Hors du temps : Critique

Thomas Messias | 24 novembre 2009
Thomas Messias | 24 novembre 2009

Dans son roman Le temps n'est rien (The time traveler's wife en VO), Audrey Niffenegger faisait du voyage dans le temps un handicap génétique transformant l'existence d'un homme - et par conséquent de celle qu'il aime - en une série d'allers-retours inattendus, désespérés, toujours tragiques. 

Il était bien évident que son adaptation cinématographique ne pourrait retrouver le même niveau de complexité et de noirceur, sauf peut-être sous la patte d'un très grand cinéaste. Avant que Robert Schwentke (Flightplan) ne s'installe aux commandes du film, le premier à s'être intéressé de très près au roman n'est autre que monsieur Gus van Sant. Sa version restera à jamais parmi les films-fantasmes absolus, regrets éternels accentués par le résultat tout à fait hollywoodien qui nous est proposé aujourd'hui.

 


Rebaptisé Hors du temps, voilà un film pas forcément détestable, mais aussi irritant pour les amoureux du bouquin que pour les autres. Ici, point de métaphysique ou de philosophie, sauf quand on ne peut vraiment pas faire autrement. Dans le scénario de Bruce Joel Rubin (Ghost, Stuart Little 2... on comprend mieux), les disparitions inopinées du héros joué par Eric Bana ont au mieux un petit effet vaguement mélancolique, quand elles ne semblent pas alimenter une pure logique de comédie romantique... Le pavé de Niffenegger n'a pas été adapté, mais carrément concassé pour n'en retenir au final qu'une poignée de scènes visuellement marquantes au romantisme certain mais à la profondeur discutable.

 


La première heure est bien plus supportable que la seconde : y sont posées, de façon claire et précise, les drôles de contraintes régissant la vie de Claire et Henry. Elle réduite à l'attendre encore et encore, lui sans cesse perturbé par ses voyages imprévus qui le catapultent n'importe où et dans le plus simple appareil. La façon dont Schwentke dépeint ensuite les différends conjugaux et les aléas de la maternité est en revanche plus discutable, car c'est à ce moment que le film sombre tout entier dans le mélodrame sirupeux pour ne plus jamais en sortir. C'est tout de même dommage : la mise en scène ne manque pas de classe et restitue efficacement la bizarrerie de certaines situations. Quant à Rachel McAdams, elle est une Claire merveilleuse, compensant allègrement les errements patauds d'un Eric Bana fantomatique.

 

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