principal fort original : un flic désabusé et alcoolique ayant récemment perdu sa famille dans un terrible accident...

 

 

En effet, le récit de Night M. Shyamalan se disperse beaucoup trop pour convaincre. S'ensuit donc fort logiquement un « whodunit » dans la plus pure tradition de nombre de DTV... Alors que d'aucun aurait tenté une écriture de personnages sobres et réfléchie, le réalisateur accumule les poncifs : une bombasse voleuse de dote, un afro-américain : voyou repenti, reconverti en agent de sécurité (?!), un ancien d'Afghanistan qui ne supporte pas la vue d'un cadavre ou une vieille dame bien inoffensive. Ajoutons à cela le sempiternel mexicain croyant qui comprend, de suite, que l'œuvre du malin se dessine sur les écrans de sécurité et vous obtenez un rare condensé d'erreurs impardonnables pourtant maintes fois illustrées sur grand écran. Aussi, si vous avez lu le titre, vous connaissez déjà le coupable...

 

 

Nonobstant, la forme n'est pas en reste puisque le « score », démagogique au possible, indique bien au spectateur que c'est à ce moment précis qu'il doit sursauter. On pourrait également ajouter l'insupportable gimmick consistant à éteindre les lumières pour ne pas illustrer ce qui est pourtant tout l'objet du film !

Mettre en scène un huis clos nécessite une maîtrise de l'espace sans faille et des acteurs au diapason. Malheureusement, Dowdle n'est pas Polanski et n'arrive pas à la cheville du talent de Rodrigo Cortés et de son magnifique Buried. Tout juste peut-on lui accorder l'absence totale de twist final qui évite de précipiter dans les abymes du déjà-vu. Un coup dans l'eau donc pour Shyamalan qui entame sa trilogie des Night Chronicles avec un produit très mal écrit (depuis quand le diable se pose-t-il en juge des pêcheurs sur terre ?), et surtout insipide.

 

Résumé

Si vous voulez vraiment vous faire plaisir, réinsérez dans votre vieux magnétoscope votre VHS de L'Ascenseur de Dick Maas, sorti en 1983. Qui m'aime me suive, moi je prends les escaliers...

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