À l'origine : Critique

Sandy Gillet | 21 mai 2009
Sandy Gillet | 21 mai 2009

En prenant pour cadre l'histoire vraie d'un petit escroc ayant réussi à se faire passer pour un chef de chantier qui va redonner espoir à toute une région, Xavier Giannoli explore avec bonheur et humanisme les affres d'une quotidienneté sociale toujours plus dure enracinant pleinement son film dans la veine naturaliste du cinéma français actuel à mi-chemin entre Welcome et Ressources humaines.

Même si l'on n'est pas surpris, il n'en demeure pas moins qu'À l'origine constitue pour Giannoli comme une nouvelle étape en forme de défi au sein d'une filmographie qui de film en film tutoie toujours un peu plus les sommets. En habitué qu'il est des tragédies amoureuses où l'intime se capte en mode majeur, le voici en effet bonifiant ses acquis et prêt à en découdre avec la grande aventure épique. Pour preuve cette séquence finale qui fera penser à du Terrence Malick (oui rien que cela) mais aussi à Iwo Jima d'Allan Dwan (re rien que cela oui !)

 

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C'est qu'avec un tel pedigree sur le papier, il faut pouvoir tenir la route durant les 2h30 que dure le film (Edit : le film a été depuis sa projection cannoise raccourci de 20 minutes). Pari amplement tenu voire dépassé tant la caméra s'attarde, revient, bref remet sans cesse le métier sur l'ouvrage telle une obsession sur pelloche en écho à celle que provoque puis subit le personnage joué par François Cluzet dans la construction de « sa » route. On est tout simplement subjugué par tant d'envie, par cette empathie pour son histoire et par tant de maîtrise dans tous les compartiments de jeu.

 

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En maître d'œuvre, Giannoli devient un orfèvre sans pour autant tomber dans l'écueil d'un formalisme esthétisant laissant à ses personnages et à son histoire la liberté de respirer et de se dévoiler. Pas de doute possible, si le cinéaste vient de monter encore d'un cran dans sa façon d'aborder son art, l'homme s'est aussi libéré d'un poids (une certaine réticence à se mettre complètement à nu) permettant à sa mise en scène de gagner encore en intensité. De quoi donner envie pour la suite !

 

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