Critique : Où sont passés les Morgan ?

Jean-Noël Nicolau | 20 janvier 2010
Jean-Noël Nicolau | 20 janvier 2010
Hugh Grant, l'acteur british aux yeux bleus que l'âge ne semble pas atteindre, et Sarah Jessica Parker, l'icône glamour de la femme des villes, en couple pour une comédie romantique : sympa, non ? Non.

Où sont passés les Morgan ? commence pourtant d'une drôle de façon : un homme, Paul Morgan (Grant), laisse un message excessivement long sur le répondeur de sa femme, Meryl (Parker), pour l'inviter à diner. Suite à une affaire d'adultère, celle-ci ne veut plus entendre (ou presque) parler de lui. Après un rapide repas en tête-à-tête où il s'évertue une fois de plus à lui prouver son amour à l'aide de cadeaux incongrus comme, notamment, donner son nom à une constellation, les époux sont témoins d'un meurtre. Afin de protéger leur vie, le FBI les envoie ensemble à Ray, au fin fond des Etats-Unis, en attendant d'arrêter le tueur. C'est à ce moment-là que le bas-blesse, le film pêchant par son manque d'originalité. Dans ce petit bourg du Wyoming, ils doivent réapprendre à vivre ensemble au milieu de ruraux républicains un peu soupe au lait mais au bon cœur. Venant de New-York, ce bol d'air frais va souffler un grand vent sur les griefs qui opposent notre tandem, les faire retomber amoureux, leur permettre de concrétiser leur rêve de fonder une famille et les rendre plus tolérant. Miracle ? Non : flagrant délit d'excès de clichés.

Si l'humour fonctionne dans la bouche du plus beau des anglais quadragénaires, c'est le grand absent du rôle de la fameuse new-yorkaise de Sex & The City qui nous rejoue sans fin un ersatz de Carrie Bradshaw, ici sans saveur ni mordant. Mais ce qui agace sûrement le plus, c'est le nombre incroyable de poncifs que le long-métrage de Marc Lawrence (Le Come-Back, L'Amour sans préavis) distille sur 1h45. Heureusement que les citadins organisés et intelligents sont là pour venir en aide aux simples paysans de l'arrière-pays américain et heureusement que les gentils habitants de Ray et leur passion pour Clint Eastwood sont là pour apprendre les vrais valeurs aux urbains peu enclin à la vie champêtre. Un échange en bonne et due forme qui ravira le spectateur en recherche d'un sympathique divertissement mais qui décevra les puristes du genre.

Perrine Quennesson

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