OSS 117 - Rio ne répond plus : critique qui danse la samba

Jean-Noël Nicolau | 28 janvier 2019 - MAJ : 28/01/2020 13:43
Jean-Noël Nicolau | 28 janvier 2019 - MAJ : 28/01/2020 13:43

Un pays peuplé de racistes qui s'ignorent, de misogynes souriants, d'antisémites presque honteux, où le mauvais goût, l'humour nul et la suffisance sont rois ? La France ! La France d'OSS 117 ! 

DOUCE FRANCE

L'espion le plus lamentable qui soit revient au service du Premier Ministre Georges Pompidou et s'en va traquer le nazi au Brésil. Accompagné dans ses aventures par une jolie agente du Mossad, un fasciste hippie et un membre de la CIA rigolard, OSS 117 va se surpasser. Dans la bêtise.

Si l'effet de surprise n'est plus là, ce OSS 117 : Rio ne répond plus est aussi bien plus généreux et drôle que le premier opus. Osant tout avec une méchanceté roborative, le film avance au fil d'un rythme un peu chaotique qui enchaîne les gags irrésistibles avec d'autres plus laborieux. C'est leur accumulation et notre propension à ne retenir que les meilleurs à la fin de la séance qui nous font envisager l'œuvre avec la plus grande bienveillance.

 

Photo Jean DujardinJean Dujardin, toujours bien coiffé

 

117 SUR SON 31

Il faut dire qu'entre l'excellente mise en image de Michel Hazanavicius et l'incroyable performance de Jean Dujardin (qui a définitivement trouvé ici le rôle de sa vie), OSS 117 : Rio ne répond plus sort le grand jeu. Entre références assumées (à Hitchcock, à Spielberg...) et scènes saugrenues (le bal des nazis, le « groupe hippie », les fusillades...), le film assure le spectacle avec une certaine prestance.

 

Photo Jean DujardinFrench touch 

 

Certes il faudra une nouvelle fois accepter un humour absurde et décomplexé. Ici, pas de tabou. On rit de tout et d'abord des idées reçues. Les tristes sires pourront même être choqués, mais ils ne seront même pas entendus, leurs remontrances étant couvertes par les rires francs des spectateurs conquis. Car s'il est possible de rire de tout, c'est toujours en très bonne compagnie. C'est bien en Jean Dujardin, dont on ne pourra jamais cesser de louer le talent comique, que l'on a trouvé le meilleur chantre du transgressif de notre époque. En ces temps de politiquement correct insidieux, un film français aussi libre s'avère un vrai bonheur.

 

Affiche

Résumé

Beau, corrosif et surtout très drôle, ce deuxième opus d'OSS 117 est encore meilleur que le premier, un vrai régal.

Lecteurs

(5.0)

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commentaires

sylvinception
30/09/2019 à 11:45

"bien plus généreux et drôle que le premier opus."
Pas 100% d'accord...

(purée, dès que je pense au fils Bedos qui est aux commandes du 3e, je tombe en dépression.)

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